‹ Journal du Congrès de MunsterChapitre 21 sur 57 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

dédia à la reine régente (1); mais il ne fut pas plus heureux avec elle qu'avec le cardinal ; elle lui promit un évèché, mais ne tint pas sa parole.

Peut-être allait-il être dédommagé par la fortune nouvelle qui lui était oflFerte.

Parmi la suite brillante que le comte d'Avaux emmenait avec lui à l'assemblée de Munster, au milieu des conseillers au Parlement, des prêtres lettrés, des diplomates expérimentés, et de tous les jeunes gentilshommes avides de parvenir, allait figurer le prédicateur en vogue à Paris* Parti en qualité d'aumônier, de secrétaire, de confident de l'ambassadeur, Ogier devenait à Munster « l'Évangéliste de la Paix ». Un tel rôle ne pouvait manquer de jeter sur lui un grand éclat : « Nous vous mettons, lui disait Claude Joly, à la tête de ces vénérables prélats et de tous ces grands et sages politiques, qui étaient à Munster l'élite de leurs États, puisque la plupart vous écoutaient avec tant de plaisir et d'application, que Ton peut dire plus véritablement de vos paroles

(1) Oraison funèbre de Louis XIII, roi de France et de Navarre, prononcée en Téglise de SaintTBonolt, le l" jour de juillet 4643, par M. Ogier, prêtre. Paris, chez la veuve Camusat, 1643, in-8», 58 pages.

JNTRODUCTION. XXV

que de celles de THercule Gaulois, qu'elles étaient autant de chaînes d'or qui les tenaient par les oreilles. »

Ogier lui-même rappelait avec complaisance Tun de ses succès : ce sermon de la Passion, qu'il avait prononcé « en la plus illustre assemblée qui ait peut-être jamais été. La multitude des auditeurs n'y manquait pas, mais leurs différentes qualités étaient bien plus remarquables que leur nombre. Italiens, Français, Espagnols, Allemands, Danois, Transylvains, Suédois, catholiques, protestants, luthériens, calvinistes, juifs, anabaptistes, composaient mon auditoire. Car, en vérité, on peut dire que celte capitale de la Westphalie était pour lors le concours de toutes les nations et de toutes les religions de l'Europe qui, étant si différentes en intérêts, en opinion, et en créance, s'accordaient toutefois en ce point, de me venir écouter, et de se piquer de parler et d'entendre notre langue. Ces messieurs qui composaient pour la plupart la famille et les principaux officiers des plénipotentiaires, étaient toutes personnes choisies, instruites dans les sciences et les belleslettres. Et certes, il fallait être ferré à glace (cette

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