M. DE TALLEYRAND
fût daté du jour où il avait fait sa dernière lecture à l'Institut, indiquant par là que cette pièce avait été rédigée par lui en pleine €onnaissance de cause et lorsqu'il jouissait de toute l'étendue de ses facultés intellectuelles. Ainsi, nul doute que M. de Talleyrand ne soit mort dans les formes régulières, réconcilié avec l'Eglise, obéissant à sa loi, tout à fait orthodoxe.
S'il y a eu simplement comédie, comme on l’a dit, le secret s’en trouve entre Dieu et le mourant; on a pu supposer que cela n'était que le respect des formes, une obéissance de bon goût, une sorte de consolation donnée à son entourage; mais rien de positif n’autorise cette manière de voir. M. Cruveilhier est convaincu que l'acte a été sincère. M. Mignet croit que le Prince est mort voltairien, déiste pur, entièrement hostile au catholicisme, mais décidé à subir la loi romaine pour éviter un scandale inutile.
Après cette cérémonie, le malade s’affaiblit de plus en plus; on crut qu'il ne passerait pas la nuit. Un de ses amis, M. le comte de Montron, alla voir le roi Louis- Philippe afin de solliciter un acte de sa bienveillance en faveur du mourant. En effet, le lendemain, on sut que le roi allait venir. Le Prince se fit placer sur le bord de son lit, se fit ajuster la tête, arranger la coiffure et veilla à tout ce que réclamait cette visite. Il dit à son valet de chambre : «Quand le Roi entrera chez moi, vous ouvrirez les deux battants et vous direz à très haute voix : «Le Roi!» Cela fut fait ainsi qu'il l'avait prescrit et, quand Louis-Philippe se fut appreché de lui, M. de Talleyrand lui dit : «Sire, c’est un grand honneur pour ma maison, de recevoir Votre Majesté.» Le Roi lui exprima combien 1l était touché de le voir malade, qu'il fallait espérer une amélioration, etc. M. de Talleyrand présenta au Roi M. Cruveilhier en lui disant combien il devait à ses soins et à son amitié. Le Roi ne resta que quelques minutes.
Madame Adélaïde venait tous les jours. Le Prince et cette princesse étaient en relation constante; il ne se passait pas de jour qu'ils ne s’écrivissent des billets. M. de Talleyrand les écrivait lui-même quelquefois, le plus souvent il les dictait à un secrétaire, enfin souvent aussi 1l abandonnait le soin de leur rédaction à un de ses familiers qui lui a ainsi prêté une grande partie de l'esprit qui a fait la réputation du Prince.
M. Cruveilhier a vu la jambe de M. de Talleyrand; il n’a pas reconnu la trace de la morsure, cause prétendue de son infirmité. Le pied était petit, froid, atrophié, comme on dit, c’est-à-dire beaucoup moins développé que l’autre; mais l’autre pied lui-même n'était pas réoœulièrement conformé. Une personne qui a bien connu le personnage a prétendu qu'il était né infirme, que c'était un défaut d'organisation, et que l’histoire du porc (1) n’est qu'un moyen d’excuser une imperfection congénitale regardée comme honteuse.
M. de Talleyrand était très bon pour ses domestiques; il n’en changeait jamais; ils ont fait leur fortune avec lui. Il découpait le rôti à table, servait luimême certains morceaux, les envoyait avec désignation spéciale; 1l envoyait aussi du vin.
D'une politesse exquise, 1l aimait les belles manières. Souvent 1l déconcertait les gens prétentieux. Il demanda un jour à un grand seigneur : « Aimez-vous les haricots? — Je fais peu d'attention à ce que je mange, dit l’autre — Vous avez tort, monsieur : il faut toujours faire attention à ce que l’on mange et à ce que l'on dit.»
(1) On avait raconté, en effet, qu’un jour, abandonné dans une chambre basse, un porc entré dans cette pièce lui avait mordu un pied grièvement, et que ce pied en était resté petit, difforme et sans vigueur, [ y a en toute chose un petit coin où se niche l’amourpropre. (PNA
NI Te NA e
Cal
béta rat dl. ét int
éolien aromates Pc int id tant asie bia dl. “dé ne dde Cu
mine ui és à fé, jé de So