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M. MIGNET — WASHINGTON

sition; il se mettait dans des colères bleues contre /e National, la Réforme, mais il les lisait tous les matins. M. le comte Molé, quand :il était chef du ministère, était surtout jaloux de ceux de ses collègues dont on faisait l'éloge, il souffrait du mal qu’on disait de lui, mais bien plus encore des compliments qu'on adressait aux autres ministres M. Thiers a toujours montré beaucoup d’indifférence à cet égard, 1l fait peu de cas des articles de journaux. Il a été journaliste lui-même et sait ce que cela vaut. Je n'ai pas de détails sur les ministres actuels. Je me rappelle fort bien que Mme la duchesse de Berry, enfermée à Blaye, se fâchait quand on voulait lui soustraire un Journal contenant un article hostile.

M. Mignet est un causeur charmant. On a parlé de la comète qu'on annonce être celle de Charles-Quint, mais elle ne parut qu’un an après la mort de ce personnage. M. Mignet a fait un livre très intéressant sur la retraite et l’abdication de ce roi, et il a pu rectiñer bien des erreurs commises par les historiens qui visent trop à la légende. Il y a, je crois, deux cent quatrevingt-dix ans que Charles-Quint est mort.

On a beaucoup parlé de Washington à propos de la guerre qui éclate entre les Etats d'Amérique. Ce personnage a laissé une sorte de testament politique dans lequel 1l donne des conseils à ses compatriotes. On a dit de lui qu'il s'était montré grand dans la guerre, grand dans la paix et grand dans le cœur de tous les citoyens. Son histoire a été publiée d’après des documents authentiques. Par malheur, le grand Washinston a eu de faibles successeurs, l’œuvre constituée par son génie périclite aujourd'hui parce que les hommes ne sont que rarement animés d’un sentiment pur, et que le vrai patriotisme ne se rencontre guère deux fois au degré où on l’a vu chez le fondateur des Etats-Unis d'Amérique.

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