‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862 (volume 2)Chapitre 102 sur 206 · Le 23 juin, on a représenté à Vienne la tragédie de · texte numérisé non relu

Le 23 juin, on a représenté à Vienne la tragédie de

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Charlotte Cordaij de M. Ponsard; la salle était comble. Au moment où Marat débite sur la scène de dégoûtantes théories contre la bourgeoisie, une trentaine d'individus du parterre ont applaudi à outrance. La famille de M. Ponsard, originaire de Vienne, a l'ait des démarches auprès du directeur du théâtre, afin qu'une seconde représentation annoncée pour le 27 n'eût pas lieu. J'ai donné l'ordre au colonel de Planhol, qui commande l'état de siège à Vienne, de réprimer vigoureusement toute tentative de désordre, s'il s'en manifestait.

L'esprit s'améliore; l'état de siège est regardé comme un bienfait par tous les amis de Tordre. Le commerce a repris tout son essor; la levée de l'état de siège serait regardée comme une calamité, et avec raison. Bientôt après la liberté de paraître laissée aux journaux rouges, on se verrait dans la nécessité de rétablir l'état de siège, ce qui serait beaucoup plus difficile que de le continuer. Il ne gêne personne; sa levée encouragerait les rouges et jetterait l'abattement parmi les conservateurs.

28. — Un concile va s'ouvrir; il se tiendra aux Chartreux Le cardinal de Donald, MM. les évèques d'Autun, de Langre^ de Dijon devaient venir hier chez moi. Je leur avais fait^dire de ne pas prendre cette peine, que je serais à la campagne et que jurais les prendre aujourd'hui chez eux. ce que j'ai fait Pendant ce temps-là ils sont venus chez moi, de sorte que nous nous sommes croisés. Je n'ai trouvé aux Chartreux que archevêque d'Auch, Mgr de la Croisette, qui est très bien, et

I archevêque inpartibus, coadjuteur de celui de Toulouse, grand gaillard qui a été autrefois supérieur du séminaire des Chartreux à Lyon: il est de cette ville, qui fournit beaucoup de prélats.

On m'a invité à visiter le collège, où il y a 123 élèves-

II est dirigé par des prêtres et très bien tenu. Tous les élèves' a mon entrée dans la cour, ont battu des mains; les applaudissements ont redoublé à deux reprises, lorsque, souillé par le supérieur, j'ai obtenu de lui la levée de toutes les punitions et la prolongation de la récréation jusqu'à huit heures du soir Lors de ma sortie des Chartreux, ils étaient rangés en haie

dans rallée, et on leur a fait crier : « Vive le général Castel-

lanel » , • j

29 — Le prince de Lobanow, officier général au service de

Russie, est arrivé à Lyon; il est venu me rendre visite. C'est un srand et bel homme de trente-cinq à quarante ans. J ai rendu visite à sa femme, fille du maréchal Paskiewitch; elle est petite, a du Kalmouck dans le visage, mais elle a de l'expression dans les yeux. .

I'^ juillet. — Voici une lettre qu'on m'a envoyée de Pans,

du 22 juin :

« Il est important de vous faire connaître une chose qui ne peut vous être mandée que par occasion : c'est la position de Changarnieret du Président. Ils'.sont fort mal ensemble; mais, comme il faut rendre justice à qui de droit, il faut dire que le général d'Hautpoul en est à peu près seul la cause. Quoique connaissant ses mauvaises qualités, le Président se laisse monter la tète par lui, si bien même qu'il y a quinze jours la destitution de Changarnier a été signée pendant vingt-quatre heures, et son remplaçant était Baraguay d'HiUiers. C'est à ne pa< croire, mais c'est positif. Après cette affaire-là. il y a eu grand replâtrage, amitiés, etc.; mais les haines s'en sont accrues, comme bien vous pensez.

« Changarnier, tout en faisant son fendant, est un peu . battu « de l'oiseau », et, à mon avis, son étoile pâlit. Tout cela bien entre nous. Je le crois très en intrigue orléaniste et surtout

régence.

« Quant au Président, son affaire des trois millions ne va pa^ trop bien, et il n'est rien moins que sûr qu'il l'obtienne, au moins comme argent annuel. Un parti dans la Chambre veut qu'on les lui donne, en disant que c'est pour payer ses dettes, ce qu'il dit ne vouloir pas accepter: une partie ne veut les lu accorder que pour un an, comme frais d'installation ; un nombre assez considérable enfin ne voudrait les accorder qu â la condition que dllautpoul et Rouher sortiraient du ministère.

A cela le Président résiste de toutes ses forces. Ce qu il y a de sûr, c'est que le Président a pour le !•' juillet 1,400.000 francs de billets à échéance. »

CIIAPIIHE Vm. - J, ,u.I.;-, ,,50 23:

rite! tÏiv-rr' "^""''■"'" "" """"' ''"■^ P"-'-'?-'- «"tontes. L année du p„nce et de la princesse Lobanow fait que J y ai ajouté des dames. ^^

Autre lettre de Paris du 27 juin •

.La discussion des trois millions pour le Président a tourn,'.

ours de Changarn.er que vous aurez lu dans les journaux La Chambre neta,t en rien disposée à accorder ce crédir'i on I eût laissée voter sans l'innuencer, elle l'aurait refusé m refus aurait évidemment amené une crise; cette cr 'e Ch n

pas voulu? \o.la ce qu'on ne sait pas; mais son discours en faisant voter les trois millions, a empêché qu'elle n'arrive Changarn.er, comme vous le savez, était fort mal avec le Z' s dent ; cette action les a rapprochés, et ils sont au plus tendre est... . ,i,,.,i3 ,^ p^,„.^^ ^^. ,^ ^^^^ leur Ir ; reste absolument le même, et il me semble clair quel pr^ m.ere occasion qui se présentera pour ,5ter à Changa n l son commandement sera avidement saisie par le Président

. Lne des choses qui ont le plus indisposé le Président

contre Changarnier, c'est que dans ses ordres du jou iÎ ne

Pcirle jamais de lui. . •' "®

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