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M°° RISTORI

cette qualité. Alors que fit-elle? On lui fabriqua des perles fausses, si bien imitées qu'il y avait à s’y méprendre. On mit à ce collier, qui valait bien trois à quatre cents francs, un fermoir où 1l y avait pour six mille francs de diamants. Ce collier fit un tel effet, 1l écrasa si bien celui de la princesse Mathilde qu’elle n’a jamais voulu porter le sien.

Les faux diamants, les fausses perles et les fausses turquoises sont chose commune dans le plus grand monde. Tout récemment, une grande dame est morte, et l’on évaluait ses diamants à 500,000 francs. L’estimation a prouvé qu'il y en avait pour 35,000 au plus. Un monsieur qui allait épouser une riche héritière veut faire remonter une parure de saphirs. Il se trouve que, sur vingt pierres, il y en a dix-huit de fausses, et le mariage se rompt à cause de cela. C’est très amusant à écouter ces histoires de floueries; la vanité de beaucoup de gens s'accommode à merveille de ces erreurs volontaires, destinées à jeter de la poudre aux yeux.

Samedi, Jai diné avec les époux Jules Janin, qui avaient assisté à la représentation de l'Opéra. Il est assez singulier que cette tentative d’assassinat contre l'empereur ait eu lieu justement lorsque celui-ci allait voir Mme Rüistori dans Marie Stuart. Déjà une fois, pareil crime a été commis dans des circonstances analogues. On donnait un acte de /a Muette, pièce où est figurée une révolution, dans laquelle Masaniello, le démocrate, triomphe; puis un acte de Guillaume Tell, où le héros libérateur de la Suisse tue le tyran Gessler; enfin, Marie Stuart, où une reine est décapitée, et, pour clôturer, le ballet de Gysfave, où ce roi est assassiné au milieu des masques. Voilà une soirée caractéristique, destinée à des événements tragiques. En effet, avant le lever du rideau, un horrible massacre ensanglanta le seuil du théâtre.

68 JOURNAL DU D' P. MÉNIÈRE

Le)

22 janvier 1858.

À propos de l'attentat Orsini, qui a eu lieu le 1 M. Pasquier m’a fait lire une note qu'il a fait rédiger d'après des documents certains. La machine infernale de la rue Saint-Nicaise, dirigée contre le premier consul, tua vingt-deux personnes et en blessa une trentaine. On releva après l'attentat Fieschi seize morts et une vingtaine de blessés. Le nombre des victimes du 14 janvier dépasse de beaucoup ces chiffres. Il faut décidément craindre les sociétés secrètes. Nombreuses et fortement organisées, elles sont à peu près insaïsissables, car elles n'écrivent rien, n’ont ni Journaux mi réunions, les fractions dont elles se composent sont indépendantes les unes des autres, elles ne se connaissent pas et obéissent aveuglément. En voici la preuve.

Lors des dernières élections, quand le parti démocratique voulait faire un essai d'opposition, on mit en avant le général Cavaignac, Goudchaux, Carnot et quelques autres. Mais ces messieurs n'étaient pas assez avancés, assez purs, pour obtenir les suffrages des démocrates. Cependant, comme ce pis-aller était quelque chose, les chefs de la bande demandèrent aux meneurs des élections combien il leur fallait de voix pour assurer une élection de nuance républicaine : 1,200 voix pour celui-ci, 1,500 pour celui-là... et ce fut fait très exactement. Les chefs de la Marianne sont sûrs de leurs hommes; ils les font manœuvrer et voter comme il leur convient, et, à un moment donné, cette armée agira énergiquement. Il est certain que la Marianne a fait des progrès immenses en province. Un des députés de Louis-Philippe, M. Piscatory, disait à M. le chancelier que la Marianne comptait de nombreux affiliés même dans la Vendée. Il est certain que l'Anjou en est in-

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