ÉPIGRAMME
Ou l'Acarus ou le Sarcopte, Devergie exige qu’on opte;
Maïs pourquoi dans ce cas opter?
Quelque bête que l’on adopte, En faudra-t-il moins se gratter ?
Pour le coup, marquise, vous applaudissez des deux mains et vous voilà réconciliés. J'étais convaincu, pour ma part, quentre Ménière et vous le malentendu ne pouvait être que de passage. Tôt ou tard, vous deviez devenir bons amis.
Mn... 24
BIOGRAPHIE: x1X
IIT
Si l'on juge d’un homme par ce qu'il vaut à côté de ses occupations professionnelles et de l’agrément qu'il apporte à se risquer hors de la route que lui marque sa carrière, à coup sûr Ménière, saisi à ce point de vue, est déjà une intelligence d'élite. La supériorité s'accentue encore quand nous l’envisageons dans le sens direct de sa profession et par le côté médical, qui suffit, à lui seul, pour assurer au médecin en chef de l'Institution des Sourds-Muets une réputation très haute et dont nul ne conteste le titre tout à fait légitime. Nous ne signalons plus que d’une mention rapide nombre de mémoires composés dans ses heures de loisir. Tels les documents relatifs à l'exercice de la médecine dans la ville d'Angers (Gazette médicale, 1861), et dans un ordre d'intérêt plus général, les lettres inédites de Linné à Boissier de Sauvages (1861). Nous prendrons occasion de ce dernier mémoire pour présenter Ménière botaniste, membre considéré de la Société botanique de France, auteur de brochures spéciales diverses et grand connaisseur d’orchidées, auxquelles il consacre une étude (1855). Et ce sont encore de nouvelles publications de médecine littéraire : Correspondance de madame Du Deffand (Gazette médicale, 1859), Correspondance de Pline le Jeune (Gazette médicale, 1857); des articles nécrologiques sur son cher maître Orfla (1853), avec lequel il venait de faire un voyage en Allemagne et qui succomba quelques mois après le retour; sur le professeur Bérard (1858), et au-dessus de tous ces travaux, qui étaient le délassement et la récréation, pre-
nait place l’occupation réglée, journalière, qui absorbait à son profit la majeure partie de l'énergie, j'entends la direction médicale de l'Institution des Sourds-Muets.
Des monographies précises et où perce, qualité rare, la vision du fait observé se rattachent à l’accomplissement attentif et studieux de cette tâche. La traduction du Traité d'otologie de Kramer (1848), des Lettres sur la guérison de la surdi-mutité, où la maladie est. considérée comme incurable (1853); un mémoire sur les séquestres osseux observés dans les diverses parties de l'appareil auditif, séquestres, d’après l’auteur, le plus souvent consécutifs aux phlegmons de l'oreille moyenne (1855); des pages sur l’expérimentation en matière de surdi-mutité, où Ménière établit l’inefficacité curative de l’éther sulfurique en instillations dans l'oreille (1860), toutes ces recherches et ces produits d’un labeur toujours à l’affût ne devaient constituer qu’une préface. La grande découverte de Ménière est dans son mémoire classique et universellement connu sur les lésions de l'oreille interne, donnant lieu à des symptômes de congestion cérébrale apoplectiforme. (Gazette médicale, 1861.)
Nombre d’accès apoplectiques, attribués jusque-là à de la congestion cérébrale, étaient distraits de leur cadre, et c'est une lésion labyrinthique primitive ou secondaire qui les mettait sous sa dépendance. « Chez quelques malades, écrit l’auteur, il me fut possible, à l’aide de questions très précises, d'établir que les vertiges, l'état syncopal, la chute subite du corps, les vomissements avaient été précédés de bruits dans les oreilles, que ces bruits ne reconnaissaient aucune cause appréciable, qu'ils persistaient dans l'intervalle des accès, mais qu'ils coïncidaient souvent avec l’augmentation des étourdissements... Je me croyais suffisamment autorisé à ne voir en ces phénomènes si graves.