‹ Journal du corsaire Jean Doublet de Honfleur [microforme]Chapitre 100 sur 113 · DÉFENSE DE TOULON · texte numérisé non relu

DÉFENSE DE TOULON

dant, où étoit pour lors M. Combe 1), commissaire de l'artillerye, et me prits par le bras, disant : « Bon acteur, j'ay de quoy vous occuper ». Et il me donna deux pièces de canon de douze livres de boulet à comander vers la porte de Ste-Catherine, Les ennemis bombardaient par terre. Et les troupes de M. de Savoye s'aprochèrent à portée d'un moyen canon de Ste-Catherine ; l'on fit plusieurs sorties qui repoussèrent les ennemis et la troisiesme journée fut presque sans actions de part et d'autres, et l’on appris depuis que M. de Savoye envoya dire à l'admiral Anglois que ces troupes étoient à portée et toute prestes à donner l'assaut, mais qu'elles vouloient avant tout recevoir la paye que l'Angleterre avoit promise, ce qui fut payé par les Anglois, et la nuitée se passa tranquille comme le jour. L'armée angloise s'étoit apro- Chée près du fort de Ste-Marguerite dont ils s'étoient rendus les maistres (21 et espéroient au petit jour bombarder lorsqu'ils verroient les signaux de l'assaut prétendu, mais ils furent bien étonnés que à 8 et 9 heures ils n'apercevoient aucuns mouvements et aprirent que M. de Savoye avoit fait décamper la nuit son armée et sans bruit, et la ville fut délivrée. On auroit bien peu par des embuscades dans les bois harceler et tuer des hommes de M. de Savoye sy l'on avoit voulu les suivre. Mais à son ennemy qui fuit il luy faut faire pont d’or. Et l'on a creu que ce prince étoit d'intelligence avec le Roy pour luy laisser Toulon comme on luy fit Turin. Mais les Anglois en furent les dupes, sans faire aucun mal à cette ville se sont retirées. Et je retournay à Marseille suivre l'armement. Je fus un peu blasmé par M. Bruny qui me dits que l’on ne m'avoit pas fait venir pour Toulon. — Et jefinis mes discours jusqu'à présent en me raportant au journal ensuivant de

d'Etat en 1700. À passé pour un des plus grands intendants que la marine ait eus, (Deschard, p. 93).

(1) De Combes, fut nommé enseigne de vaisseau le 7 août 1677 ; lieutenant de vaisseau le2 mars 1680; capitaine de galiote le 16 janvier 1684, capitaine de vaisseau le 1°" janvier 1589; commissaire général d'artillerie le 1°" janvier 1703, Mort à Brest le 25 novembre 1717,

(21 Les assiégeants s'attachèrent principalement aufort Sainte-Marguerite, à celui de Saint-Louis et à la Grosse-Tour. Le fort Ste-Marguerite se rendit le 16 août 1707. Quelques jours plus tard, le 22, les Impériaux levèrent le siège de Toulon. — Voyez la Gazxette 30 juillet, 6, 13, 27 août, 3 et 10 sepiembre 1707.

mon voyage de la mer du Sud où j'y ay insséré plus corectement toutes les particularitez et mesme le plans des places où j'ay passé jusqu'à mon retour en France au Port-Louis au 22 avril 1711, où 4 j'ay terminé de ne plus retourner sur la mer où j'ay comencé d’aler 0 en février de l'anée 1663 (1). — Dieu veuille que ce que j'ayà “ vivre soit pour sa gloire et pour mon salut. Finis. 4

PR

(1) Le voyage de Doublet dans les mers du sud dura 42 mois; il en avait conservé le à journal. Voyez à ce sujet l'introduction $ III. 4

ement passé 11, où d'aler j'ay à

Iservé le

Fr

Page 1