‹ Journal du docteur Prosper MénièreChapitre 102 sur 170 · MADELEINE BROHAN — LORD COWLEY · texte numérisé non relu

MADELEINE BROHAN — LORD COWLEY

vent du caprice, semblable à la paille qu'oublie le moissonneur dans un com du champ qu'il vient de faucher. Inutile de dire que ces sortes de caractères ne sont pas exclusivemefñt caractères de littérateurs. Je connais des médecins, des avocats, logés à pareille enseigne, favorisés du public, gorgés d’or, et qui trouvent moyen de vivre couverts de dettes; insoucieux de l'avenir, prodigues du temps, de la renommée, ne comptant jamais, comme si le Pactole ne pouvait cesser de couler chez eux, pour eux.

Médisances :

Madeleine Brohan, si belle et si charmante, et dont les débuts au Théâtre-Français ont été si brillants, a voulu se marier, ce qui n'est pas un crime assurément. Mais elle a eu le tort de se mal marier, et aujourd'hui, après des scènes violentes, elle est dans un couvent. Un gros procès en séparation va initier le public à des détails d'intérieur peu édifants.

23 mars 1856.

Recueilli quelques notes aujourd’hui sur le Congrès dont tout le monde parle (1).

Il comprend d’abord un personnage fort incommode, lord Cowley, l'ambassadeur ordinaire de la reine Victoria. Il lui a été adjoint lord Clarendon, ministre des affaires étrangères de son pays. Lord Cowley, presque annihilé par cette adjonction, a témoigné de l'humeur; il a soulevé bien des questions de préséance; 1l a été pointilleux sur l'étiquette, et l’on a eu bien de la peine à lui assigner sa place légitime et sa part d'influence dans les délibérations du Congrès. Mais les deux prin-

(1) Le Congrès de Paris où furent réglées les questions qui avaient provoqué la guerre de Crimée.

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