DEPECHE DE L'ABBÉ DE BELLOZANE A M. DE MORVILLIER
OU RÉCIT DE LA PRÉSENTATION DES LETTRES DU ROI TRÈS-CHRÉTIEN AU CONCILE DE TRENTE EN 1551.
La reproduction de la dépêche suivante, en date de Venise le 8 septembre 1551, et qui fut adressée à M. de MorviUier, alors maître des requêtes, parle célèbre Jacques Amyot, abbé de Bellozane, depuis évêque d'Auxerre et (irand aumônier de France, est, à mon sens, une des preuves les plus particulières du vif intérêt qu'offrirait une publication véritablement complète de toutes les pièces diplomatiques relatives au Concile de Trente. Il y a quelques années, la libérale et trèsnoble pensée était venue au pape Pie IX de faire rechercher en tous pays les lettres^ dépêches, mémoires et autres pièces manu-
188 JOUP.NAI. DU CONOII.E DK TMKNTE.
scrites, propres à servir à Thistoire diplomatique de ce {jrand Concile. Hieii no devait être épargné pour le succès de cette niajjnifique entreprise historique. Le Pontife avait délégué, proprio inotii^ sou archiviste secret, tahii/tiriiis secret us. le Père Theiner, à cet effet. Avis de cette savante mission avait été donné aux diflérents Gouvernements à l'étranger, pour que les Ministres spéciaux voulussent hirii assur(M' les démarches et encourager les travaux du célèbre archiviste. Le Père Theiner se mit en voyage. Il n'est pas d'ai'chives quelque peu célèbres qui ne l'aient vu s'approcher d'elles; pas de dépôt recommandable de manuscrits qui ne 1 ait eu pour visiteur. Sa mission fit du bruit. Tout ce qui avait été écrit, soit par des plumes hostiles, soit par des plumes dévouées; tout ce qui avait été dicté, soit par des esprits prévenus, soit par des esprits enthousiastes, pendant la durée du Concile de Trente; tout ce qui était émané du cabinet des souverains intéressés ou de la ciiancellcrie secrète de chaque l.tat, tout, en un mot, allait être cherché, recueilli, copié, pour former, dans les ai'chives mémos du Vatican, les archives spéciales du Concile de Trente. Bien
plus! Tout, disait-on, une fois classé, serait courageusement imprimé et publié en pleine Rome, de l'aveu et même de par Tordre du Saint-Père. Cette résolution notable émut fort les esprits timorés. Puis, le camp des obscurantistes s'agita. Qu'est-ce que cela? s'écrièrent-ils. Que signifie cette résolution de produire la lumière? Use fit alors un tray ail par façon de soiiterrains, selon l'expression de Saint-Simon. On s'approcha du Saint-Père. On répandit l'épouvante en son âme ingénue. Le voilà incertain, hésitant. Le Père Theiner fut arrêté dans sa mission, et les documents que déjà il avait recueilhs sont en partie restés dans l'obscurité. Il va de soi que ce sont les Révérends Pères de la Compagnie de Jésus qui ont été rendus responsables de la décision du Pontife. "
La lettre de Jacques Amyot , que nous reproduisons ici, est loin d'être inconnue; mais on la rencontre seulement dans des recueils spéciaux que les gens du monde, pour qui nous publions ce petit volume, auraient quelque peine à se procurer. Le recueil où nous la prenons est celui des Lettres et mémoires de François de Varcjas, de Pierre
de Malvoidd , et ilc (jiielques éuéques d'Espagne, touchant la Concile de Trente^ L'auteur des Remarques fait précéder la publication de cet intéressant document des observations suivantes : « L onzième session et la première sous le pontificat de Jules III se tint le premier jour de mai de ian 1551. On y résolut seulement de continuer le Concile, et' la session suivante fut indiquée au premier jour du mois de septembre suivant. Mais comme l'Empereur faisait de grandes
' Traduits de l'espagnol, avec des Remarques par IM. i\!ichel Le Vassor (à Amsterdam, .Pierre Brunel, à la Bible d'or, MDCXGIX). Cette édition porte pour frontispice une curieuse gravure qui est « la véritable représentation de l'assemblée des Pères du Concile de Trente, commencé sur la fin de Cannée 1545, fini vers celle de 1563, sons le pontificat de Paid III, de Jules III et de Pie IV. Il y eut xxv sessions, et il s'y trouva vu cardinaux, cinq desquels étoient Légats du Siécje romain, xvi Ambassadeurs de Roys, Princes et Républiques, cci- patriarches, archevêques, évéques, abbez et yénéraux d^ordre, tous théologiens, et docteurs en droit civil et en droit canon. » Les numéros indicjués sur cette naïve imajje représentent : 1» Curateur du Roy Philippe; 2» le secrétaire du Concile; 3" le théologien rapportant son opinion; 4° les cardinaux ; 5° les légats du Siège Apostolique ; G» les orateurs ecclésiastiques ; 1° les orateurs laïcs; 8» les deux courriers.
instances afin qu'on attendisl les protestans, on convint avec ses ministres de différer e/icore de quarante jours la publication des nouveaux décrets qu'on préparait. Le Concile s'assembla donc en cérémonie le V septembre pour déclarer que la session étoit prorogée jusqu'à l'onziesme octobre. Jacques Amyot., abbé de Bellozane, parut dans la session du 1" septembre pour protester au nom d'Henry II, Roi de France, contre tout ce que le Concile feroit dans la suite. La cour de France étoit alors extrêmement brouillée avec celle de Rome, à l'occasion de l'affaire du duc de Parme, qu'Henry avoit pris sous sa protection contre le Pape et l'Empereur. Comme nos mémoires supposent cette protestation déjà faite, nous la rapporterons ici, avec une lettre de l'abbé de Bellozane qui contient le détail de cette affaire^ dont il sera souvent parlé dans la suite, »
Monsieur ,
J'avois de tout point résolu en moi mesmede partir de ce pais à cette mi-septembre pour vous aller trouver. Mais l'occasion qui naguères est survenue m'a contraint de différer un peu mon partement, jusqu'à ce que j'aie nouvelle de vous. L'occasion est qu'aïant
le Roi envoie par de ça une proposition protcstatoire qu'il enlendoil être cnvoiée aux Prélats qui sont assemblés à Trente pour le Concile, il a pieu à M. le Cardinal de Tournon et à M. l'Ambassadeur de Selve m'élire pour faire celte commission, sans que je pensasse à rien moins qu'à cela ni à cbose semblable. Alais parce que je n'en ose rendre compte par lettre, comme j'eusse bien voulu, à la Cour, mesmes ])Our ne donner opinion de moi que je me voulusse trop avant faire de feste, sans mander : et pour ce anssi que je désire en me prouvant a vous, autant ou plus qu'à bomme que je conuoisse, me satisfaire à moi mesme, je vous en veux bien faire le discours un peu plus au lon(j et par le menu; mais que ne vous ennuie point de le lire.
Je fus depescbé le 20 aoust dernier et me furent baillées les lettres missives du Roi qu'il écrivoit aux prélats du Concile, closes et caclietées, avec la proposition protcstatoire, laquelle étoit signée de la main ou du cachet du Roi et de M. le Receveur de Sens; avec une courte inscription signée de la main de AI. l'Ambassadeur de Selve, dressée sur les doutes et difficultcz que je faisois en cette commission, lesquelles avinrent tout ainsi comme vous entendrez ci après.
Je partis de Venize avec deux de la maison de M. le Cardinal : et en passant par Padoue priai !M. de S. Laurens de s'en venir |)ar Estât jusque là avec moi; ce qu'il Ht bien \olontiers.
IS'ous arrivasmes à Trente un jour et demi avant le jour de l'assignation, qui éloil le premier jour de
septembre, auquel avoit été prorogée et indicte la première session du Concile, à l'ouverture qui en fut faite au premier jour de mai dernier passé. Je desirois fort que l'on ne sust point ma veniie, ni la cause d'icelle, avant que j'eusse fait ce pourquoi j'étois envoie. Mais la première personne que nous trouvasmes fut un gentilhomme de la maison du Cardinal de Trente, qui demanda au premier de notre compagnie : Qui est ce gentUliomme? Il lui répondit que c'estoit un François qui venait de Padoue. Mais l'autre lui répliqua : Non, non, c'est celui qui vient protester au nom du Roi; car nous étions bien avertis qu'il y devait envoier. Toutesfois ils n'en savoient rien, sinon par imagination.
Je me tins au logis jusqu'à l'heure mesme de l'assignation , à laquelle après que la messe eut été solennellement chantée, je montai en haut au chœur de l'église cathédrale de Trente, où étoient tous les Prélats assemblez. Là fis entendre à M; le Légat, par le maître des cérémonies, qu'il y avoit là un Envoie de par le Roi très-chreslien qui appoxtoit les lettres de Sa Majesté, adressantes aux Prélats du Concile, et demandoit audience. Il me fit répondre que j'eusse patience que les cérémonies de la session fussent achevées, et puis que je serois ouï.
Les cérémonies furent bien longues, car on y chante la litanie tout du long, et lit-on plusieui'S oraisons comme au jour du vendredi saint.
Après toutes lesquelles le secrétaire public du Concile prononça et lut une harangue en manière de seimon, laquelle contenoit en somme les causes pour les-
quelles éloit assemblé le Concile, et notamment en dit trois causes, ï une pour extirper les hérésies qui étûient en la Rellfjion; l'autre pour réformer les mœurs des ministres de t Eglise; et la tierce pour appaiser les discords et dissentions qui étoient entre les Princes. Et cette dernière cause n'est point dedans la bulle de l'ouverture du Concile faite par le Pape : ce qui fut la cause pour laquelle je la notois.
Après que le sermon fut achevé, il y eut un des évêques, appelé par M. le Légat, président audit Concile, qui vint prendre un papier de la main de M. le Légat, et puis monta en la chaire, là où l'on lit l'Évangile, et lut ce qui étoit contenu dans ce papier, qui étoit en somme, qu'aiant été faite l'ouverture, le jiremier jour de mai, comme il avoit été indict, la première session en avoit été différée et prorogée jusqu'à ce jour là qui éloit le premier de septembre. Pour autant qu'il ne se trouvoit pas lors grand nombre de Prélats pour vacquer à la continuation du dit Concile. Et pour ceste même cause, ne s'en trouvant pas encore de présent si grande assemblée, comme il seroit bien séant, et veu que tous les jours en attendoit qu'ils deu^sent venir d'Allemagne, dEspagne et de Rome, lesquels on esperoit devoir être bientost en la compagnie, on prorogeroit encore icelle session, jusqu'à quarante jours après, qui sera l'onziesme jour d'octobre prochainement venant : et qu'en icelle pour ce qu'aux dernières sessions, on avoit jà traité des sept sacreuïens eu général, il seroit traité et décidé du sacrement de l'I^ucharistie, et quant à la résidence des Prélats en leurs églises, sui-
vant l'ordre qu'ils établirent dès le commencement du premier concile, auquel il fut longuement disputé : à savoir, si l'on devoit commencer premièrement aux mœurs, ou à la doctrine; alléguant les uns que les erreurs de la doctrine étoient principalement procédez du scandale et dissolution des mœurs : et les autres que la doctrine étoit préjudiciable, et que c'étoit ce principalement pourquoi les conciles s'assembloient ordinairement, enfin fut arrêté et résolu, que l'on traiteroit toujours ensemble un article appartenant à la doctrine, et un appartenant aux mœurs et à la police. Cet écrit ayant été lu et prononcé par cet évêque, il demanda publiquement : Placet vobis decretum, Patres? Et lors, les deux secrétaires allèrent par tous les évoques, demandant les suffrages, qui répondirent tous : Placet.
Après cela furent présentées les lettres patentes de l'Empereur, par lesquelles il autorisoit les ambassadeurs, qu'il envoioit pour résider au Concile. L'un est Allemand qui s'appelle le comte de Montfort, qui est Ambassadeur de l'Empereur, comme Empereur, et pour les choses qui concernent les droits et privilèges de l'Empire. L'autre est Espagnol et s'appelle don Francisco de Toiedo, qui est aussi Ambassadeur de l'Empereur, mais c'est comme Roi d'Espagne. Et pour le regard de ses autres terres patrimoniales, est chacun d'eux néanmoins in solidum. Ce second est homme qui tient de ces commanderies d'Espagne, car ils le nommèrent prieur ; et le premier est de robe courte. Leurs pouvoirs et leurs facultez me semblèrent fort amples, au moins les patentes furent fort
lonjjiics à lire. Et après furent aussi lues les patentes de l'Ambassadeur du Roi des Romains qui sappelle, ce me semble, Frédéric Vaussen, évêque de Vienne, qui avoit pareille puissance de son Prince que les premiers. Et après que toutes ces lettres eurent été lues de bout en bout publiquement, réponse leur fut faite que le Concile remercioit l'Empereur et le Roi des Romains, et avoit pour agréables telles personnes qu'ils leur cnvôioient, pour résider Ambassadeurs auprès d'eux.
Après que toutes ces choses avoient été ainsi faites, ce fut à moi à jouer mon rôle, et ne savois bonnement que j'étois, ni comment je me devois appeler, au moins quel titie me donner. Car jamais homme ne fut mieux envoie en maltcrat (Icsenipc/inr, comme Ton (lit, que je fus alors : et ne tint pas à l'avoir bien prévu, ni prédit. Mais ceux qui m'y envoioient, ni moi, n'en avions nulle faute, ni ne pouvions donner autre ordre. Toutes fois, en effet, je présentai moi mesme à M. le Légat séant en chaire, ses deux assistans à ses deux cotez, les lettres missives du Roi, en lui disant : Rcverendissimi Legati, lue sunl Ulerœ quas ad vos atr/ne universos Patres, Concilii causa hic coiif/rcgatos, mittit Rcx Cliristianissimus. 1^'on ne faillit pointa me demander si j'avois d'autre mandat : et je dis que je n'avois autre mandat que celles lettres, ([ui étoient signées de la propre main du Roi et d'un secrétaire. Et que par la lecture d'icelles, ils connoîtioient et entendioienl ce (jue j'étois venu faire. Et à cette fin les requérois qu'ils voulussent faire ouvrir et livrer les dites lettres publiquement.
Le Légat tenant ces lettres en ses mains, dit à ses deux assistans : « Cette superscription moiitre que le Roi ne nons méprise point. » Et à ma réquisition bailla les lettres au Secretaix'e public du Concile pour les lire; lequel commença à lire tout haut la superscription qui étoit telle, Scuictissimis atque in primis observandis in Christo Patribiis Conventus Tridentini. Soudain que cette superscription eut été lue et entendue desEvêques espagnols, xjui sont en plus grand nombre que les autres, ils commencèrent tous à crier, mesmement un qui s'appelle Auriensis (l'Évêque d'Orense en Galice), qui fut le premier de tous à lever cette clameur, disant que ces lettres ne s'adressoient point à eux, pour ce qu'ils étoient Concilium générale et (egitinuim, et non point co?iventus. F^t à cette cause ne vouloient point qu'elles fussent ouvertes, ni lues en publique session. Et disoient aucuns : Audiat qui volet, ego non audiam. Les autres disoient que j'allasse en leurs maisons privées de chacun , et qu'ils m'écouteroient, mais là publiquement et en audience judiciale, non : et me demandoient à tous coups : Habésne aliud in forma débita maiidatum? Je leur répondois que non, et que sauf leur révérence, cette diction là, conventus, es anciens livres latins, ne sonne point si mal, comme l'usage ou l'abus des notaires, en leur style, l'avoient depuis rendue odieuse : Et que le Roi uiesme en cette dernière proposition que j'avois à leur lire, appeloit quelquefois cette assemblée Concilium, quelquesfois Conventus, quelquefois Consessus, et qu'il n'entendoit point aucunement le prendre en mépris , ni contemnement de la Com-
paf^iiie : ainsi qu'ils verroient clairement, s'il leur plaisoit avoir la patience, que les lettres missives fussent ouvertes, et liies, et ce que j'avois à leur proposer, fust patiemment ouï.
Quelque chose que je susse dire, ils s'attachoieni opiniâtrement à ce Conventus. Je ne sais s'ils avoient peur que le Roi ne les estimât tous Moines; et ilisoient que cola étoit là mis malicieusement, et y en eut aucuns qui me dirent : Die ergo te petere ut lecjantur sine prœjudicio. Je leur répondois que je u'étois point envoie (jue pour leur présenter ces lettres de la part du R(ji , et pour leur lire certaine autre proposition que j'avois en ma main, à laquelle je ne pouvois ajouter ni diminuer chose quelconque, et que si je faisois, ou disois autie chose de plus, que j'excéderois l'ordonnance que l'on m'avoit baillée : et par ce moien, ce que je dirois ou ferois viendroit à être de nulle vigueur : et que, sauf leur correction, ils ne se devroient point arrêter à une inscription que le secrétaire avoit faite, ainsi qu'elle lui sembloit être plus latine. Il v eut un Docteur espagnol (Vargas), celui même qui fit la protestation au nom de l'Empereur à Roulogne, qui me dit que cette diction , conci- Utim, n'étoit moins latine que conventus, et en lui alléguant que César appeloit toujours conventus juridicos, il m'allégua un passage d'une épitre deCicéron, où il dit : Venimus non in Senatum, sed in Conventum senatorum. Je lui répondis que cela n'étoit point dit en contuniélie ou mépris de ceux qui étoient là assemblez : mais pour montrer que le tvran César leur avoit ôté la liberté et autorité de sénateurs. Je filois
le plus doux que je pouvois si mal, et assez pour me faire mettre en prison, si j'eusse un peu trop avant parlé. Mesmement qu'il y en avoit un qu'on appelle Sacer, ce me semble, qui medisoit à tous coups : Venisti ergo ut protestaveris contra hoc Conciliuin? Je ne leur répondois autre chose, sinon qu'il leur plust me donner audience, et qu'ils enténdxoient ce que j'étois venu faire, et trouveroient toutes choses si sobres, si modérées, et si réservées , qu'ils ne se repentiroient point de m'avoir ouï. Et afin que vous ne vous imaginiez point que ce soit si grande chose que vous cuidez à l'aventure, je vous déclare que je ne vous en demande aucune réponse, ni que ceci soit enregistré en vos registres. Et alors les Présidens me répondirent : Eiiamsi non petitis responsionem, iion voLunius vobis dare.
Nous fumes assez bonne pièce à contester ainsi, et moi à prier le plus révéremment que je pouvois, qu'on ne fist point ce tort au Roi, de ne vouloir point recevoir ses lettres. Car j'avois grand'peur de n'avoir point audience, comme à la vérité, je n'eusse point eu, si les Espagnols en eussent élé crus, qui crioient : « ColUgantur vota. » Et finalement M. le Légat et les Présidens dirent : « Eamus in sacristiam eA deiiberemus inter nos. -.i Ce qu'ils firent et se retirèrent derrière le grand autel, où est la sacristie, et là consultèrent entr'eux sur ce qu'ils avoient à faire et à me répondre. Et faut noter qu'avec les Évêques entrèrent aussi les deux Ambassadeurs de l'Empereur, et après qu'ils eurent été en conseil plus d'une grosse demieheure, ils retournèrent tous se seoir en leurs sièges,
selon leurs ranf;s, avec leurs mitres et leurs cliappcs, et me firent cette n'-ponse par le promoteur du Gonrile qui est un honnéle homme Docteur : Doctissime vir, sacrostincta Synodiis censull, Iletjis screniisiml litcro-s sioe prœjudicio esse legcndas, œstimans illain diclionem « Conventus », in matuin partem non intetliijere ; qnod si ti/iler intellir/eret, protestatur de nul- Utatc.
Je me contentai de cela sans rien répondre. I£t adonc furent ouvertes et lues les lettres du Roi, ou étoit encore la même superscription , et ne contenoient les lettres en somme, sinon une complainte de ce qu'il ne pouvoit envoyer Evoques de son roiaume à ce Concile, pour la guerre qui injustement lui avoit été menée. Et premièrement qu'ils voulussent patiemment ouïr une proposition qu'il leur envoioit et la prendre en bonne part. Il faut noter que non seulement je n'élois point nommé en cette lettre ni près, ni loin : mais qui pis est, on n'en avoit pas seulement envoie la copie, par laquelle nous pussions savoir ce qu'il V avoit dedans. De sorte que je ne vis jamais chose si mal conçue que cela.
{Suit la lettre du Roi de France datée de Fontainebleau le 13 août 1551, aux très-saints et révérends Pères en Christ, assembles en concile à Trente.)
Les lettres furent liies, et audience suivant les pièces du Koi me fut donnée et liie de j oint en point jusqu'à la fin la proposition protestatoire, que le Iloi avoit envolée, sans jamais éire interrompue, et crois
qu'il n'y eut personne en toute la compagnie qui en perdist un seul mot, s'il n'étoit bien sourd : mesmement aux lieux plus importants, que je lus plus pesamment, à celle fin qu'ils en fussent mieux notez, avec toute telle action, comme si je l'eusse étudiée deux mois auparavant par coeur. De sorte que si ma commission ne gisoit qu'à présenter les lettres du Roi et à faire lecture de la proposition, je pense y avoir amplement satisfait.
{Suil le texte de la protestation du Roi de France au Très-Saint Père le Pape Jules et au Sacré Collège des Cardinaux.)
Je n'eus pas sitôt ache\é de lire, que le Promoteur me dit de la part du Concile telles ou semblables paroles eu substance : u Sacrosancta Synodus gratain habet Régis moderationem qiiain prœ se tulit in suis literis : personain vero vestram, nisi quatenus et in quantum légitima est; sed vos monet, ut ad diem undecimum octobris hic adsitis ad futur am sessionem, ut accipiatis responsionem , quam literis Régis facere prœiendit. Notariis autem prohlbel ne instrumentum prœdictorum omnium, nisi conjunctim cum Secretario Concilii, vobis conficiant. » Et à tant fut finie la session qu'il étoit bien près de vingt heures.
Depuis, je les ai sollicités par plusieurs fois de faire que le Secrétaire du Concile, avec ceux que j'avois menez, me dépêchassent acte de ce que j'avois fait, pour faire foi de ma diligence envers le Roi, ou à tout le moins qu'ils baillassent ces paroles qu'ils m'a-
voient fait prononcer par le promoteur avec Ja copie des lettres du Roi ; et que botia fide, je les ferois insérer dans l'acte que j'en emporteroisavec moi : mais ils n'en ont jamais voulu rien faire. Et la raison est qu'ils ne veillent pas que cet acte vienne en lumière, que la réponse ne soit quant et quant, laquelle ils attendent qu'on leur envoie de Rome.
En ce volant, après avoir là séjourné deux jours , je m'en suis revenu à Venise, rendre compte de ma négociation à ceux qui m'y avoient envoie, et leur présentai la minute que j'avois faite de l'Acte, qu'on a présentement envoie au Roi. Je ne sais quelle elle sera trouvée par delà, et désirerois singulièrement l'entendre de vous.
Or pour savoir ce (jiii avoit été dit en cette consultation quand ils se retirèrent pour me faire réponse, je m'en allai le soir voir TEvêque de Verdun en son logis, qui est, à mon avis, un très-honnête homme, bien affectionné au parti du Roi , et qui se dit serviteur très-obligé de la maison de Guise, reconnaissant nommément M. le Cardinal de Lorraine pour son souverain maître et bienfaiteur. Je sus de lui que le Légat et ses assistans avoient fort tenu la main à ce que je fusse ouï. Aussi fit le Cardinal de Trente; aussi firent les deux Électeurs de l'Empire, l'Archevêque de Mavoncc et celui de Trêves, auxquels on fait fort grand honneur en cette assemblée, et précèdent tons les Évêques et Archevêques, et mesmemtnt les Ambassadeurs de l'Empereur. Et me fut dit que l'Archevêque de 3Liyencc dit : Si vos non vulfis auilirr. literas Régis, qiiomodo nmliftis protcstatitr'- dcr-
manos qui nos appellant concithan malignanimm ? Et le Comte de Montfort, Ambassadeur de l'Empereur, dit qu'il protesteroit au nom de son maître que je fusse ouï, quand on me vouloit dénier audience. Le Cardinal aussi de Trente en fit grande remontrance, disant que ce seroit irriter un tel Prince de ne vouloir pas non-seulement donner audience à ses ^linistres, mais encore ne recevoir pas ses Lettres. Le dit Evêque de Verdun n'est pas allé à Trente de son bon çré : mais se trouvant à la Cour de l'Empereur à Augsbourg, à solliciter quelque procès qu'il a à rencontre de certains gentilshommes siens voisins, qu'il dit occuper quelques choses qui sont de sou Évéché, M. d'Arras lui commanda de la part de l'Empereur, qu'étant l'assignation de la session prochaine, il eût à s'y trouver.
Je fus aussi saluer M. le Légat, faisant mes excuses de ce que je n'étois point allé avant la session, pour ce quej'avois exprès commandement de ne faire point entendre la cause de ma venue jusqu'à l'heure propre de la Session. Et le dit Sieur me montra qu'il avoit très-grand déplaisir du différend qui étoit survenu entre le Pape et le Roi, et que pour l'obligation qu'il avoit au Pape, de qui il étoit serviteur, il ne pouvoit faire sinon les choses qu'il voioit être utiles pour son service. Et qu'en ce fait là. il étoit forcé de faire contre le Roi : mais que son affection étoit toujours d'accommoder les affaires, et les serviteurs du Roi en tout et partout où il pourroit, sa foi sauve. Je lui disois que vu le lieu qu'il tenoit auprès du Pape, et l'opinion que le Pape a\oit de lui, il me semble qu'il ne
poiivoit y avoir personne plus propre à moienner et accomiiioder les choses entre eux que lui, qui vouloit bien à l'une et à l'autre paitie. Il nie répondit qu'il n'avoit point tenu à souvent en écrire au l*ape, comme il est vrai; mais que les lettres ne répli<iuent point, et que s'il eût été présent à Rome, je pense que les choses ne fussent pas allées si avant (lu'ellcs sont : Et que le Pape n'est point de volonté ennemi du Roi, et que qui l'a dit ne l'a pas entendu. Et que le Roi qui montre ne se vouloir point départir de Tobéissance du Saint-Siège Apostolique, ne peut par un lïiesme moien qu'il ne reconnoisse le Pape qui en est Je Chef, et que c'est une mesme chose et individiie que le Saint-Sié(;e et le Pape. Je lui dis qu'il me sembloit bien autrement, et qu'il pourroit avenir qu'un Pape fust ou Schismatique ou Hérétique, ou furieux , et qu'alors on ne pourroit dire que ce fust une mesme chose que le Pape et le Saint-Sié^je. Quand je lui ai requis qu'il me fist depescher mon acte par le Notaire du Concile, avec les miens, ou qu'il me fist bailler les paroles propres qui m'avoient été répondues par le promoteur au nom du Concile : il nie répondit qu'il ne le sauroit faire lui tout seul, et qu'il falloit qu'ils s'assemblassent là-dessus, et s'excusa de ce qu'il ne me faisoit pas les caresses qu'il m'eust bien voulu faire.
Ainsi je prins conjfé de lui, en le priant de me tenir pour son serviteur. Ses gens depuis m'ont dit qu'il di,-oit tout le bien du monde de moi, mais je ne sais de quel estomac. Si m'a-t-il semblé en tout et par tout affectionné bien fort à notre part : mais il est
assiégé de ces Evêqiies Espagnols, qui sont toujours à sa table et autour de lui , et espient fort vigilamment toutes ses actions.
Et quant à moi, je pense certainement que ceux du Pape désirent plus que nous que ce Concile n'aille point eu avant , et qu'ils étoient plus aises que le Roi envoiast protester qu'autrement ; pour voir si cela pourroit point rompre du tout, ou donner quelque bonne entrée à ce Concile. Car un jour en étant le promoteur venu voir en mon logis, il me disoit : « Je ne crois pas que le Roi veuille venir l'omprc le Concile, par les moiens que disent les malins et les malveillans, qui disent qu'il est mal et induement transféré de Bologne à Trente; et que si comme avec connoissance de cause il avoit été renvoie de Trente à Bologne, aussi se devroit-il transporter avec rnesme connoissance de cause de Bologne à Trente : Et que le Roi n'avoit point consenti à cette seconde translation. « Il m'etoit d'avis que c'etoit le langage qu'ils vouloient que nous tinssions nous-mesmes. Mais il m'allégua bien un chapitre duquel je n'ai pas noté le commencement, qui dit en substance, que toims aiiclorilas transferiur ad majorem parlem , etiam si minor, aut nolueril, aut non poluerit comparere. Et pour ce que les excuses que le Roi alléguoit des guerres, pour lesquelles il ne pouvoit envoler ses Evêques au Concile, n'y seroient point valables, attendu mesmement qu'il ne falloit point passer par les terres du Pape, pour venir au lieu où étoit indict ce Concile : Et en toute manière qu'il suffisoit , nùnoreni partem non esse conlemptam , sed vocatam : que le Roi ne peut
dire qu'il ait à\é contomné. Je répondis que cela, cdamsiiioliierlt, aiil tioii poUteril, à mon avis s'enlendoit el tacticrit. Car à cette home-là, agitur mit quas advcrsns continnacciu, anl cjUdsi conscnlicntcin. ^lais où il y a cette cause de protester, et que la protestation s'est faite, mesmemenl quand l'empescheiuent légitime procède de celui mesme qui a fait l'indiction, qu'il ne se pourroit dire que celte protestation fnsl de nul effet.
Voilà quasi tout ce que j'ai fiiit à mon voyage de Trente.
Je réserve à vons dire de bouche bientost, si Dieu plaist, l'honneur que me fit M. le Cardinal de Trente, et les paroles qu'il me dist, que j'ai rapportées à M. le Cardinal de Toiiinon et à M. l'Ambassadeur, et croi qu'ils les auront fait entendre au Hoi. Ktje crains de vous envoier désormais de trop longue écrituie de peu de chose. iMais pour ce que ^\ . le Cardinal a été d'avis que je différasse mon pariciiieni, jnsques à ce que la réponse; du Roi fiist venue, sera peine à savoir s'il veut que moi ou autre compare à la première session, pour avoii- la réponse que le Concile entend faire à ses lettres. Je vous prie, ^lonsieur, solliciter s'il vous plaist, el si vous en avez le moien , qu'ils en soient prom[)tement éolaircis avant que Tliyver, qui est prochain , ne m'ait entièrement seiré les chemins.
l'^t si d'aventure il vouloit que je retournasse, il me semble qu'il seroit aussi besoin qu'il y envoyast qn.inl et quant une ratification de ce qne j'ai fait. .Alais je croi que le plus à propos pour ses affaires, seroit de n'y envoyer du tout point; pour ce que seroit comme
entrer en contestation et connoissance de cause; et davantagfe qu'on lui fera une réponse qui aura été forgée par le Pape et par Don Diego à Rome; et de tant plus mesmenient, que ce que j'ai lu n'est point une protestation adressante à ce Concile, mais seulement une notification de celle qu'il a fait faire par M. de Thermes, devant le Pape et le Collège des Cardinaux, et n'entends pas bonnement à quelle intention il l'a fait.
Je ne m'étendrai point davantage pour cette heure à vous écz'ire d'autres nouvelles, croiant de vous avoir ennuie de celles-ci qui ne sont que trop longues, et pour l'espoir aussi et le désir que j'ai de vous voir bientost. Attendant lequel temps, je me recommande bien humblement à votre bonne grâce : et prie Notre Seigneur vous donner en santé bonne et longue vie.
Votre très-humble et très-obeissant serviteur,
Jaques Annor.
A Venise, ce 8 septembre 1551.
Il eût été à désirer qu'à l'occasion du Concile du Vatican, il se fût publié une réimpression de l'ouvrage si précieux et si utile des Mémoires de Dupuy relatifs au Concile de Trente (in-4'', Paris, 1650), qui est un répertoire des instructions, dépêches, lettres missives, émanées tant des secrétaires d'Etat que des ambassadeui^s français. Des pièces nouvel-
lement retrouvées, des annotations ('rudites, quelques réflexions sur la nature même de ces instruments d'iJat, y étant ajoutées, et le tout piécédé des articles les plus im|)ortants du Joiininl (lu Concile tenu par Massarelii, en eussent fait une publication diplomatique des plus importantes au point de vue français, pour les liommes d'étude. Un titre excellent pour ce précieux recueil eût été : La France an Concile de Trente. Cependant, hâtonsnous de dire qu'à ce point de vue même, un travail qui nous parait dipjne des plus grands éloges, soit en vertu des sentiments qui l'ont dicté, soit en raison des informations et des appréciations diplomatiques dont il est rempli, a été publié dans l'excellente Bévue des (fuestions liistoriffues , par M. G. Bafjuenault de Pnchessc. Ce travail si méritoire sera, nous l'espérons, piochainement publié en volume, et nous ne saurions trop en recommander la lecture à tous ceux qu'une intelligente et louable curiosité porterait à vouloir connaître le véritable rôle de la |)olitique de la France en cette grande assemblée, où elle fut successivement représentée par Claude d'Urfé, gouverneur du Forez, Jacques de Lignières, pré-
sident au parlement de Paris, Pierre Danès, qui fut depuis évêque de Lavaur', sous François P""; par Saint-Gelais , sieur de Lansac ^, Arnaud du Ferrier% président aux Enquêtes du parlement de Paris ; Guy du Faur de Pibrac ^, juge mage au parlement de Toulouse ; et enfin par le fameux Cardinal de Lorraine,
' Ils arrivèrent, peu de jours après la cinquième session, le 26 juin 1546, à Trente, avec lettres du Roi datées de Fontainebleau, le 30 mars 1545. Le même Claude d'Urfé et Claude Despence, docteur en théologie, furent aussi accrédités par Henri II au Concile, à l'époque de la translation à Bologne, avec des instructions du 12 août 1547. u Mais ces instructions ne furent pas mises à exécution. Les Ambassadeurs ne furent pas introduits au Concile de Bologne et n'y siégèrent pas plus que les Evêques de leur nation. » Voyez tout le chapitre IV : le Concile de Trente, par M. Baguenault de Puchesse.
^ « Esprit fin, diplomate habile, se prononçant sur les questions les plus graves avec cette liberté d pensée et de parole commune à beaucoup d'esprits du seizième siècle. » Idem, ibidem.
' « Catholique assez peu fervent, mais aussi bon jurisconsulte que courtisan délié. » Idem.
* « Plus souple encore que ses collègues, prêt à mettre son éloquence au service de toutes les causes, tenant plus de compte du but que des rrioyens, habile à employer tour à tour l'imagination qui invente et le sarcasme qui raille; aussi expert à composer une harangue solennelle pour des Évoques qu'à écrire des
SOUS Charles IX. M. Ba.{fuenault de Puchesse (il s'est déjà dislin^jiié par divers écrits) appartient à cette école en histoire qui a [)our méthode de prendre j)0ur bases principales les documents écrits contemporains. Son humeur le porte aux sources officielles incontestables; il aime les documents orijjinaux , et il s'en sert avec une sûreté de jugement qui lui lait le plus grand honneur.
Il était du reste à prévoir que les circon-
quatrains plus ou moins spirituels pour la jeunesse. » {Idem, ibid.)
L'historien que nous citons avec tant de plaisir recommande particulièrement les Instructions remises à ces Ambassadeurs, et que Dupuy a reproduites dans ses Mémoires , page 1G8 et suiv. « Cette Instruction tout entière, dit-il, est très-curieuse à lire, par les détails quelle contient et l'esprit qu'elle recèle : c'est le manifeste le plus complet du [gallicanisme parlementaire et politique de cette époque. » Et il ajoute en note à la paye suivante cette remarque aussi intéressante que judicieuse et véridique : « Il faut, dit-il, pour être conforme à la vérité, reconnaître que toutes les Instructions données par la Cour de France, sous les divers Rois Henri II, François II, Charles IX, et plus tard Henri III, que les actes, missives et communications de ses conseillers et de ses ambassadeurs, soit laïques, soit ecclésiastiques, le Cardinal de Tournon, rÉvê(|ue d'Orléans, l'abbé de lîello/.ane, aussi bien que Montuiorencv, ^lichcl de l'Hôpital, d'Urfé,
stances actuelles de la Cour de Rome, dès longtemps annoncées, inspireraient à plus d'un historien des pages fort appréciables sur le caractère et l'influence des Conciles en général, et sur l'importance soit politique, soit sociale, du Concile de Trente en particulier. Il s'est produit un nombre énorme de publications; et parmi celles dont nous ne saurions
Lansac ou du Ferrier, sont empreints des caractères suivants :
1» Une certaine défiance contre la Cour de Rome et le désir de voir cesser de sa part les impositions d'argent et les excès de juridiction;
2° Le maintien le plus absolu des coutumes, privilèges, droits et libertés de l'Église gallicane;
3° La demande des mesures de tolérance et de concessions pour les protestants.
« Tout cela était exprimé avec des formes respectueuses, mêlées souvent à une grande liberté de langage. »
Voir toutes les pièces citées dans les Mémoires de Dupuy, et particulièrement :
L'Instruction donnée par Henri II au sieur d' Urfé;
Le Mémoire baillé à M. de Lanssac allant par-devant Noire saint Père le Pape ;
L'Instruction baillée au même quand il a été depesclié Ambassadeur au Concile;
Le Mémoire délibéré par le Roi et tous ses conseillers du Conseil privé avant le départ du Cardinal de Lorraine.
trop recommander la lecture non-seulement comme étant de circonstance , mais surtout comme féconde en ensei[jnements intéressants, nous nous faisons un devoir de citer le rapide et excellent écrit de M. Albert Desjardins : Le Pouvoir civil an Concile de Trente\
Dans un autre ordre d'idées, et du côté de l'érudition la plus consommée, nous devons citer la remarquable « Introduction » dont M. Ku(ifène de lîozière a lait précéder sa trèsbelle publication du Liher Dinrnns ou Recueil des formules usitées par la Chancellerie pontificale (lu <in<iuicnic au onzième siècle^ d'après le manuscrit des Archives du Vatican, avec les notes et dissertations du P. Garnicr et le commentaire inédit de Baluze^ .
' Paris, Cotillon, (''di leur, lil)raire (lu Conseil d'État, 24, rue Soufdot.
- Paris, Durand et Pedone-Lauriol, libraires , rue Cujas, et Ernest Thoriii, libraire, 7, ryxc Médieis. Il faut dire aussi que l'exécution tvpo(jraphique de ce livre est admirable.