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M. PASQUIER — LE MARÉCHAL MORTIER

Lors de son retour à Paris, l'empereur était furieux; 1l savait que pareille affaire pouvait se renouveler à la première occasion. Paris n’était pas gardé, il n'avait pour garnison que deux xégiments portugais, qui ne connaissaient n1 la ville n1 la langue, de sorte que la sécurité du gouvernement était nulle. Cette affaire fut traitée en conseil; je fis l'exposition d’un plan destiné à remédier au mal. Je voulais rétablir une garde permanente, semblable à l’ancien guet à pied et à cheval, une sorte de maréchaussée, et le projet fut adopté. Jobtins la permission de choisir dans beaucoup de régiments des hommes d'élite, et je composai ce magnifique corps désigné sous le nom de garde municipale dont on a plusieurs fois changé l'étiquette, mais sans déranger son organisation.

« J'eus bien des obstacles à vaincre, et le principal fut d'abord dans cette condition première que la garde municipale resterait dans les attributions et sous les ordres du préfet de police. On ne saurait croire combien je dus lutter avec les autorités militaires commandant à Paris, mais je tins bon, et J'eus gain de cause. Je pris mes officiers dans deux régiments de gendarmerie qui avaient séjourné longtemps en Espagne, vrai corps d'élite et qui a rendu d'immenses services à Paris. C’est à eux qu’on doit la paix qui a régné dans la ville lors des deux invasions étrangères. Ces hommes sont doux, patients, prudents, comme il faut être avec la population parisienne.

«Un jour, aux Tuileries, le maréchal Mortier, qui commandait l’armée de Paris, me dit d’un air courroucé : «Eh bien, monsieur le préfet, vous faites de «jolies choses! Si je rencontre dans la rue un de vos «gendarmes dont le chapeau soit de travers, je n'aurai «pas seulement la permission de le lui dire! — Con- «venez, maréchal, que si vous n’avez pas de reproche «plus grave à leur faire, ce n'est pas la peine de vous

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«tourmenter.» Et voilà comment la garde municipale de Paris a été faite et commandée par M. le duc Pasquier.

8 janvier 1858.

La mort de Rachel a fourni ample matière à des histoires que je ne puis guère narrer. Elle laisse à peu près deux millions, qui vont revenir pour la moitié à son père et à sa famille; l’autre million est pour ses deux enfants, l’un reconnu par M. Colonna-Walewsky, et le second sans désignation officielle. Elle a donné six mille francs de rente à sa sœur Sarah et mille francs à sa vieille femme de chambre. Je serais bien surpris qu'il ne s'élevât pas quelque querelle entre le père Félix et les sœurs de Rachel. On verra probablement un procès jeter au public sa quote-part de scandale. Certaines familles juives sont insatiables. C’est une lourde charge de moins pour le Théâtre-Français, qu’elle a exploité âprement.

Jules Janin devait dire quelques mots sur la tombe de la défunte, mais comme 1l a un peu de goutte en ce moment, J'ai mis mon ve/o et il s’abstiendra. Le convoi est pour demain samedi, dit-on. Le discours sera prononcé par M. Crémieux, ami des Félix et juif comme eux.

Hier, parmi les convives de Jules Janin, il y avait un jeune homme qui s'occupe de diamants, de perles précieuses, et qui s'y connaît à merveille. Il appartient à l’une des premières maisons de Paris en ce genre de commerce. Voici une petite histoire assez piquante :

La princesse Mathilde a un collier de perles de la plus grande beauté et d’un prix énorme, Une dame de la haute société se mit en tête d’en avoir un pareil, mais impossible de trouver des perles de cette taille et de

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