‹ Journal du docteur Prosper MénièreChapitre 21 sur 170 · PRINCE DE JOINVILLE · texte numérisé non relu

PRINCE DE JOINVILLE

Joinville. Tout cela paraît exact. Et alors quelle est cette conduite de la branche cadette? Le prince veut bien accepter les bénéfices éventuels de cette candidature, mais il ne veut pas prendre un parti; 1l ne blâme pas ceux qui agissent sans sa permission, 1l ne veut pas approuver ces démarches; 1l se tient en l’air au milieu de ces deux aimants, oscillant de l’un à l’autre, jusqu’au moment où le hasard décidera; et alors tant mieux s1 la chance est bonne. Est-ce donc là de la politique? Entrevoyez-vous là-bas, à Claremont, un homme énergique capable de nous dominer pendant quelques années ? Pour moi, je ne vois rien que des infirmes, des languissants à qui pèse l'exil, mais qui comptent avant tout sur l'intervention en leur faveur de cette main providentielle qui conduit la maison de France. Von laborent neque nent : 11s ne travaillent ni ne filent. Les lys de Bourbon savent que le ciel fait leurs affaires, et cette douce persuasion leur interdit toute action spontanée. Hélas! hélas! Je flaire la poudre. Mon optimisme subit un échec et le temps n’est pas loin où Paris va sauter comme les agneaux des brebis.

On parle beaucoup des élections de la nouvelle Assemblée législative qui1se feront avant le mois de maï. Si l’Assemblée, à son retour des vacances, prend une mesure rigoureuse, ce sera peut-être le signal de la grande farandole démocratique et sociale, et alors tant mieux pour ceux qui ne seront pas forcés d'entrer en danse.

8 septembre 1851.

Continuation du journal d'un homme de lettres qui veut s'asseoir dans le fauteuil de M. Dupaty.

Après cette Journée mémorable où deux anciens présidents du conseil venaient de montrer dans tout son

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