‹ Journal du Congrès de MunsterChapitre 34 sur 57 · ANNUS · texte numérisé non relu

ANNUS

Le premier jour de Tan, je prêchai aux religieuses Lorraines, comme j'ai de coutume, où fut Mme Servien, nouvellement relevée de couches. M. de Longueville fit présent à la dite dame, à ses deux, collègues, à M. de Saint-Romain, résident, de montres émaillées à la façon de Blois. M. de Goussencourt me donna un Onuphre De circo (1), tellement que je ne peux plus rien souhaiter, si mes désirs se règlent par ceux du peuple romain, ayant, Dieu merci y panem et circenses.

Le lendemain, M. de Saint-Romain fut envoyé pour saluer la reine de Pologne, de la part de nos Plénipotentiaires. Ilpensoit la trouver àDeventer, où elle étoit venue d'Amsterdam, mais elle étoit passée outre et avoit pris le chemin d'Oldenbourg.

(1) L'ouvrage d'Ouuphrius Panvinus avait paru à Padoue en 1642, sous le titre : De ludis circensibus libri II, in-fol. (V. Gui Patin, 1. 1, p. 343.)

Ainsi ceux qui croyoient qu*elle passeroit ici et se disposoient à la recevoir, ont été frustrés de leur espérance (1).

te dimanche 7, il y eut grande conférence de

^08 Plénipotentiaires avec les médiateurs chez

^- Contarini pour répliquer à la réponse des

^ûïpériaux et pour expliquer plus particulièrement

^^^ le fait de nos demandes à l'Empereur. La même

c'iose se faisoit le même jour à Osnabrug par les

'^^^dois avec les mêmes Impériaux. Ainsi tandis

9^^ nos Messieurs sont jusqu'à onze heures du soir

PCk Vir accorder les Rois de la chrétienté, nous fîmes

^^^5 mal les Rois, et je me couchai sans souper (2).

Xe 1 1 , les députés plénipotentiaires des États de

j^ V't) V. Jean Le Laboureur, Relation du voyage de la reine de ^^^^ogne. Paris, 1648, in-So, p. 84 : « Le 8 janvier, la Reine arriva à ^^^^den, où elle trouva le sieur de Saint-Romain, que M. de Lon- ^^ «ville lui avait envoyé de Munster, qui en est à vingt lieues, ^^^Tir lui témoigner le regret que Son Altesse avait eu que la nouille de son passage à. Munster se trouvât fausse, et qu'il s'était ^ Réparé à lui rendre de grands honneurs et à la régaler. Il lui ^^ndit ses lettres, et de M. le comte d'Avaux, comme aussi à '^^me la maréchale de Guébriant, et le lendemain il remporta ^^ponse. » — Page 88 : « Le bruit étant général que la Reine vien- ^Ira par Munster, le comte d'Oldenbourg était allé pour la saluer. » (2) La fête des Rois fut pourtant célébrée, et le député de Coltïiar, Schneider, raconte que, après la conférence des plénipot^entiaires avec Contarini, qui s'était prolongée de trois heures à. buit heures, et deux heures d'entretien avec le nonce, la soirée 8'était terminée chez le duc de Longueville, où ou avait fêté les ^ois, en compagnie de l'envoyé de Uesse-Cassel et du résident de

HollanJe après s'èlre fait attendre plus d'un an e A demi firent leur entrée (1), et furent reçus d*a gouverneur et de la ville de la même sorte qit -^ les pléuipolentiaiies des princes souverains, l^^ss

carrosses de nos trois plénipotentiaires furent as >

devant d'eux et ils furent traités d'Excellence •^, C'est la première fois que la France leur a accorc3Bé ce titre. Les ambassadeurs portugais envoyère «3t aussi leurs carrosses au-devant d'eux, et c'est 'a première fois qu'ils ont paru en telle cérémooi^î tellement qu'on peut douter qui étoit plus conte *^' ou des députés de Portugal ou de ceux de Hollande, qui furent là initiés à des titres de so^^' verainelé dont ils u'avoient point encore tà*-^* Aucun des autres princes étrangers n'y env»y^' Aussi ces nouveaux souverains reçurent asS^* rusiiquement les gentilshommes que Son Altes^* et Leurs Excellences envoyèrent au-devant d'ei^ et reçurent le compliment sans mettre pied à terr^ de leurs carrosses.

SuËde. C'est à ce deroier que lafèvu oUit échue. (Voy.MosKtii:<, Reçue d'Alsace, aaaée 1S87, p. iSS.)

(1) Ces députés étalent au numbre de huit, à. savoir : Berlhald de Gendt, député de Gueldre; J. de Mateaesse et Adrien l'auv, sieur de Hemstedt, députés de Hollande; J. de Kuuyt, sieur de Wosmeep, de Zélande; F. de Donia, de Frise; Golhard de Reede, Bieur de Mederbost, d'Ctrecbt; Guillaume Ripperda, sieur de Boilirgen, d'Overyssel, et Adrien Claudt, de Groniogue.

Le 13, ils furent visités par nos Plénipoten- ^ires en leur logis, sur la porte duquel ils ont ^t mettre les armoiries de la duché de Gueldre, ^mme de la plus qualifiée seigneurie qu'ils possèdent.

Le 14, ils furent également visités par le comte

^^ Penaranda et ses collègues, plénipotentiaires

^'Espagne, qui les traitèrent avec les mêmes titres

^ï^xcellences et les mêmes cérémonies que nous

^^*ioo8 faites; tellement que les voilà reconnus

^Uverains par leurs maîtres et ceux qui les ont

appelés rebelles depuis quatre-vingts ans.

I-iC 15, ils vinrent rendre la visite aux nôtres ^*^^zM. de Longueville, qui les fut recevoir jus- ^^*à leurs carrosses et leur donna la droite, les ^wnt passer tous huit devant lui.

le 20, ils vinrent aussi en corps visiter Son ^Xcellenceen particulier, et immédiatement après ^rent rendre le même devoir à M. Servien.

Ce même jour, M. de Longueville reçut la nou-

^^lle que Mme sa femme étoit accouchée d'un

^Is (1) ; ce qui causa bien de la joie dans sa famille

^t dans celles de nos amis. Elle fut témoignée par

le Te Deum chanté aux Cordeliers, par feu de joie,

(1) Jean-Louis-Charles d'Orléans, comte de Dunois, né le 12 janvier 1646.

escoupetterie et largesse de vin au peuple. Sur le soir, je fis ce sonnet qui lui fut envoyé sur l'heure même de la part de Son Excellence.

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