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COMRÉIDOUCHATEL’TS LES BERTIN

époque où MM. Bertin soutenaient le gouvernement du roi Louis-Philippe. Ces messieurs ont contraint M. Guizot lui-même à faire des choses qui lui déplaisaient. À quel titre les Débats en agissaient-ils de cette façon souveraine avec des £ens aussi haut placés? On a beaucoup parlé là-dessus.

Les subventions accordées à la presse, et qui constituaient un des principaux griefs de l'opposition contre les ministres, ces subventions sont-elles un fait certain, patent et qui, en dépit des dénégations du ministère, doive être accepté comme chose réelle? Une personne en qui Jai pleine confiance me disait hier avoir eu avec M. le comte Duchâtel un entretien particulier à ce sujet. Voici les propres paroles du ministre : «Il y avait un arrangement pris entre nous et les Débats, une allocation régulière convenue, sorte d’indemnité en raison des services rendus, et c'était de toute justice; car ce journal, en nous soutenant, courait par là même certains risques dont nous lui devions la compensation. Ce n'était pas une faveur, mais bien une sorte de remboursement pour ses avances, ses frais, son appui. Je dois ajouter qu'en dehors de ce marché régulier, les Bertin ne voulaient rien accepter. Ainsi, un Jour, devant quitter le ministère, et ne voulant pas laisser à mon successeur des fonds secrets qu’il eût employés à mon détriment, je trouvai dans ma caisse cent vingt mille francs, et je priai les Bertin de les accepter. Ils refusèrent obstinément. Bien d’autres n’auraient pas eu les mêmes scrupules. »

6 février 1856.

Voici un chapitre d’histoire contemporaine. J'ai souvent parlé des magistrats et même de la magistrature. Cette grande institution et son personnel jouent un rôle considérable dans les affaires de notre temps. Sous la

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Restauration, puis à l'avènement de la branche cadette, les avocats et les juges ont pris une part active à tout ce qui se rattachait au gouvernement, non seulement dans les Chambres, mais au ministère, et les critiques ont pu se moquer de notre époque en constatant que les robes noires nous avaient envahis. On se rend assez bien compte de l'importance que peuvent conquérir des hommes connaissant les lois, habitués aux luttes de la parole, sachant soutenir par une argumentation pressante le pour et le contre, et l’on s'explique leur prépondérance sous un régime de discussion, quand les affaires les plus secrètes, les plus délicates, devaient paraître au grand jour et subir l'épreuve d'une pubhcité dangereuse. Or, nous ne sommes pas encore débarrassés de cette queue du Palais. Les praticiens du Code n'ont pas renoncé à cette prépondérancæ qui les fattait et dont ils tiraient si bon parti. Si M. de Morny dirige le Corps législatif, M. Troplong préside le Sénat, M. Billault est à l'intérieur, M. Baroche au Conseil d'Etat, et il ne serait pas difficile de montrer des gens de robe dans bien des postes de grande valeur, C'est la conséquence nécessaire du régime parlementaire, et si M. Roulland devient ministre, ce sera un nouvel exemple de cette élévation des avocats aux grandes charges de l'Etat.

On dit que certaine société secrète, la Marianne, a pris un développement formidable. Il s'agit de l'attaquer, et M. Roulland, qui a le croc dur, conviendrait bien à cette dure besogne. Nous verrons

Il y a des présidents qui ont beaucoup d'esprit. Exemple : à une séance de cour d'assises, le président dit au public : «Vous ne connaissez peut-être pas l'affaire que nous avons à juger. Elle est d'une nature telle que j'invite toutes les honnêtes femmes à se retirer.» Personne n'ayant bougé, le président dit en souriant : «Les femmes honnêtes s'étant retirées, huissier,

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