GÉNÉRAL DUPONT — M" DE CHOISEUL
chose en longueur, si bien que les événements marchant, la guerre avec la Russie entamée, 1l fallut re- » noncer à ce procès et le coupable échappa. M. Thiers ne parviendra jamais à effacer cette action que tous, les hommes du métier ont jugée de la même manière. . — J'ai vu le général Dupont seulement à l’époque où il à été nommé député. Il n’a jamais dit un mot à la Chambre; je le vois encore d'ici, seul, à sa place, sans que personne lui parle, dans un isolement très signif- - Catif. Et plus tard, lorsque l'expédition d'Alger fut - décidée, Bourmont, alors ministre de la guerre, voulut & . la commander : 1l lui fallait cela pour devenir maréchal de France; le ministère de la guerre était conduit par intérim par un jeune homme, de Champagny, sous le haut patronage du duc d'Angoulême. On songea alors à nommer ministre le général Dupont, et 1l arriva que les affaires du 27 juillet se déclarèrent tout à coup. L'armée de Paris ne se composait que de 7 ou . 8,0:0 hommes effectifs, et quand Marmont fut chargé de soutenir la lutte, il trouva que tout avait été néghgé. Singulière aberration du pouvoir! On tentait un coup violent sans aucune précaution prise, sans garantie contre la révolte. Et voilà comme les monarchies disparaissent! » |
4 septembre 1861.
ë Mme de Choiseul était bonne, charitable. Elle ren- . contra un jour à Chanteloup, au temps de ses prospé- . nités, un petit paysan.qui travaillait pour les maçons 4 et les cantonniers. Il portait des cailloux dans un >» parmier. La dame prit intérêt à cet enfant, elle lui de- - manda s’il désirait quelque chose. « Je désire un âne, madame la duchesse; si j'avais un âne, ma fortune serait faite.» Elle lui acheta donc un âne. Trente ans plus tard, alors que la duchesse ruinée ne possédait que
462 JOURNAL DU D' P. MÉÊNIÈRE
quelques mille livres de rentes et vivait dans un petit appartement du faubourg Saint-Germain, elle reçut la visite d’une sorte de gros homme qui lui dit, les larmes aux yeux : « Ne reconnaissez-vous donc pas petit Pierre? — Non. — Petit Pierre à qui vous avez donné
un âne? — C’est possible, mais je ne me souviens pas.
— Eh bien, madame la duchesse, je suis petit Pierre. J'ai fait fortune; si vous voulez bien l’accepter, cette fortune est à vous. » Le trait est joli, et M. Pasquier, qui le tenait de la duchesse elle-même, l’a parfaitement raconté.
12 septembre 1851.
Lundi dernier, O septembre, je dînais chez M. Pasquier en assez nombreuse compagnie. Il m'avait donné la bonne place à sa gauche, le diner a été fort gai e: la soirée ne l’a pas été moins. C'est merveille de voir et d'entendre un homme de quatre-vingt-quinze ans,
demi-sourd et aveugle, tenir une si belle place à table :
et dans un salon, 1lluminer tout sujet de conversation par des jugements sans appel, plaisanter avec les Jeunes, argumenter solidement contre les hommes mûrs qui soutiennent des opinions dont 1l ne s’accommode pas. Comme on revenait toujours sur le fameux dixneuvième volume de M. Thiers, à qui l’on reprochait un peu trop d'enthousiasme pour Napoléon I*, M. le chancelier a dit : « Vous avez tort de parler ainsi. M. Thiers subit tout naturellement l'influence de l’homme dont il écrit l’histoire. Il ne l'a pas vu, tout ce qu'il en dit est puisé dans des documents historiques, remplis de louanges enthousiastes ou de critiques passionnées. Personne n’a parlé froidement de Napoléon. C'était, tout le monde en convient, un homme extracrdinaire. Il à fait des choses merveilleuses, son génie
s'est révélé en mille occasions; comment voulez-vous .
bre D 7
hs ” futile és d a Na: és,
où 1 fade A Mr té ire Es LR né à