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458 JOURNAL DU D" P. MÉNIÈRE

9 août 1861 :

M. Thiers, qui a réellement échappé à un grand danger l’autre jour à Dieppe et qui, certainement, ne se hasardera plus dans une campagne maritime, M. Thiers a terminé son grand ouvrage sur Napoléon I‘ et l’Empire. Le 12 de ce mois paraîtra le dernier volume de cet immense travail. Mais M. le chancelier jouit -de certains privilèges tout à fait exclusifs. Ainsi 1l a reçu ce volume qui traite des Cent-Jours et de la clôture du grand drame impérial, 1l se l’est fait lire presque tout entier, et hier soir, l’illustre vieillard a fait sa rentrée dans son salon. L’indisposition très sérieuse qu'il a éprouvée dernièrement le retenait dans sa chambre ou dans son cabinet de l’entresol; ses convives descendaient auprès de lui après le dîner et Ja soirée se passait en conversations toujours attrayantes. Elier, M. Mignet, M. de Peyramont et moi, nous étions les invités; trois autres personnes qui sont plus spécialement de la maison complétaient le nombre accoutumé. Mais vers la fin du repas, nous avons entendu le chancelier toussant près de nous, et en effet, au sortir de table, nous l’avons trouvé installé dans son fauteuil. Nous avons fêté ce retour aux habitudes et la conversation n'a pas tari. Tout naturellement l'ouvrage de M. Thiers est venu sur le tapis.

Nous avons écouté M. Pasquier nous dire son opimon sur ce livre. «Il y a bien des choses sur lesquelles nous ne pouvons pas être tout à fait d'accord. J'ai pris une part active à des actes dont il a seulement lu le récit, et de là des différences notables, mais on peut dire que son travail est bon, bien fait, plein de mou-

vement, de vie et d'intérêt. — Quand l’empereur revint

de l’île d'Elbe, le premier échec qu’il éprouva, ce fut la difficulté de constituer un ministère. Chacun refusait

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