‹ Journal du Congrès de MunsterChapitre 17 sur 57 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

a fait plus parler le monde ici, écrit Peiresc (1), est l'apologie de M. de Balzac, publiée sous le nom d'un nommé Ogier, encore que lui-même en soit l'auteur, mais cette pièce contient des louanges de lui-même si putides qu'il eût eu honte d'y mettre son nom ». Pour d'autres, Balzac avait seulement arrangé l'œuvre d' Ogier; c'était l'opinion de Tallemant des Réaux : « Il y avait déjà cinq ou six feuilles d'imprimées, quand Balzac arrivant ici, ne trouva point cela à sa fantaisie; il refit tout le discours et ne se servit que de la matière. Cela n'avait garde de ne pas réussir, car Ogier est fort capable de choisir bien ses matériaux et Balzac de faire fort bien le discours; aussi est-ce une des plus belles pièces que nous ayons. » Ogier a toujours prétendu que l'ouvrage lui appartenait en propre; on connaît sa repartie, lorsqu'on lui demanda s'il ne ferait l'épitaphe de Balzac : « Je m'en garderai bien, j'aurais peur qu'il ne se l'attribuât encore. »

V Apologie avait définitivement mis François Ogier en lumière. Entre temps, il avait reçu les Ordres, sous la direction de M, de Saint-Cir,

(1) Lettre du 12 avril 1627.

INTRODOCTION. XIX

prêtre habitué de Saint-Merri, Ainsi tombait le reproche que lui avait adressé Garasse de n'être qu'un prieur fantastique et imaginaire. Qu'était ce prieuré de Chomeil? Ni le Grand Fouillé des bénéfices de 1626, ni V Alphabet des abbayes de France (1658) n'indiquent d'abbaye de ce nom. Ogier, que tous ses contemporains ont toujours qualifié de prieur, jouissait pourtant à cette époque d'un bénéfice : « Mon petit bien ecclésiastique, disait-il lui-même, peut être facilement supputé par ces peuples de Thrace dont la mémoire est si courte qu'ils ne peuvent nombrerque jusques à trois. »

Sans doute pour montrer qu'il était digne des fonctions dont il venait d'être revêtu, François Ogier prit en main une cause plus grave que celles qu'il avait défendues jusqu'alors. Il adressa au Roi, en faveur des Minimes français de Rome (1),

(1) Discours au Roy, en faveur des R. Pères Minimes François, du couvent de la Trinité du Mont à Rome, pour la conservation des privilèges de la nation, composé par F. Ogier. Paris, chez Toussaint du Bray, 1629, in-8« de 50 pages.

L'exemplaire de la Bibliothèque nationale est celui qu'Ogier ofitrit à son ami Colletet. On voit en effet sur la garde : « Don de l'autheu^ le 29 mars 1629, 6. Colletet », et sur le titre, de la main d'Ogier : « V, C. Guillelmo CoUetetio, amieoi'um eximio, poetœ jampridem Apollinari laurea donando Franciscus Ogerius, dico, »

Page 1