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LE C® FLEURY — M. DE PERSIGNY

devant les citoyens du gouvernement provisoire en permanence. On voulait le fusiller comme ennemi du peuple, mais 1l se tira d’affaire par sa fermeté et sa présence d'esprit. Quelques mois après, il se remaria avec Mile de X..., sœur de la femme de son frère, puis il partit de nouveau pour l'Afrique, emmenant avec lui sa jeune femme, qui ne l’a Jamais quitté depuis. Il n’a pas eu d'enfant de ce second mariage.

Vint plus tard l'expédition de la petite Kabylie, dont 1l eut le commandement en chef, et qui fournit une preuve nouvelle de sa prudence comme général, de sa bravoure, enfin de ses qualités militaires. Tout cela le désignait bien comme un homme habile, un général capable de grandes choses, mais il fallait une circonstance particulière pour le rapprocher du chef de l'Etat, pour mettre en relief les qualités de son esprit, pour lui ouvrir enfin la voie des honneurs et de la fortune.

Le prince Louis-Napoléon, lorsqu'il vivait à Londres, avait pour ami M. Fleury, jeune imprudent qui avait cherché là un refuge contre des créanciers trop exigeants. Ce jeune prodigue s’attacha moins à la fortune qu'à la personne du prince, différent en cela de M. de Persigny, qui, dit-on, aimait moins le prince que sa fortune, son nom, son étoile; qui avait plus de confiance dans l'avenir du neveu de Napoléon que ce neveu n’en avait eu lui-même. M. Fleury, qui fut un homme parfait, vint en France avec Louis-Napoléon; il fut son aide de camp inséparable, avec une abnégation complète, et quand la présidence fut décernée au prince, il songea à rentrer dans l’armée. Il alla en Algérie, fut incorporé dans les spahis; 1l se trouva sous le commandement de Saint-Arnaud. Celui-ci découvrit bientôt dans le jeune soldat les indices d’un avenir brillant; il le poussa, le mit en mesure de se faire valoir. M. Fleury monta en grade, et bientôt revint à Paris auprès de son patron.

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Arrivèrent les folies du Parlement, les violences de l'opposition; il fallait arrêter la catastrophe qui était menaçante, il fallait avoir près du maître futur un homme dévoué, actif, intelligent, et ce fut alors que M. Fleury conseilla au prince de se confier à Saint- Arnaud. Celui-ci fut mandé à Paris, où un commandement lui était offert; mais ce poste était loin de valoir ce que Saint-Arnaud laissait en Algérie, aussi se fit-1l prier pour quitter l'Afrique Enfin il vint, le prince apprécia les mérites du général, il s’ouvrit à lui, lui confia un poste plus relevé, le nomma ministre de la guerre, et bientôt le personnage placé à ces hauteurs donna la mesure de ce qu'il valait. Il se distingua à la tribune, déploya une prodigieuse activité dans la réorcanisation de l’armée, introduisit de nombreux changements dans le service et montra son aptitude au travail administratif.

Bien secondé par le colonel Trochu, l’ancien aide de camp du maréchal Bugeaud, il porta dans toutes les branches du ministère de la guerre des lumières nouvelles, et l’on s'étonna de voir sortir tout à coup de ses bureaux des mesures que les plus expérimentés n'avaient pas osé prendre. Enhn, éclata le 2 Décembre, œuvre hardie, où 1l fallait une tête pour penser, un bras pour agir, et où, par aventure, se rencontrèrent pour cela deux hommes ayant une parfaite analogie de caractère. Aussi le succès fut-1} complet et la récompense aussi Saint-Arnaud fut nommé maréchal de France; sa fortune politique, jusque-là si précaire, fut désormais assise sur une base solide, et nous avons vu qu'il sut conserver dans cette position si brillante toute la bonté de son cœur, tout le souvenir de ses anciennes camaraderies. |

L'expédition d'Orient ne pouvait avoir un chef plus habile; ce poste au danger lui revenait de droit; il partit, organisa cette immense armée et débarqua en

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