‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862 (volume 2)Chapitre 103 sur 206 · Je suis parti à dix heures et demie par le chemin do · texte numérisé non relu

Je suis parti à dix heures et demie par le chemin do

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pendant la nuit, pour savoir si l'on crierait, et on s'était .éo.ré

sans nen décider. Toute la population était dehor es b.l

cons étaient garnis; on ne me saluait pas auta t u'à Lon

ma > cependan Unie partie de la population se découvraU

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rrordre : r.V- 1™'' '''''"'' ""-''''^l"^^ «' »^'* -' faveur ae 1 cidre ont été bien accueillis.

J'ai ensuite passé la revue des troupes et je suis rentré i 'Wtel de ville. Le petit préfet Rousset. qui „a ."n d'I

distingué ni dans la tournure ni dans les manières, et qui est maintenant d'autant plus décidé pour Tordre qu'il n'avait pas été envoyé dans ce sens par M. Dufaure et qu'il veut conserver sa position, a tout à fait manqué de tact en me présentant le conseil municipal. Il m'a désigné une partie des membres comme faisant de l'opposition à l'ordre, de sorte que j'en étais moi-même embarrassé; il s'était embarbouiUé dans son discours et ne pouvait plus en sortir. Dans ma réponse, tout en parlant dans le sens de l'ordre, j'ai arrangé la chose pour ne choquer personne, avec les mots vagues de bons Français et autres.

Cinquante-cinq convives étaient réunis à l'hùtel de ville pour un banquet que m'avait voté le conseil municipal; il y a eu douze opposants rouges qui ont donné leur démission à cette occasion, et on ^'en réjouit.

On a annoncé au maire qu'il était servi; un membre du conseil municipal lui a dit : « Offrez donc votre bras au général! » Là-dessus, il m'a fallu prendre son bras comme si j'étais une femme. Il n'y avait pas de soupe; sauf cela, le repas était fort bien. A la fin du repas, le maire a porté un toast en mon honneur et a lu un petit discours rempli déloges de moi, ce qui probablement avait été délibéré; comme pas un mot n'avait été dit du Président de la République, j'ai cru devoir rappeler que je tenais de lui mes pouvoirs. Après le festin, il m'a fallu, pour le bras de M. le maire provisoire, rejouer le rôle de femme en retournant au salon. On a causé jusqu'à dix heures du soir.

5. Je suis parti de Saint-Étienne par le convoi de deux heures de l'après-midi, et je suis arrivé à Saint-Chamond à deux heures et demie. Le maire. M. Neyron, m'attendait au débarcadère avec M. Richard, riche négociant, possédant deux millions, âgé de quatre-vingt-huit ans.

J'ai passé la revue des troupes. Après le défilé, je me suis rendu à l'hùtel de ville, où j'ai reçu les diverses autorités. nous avons fait un bon échange de discours.

On est pieux et bienfaisant à Saint-Chamond. A Bordeaux, un négociant gagne quatre-vingt mille francs, il les dépense.

CIlAPirni- VIII. - JUILLET 1850. 239

A Lyon et dans ce pays, il gagne et accumule; aussi les fortunes sont plus grosses, plus solides.

0. - Je suis parti à six heures et quart de Saint-Chamond avec le préfet de la Loire, Housset. Je me suis arrêté deux heures a Hive-de-Gier.

A quatre heures et demie j'étais à Lyon; je me suis promené a Bellecour un moment.

i5. - Les journaux parlent toujours des dissentiments qui existent entre le général d'IIautpoul et le général Changarnier; le premier reste toujours, parce que le prince Louis- Napoleon le soutient.

SO. - Je suis parti de Lyon à trois heures de l'aprè-midije SUIS arrivé à six heures à la Chassagne, château de la comtesse de Laurencin. Il est fort beau, et la vue sur la Saône est remarquable. J'ai été très bien reçu par .Mme de Laurencin ainsi que par le marquis et la marquise de .Mortemart, son gendre et sa fille.

Mh!/' ~ /'"' *^'" ^ '"^ "''''' ^ '^ Chassagne avec la famille Mortemart; j en SUIS parti pour arriver à Trévoux à onze heures A deux kilomètres de la ville, j'ai trouvé le préfet de l'Un' M. de Lapeyrouse, la brigade de gendarmerie et la compagnie ues pompiers. f o ^

Je suis monté à cheval avec la brigade de gendarmerie, et au mi leu de la compagnie des pompiers, suivi des autorités a pied j a. traversé la ville pour me rendre chez M. Smith^ conseiller à la cour de Lyon, chez lequel je suis logé. La ville est pavoisée de drapeaux tricolores; j'ai été très bien reçu

pretet et les autres autorités, clergé, etc.

-Nous sommes partis avec le même cérémonial qu'à mon armée pour aller à la pose de la première pierre du pont: en ba elet, nous sommes parvenus à la culée du milieu, qui est deja fort avancée. On a placé la plaque, je l'ai scellée, et j'ai donne le coup de marteau sur la pierre qui la recouvrait

Z'. r '^P''^^ ^''°''' P"' *=°"S" "^e M- «t -^'"le Smith, jai quitte Trévoux à huit heures et demie du matin

•le suis arrivé à deux kilomètres de Bourg à une heure, au

260 JOURNAL DU MARÉCHAL DE CASTELLANE. lieu de deux, de sorte qu'il m'a fallu attendre chez un ancien cuisinier des pages de Louis XVIIL qui est retiré dans une petite maison avec sa femme et sa fille.

La population de Bourg était dehors; elle s'est portée avec empressement sur mon passage; j'ai été bien accueille II est remarquable que, depuis mon départ de Lyon, je n'ai pas encore entendu un cri de « Vive la République! » La République est tellement peu dans nos mœurs que ce cri n'est proféré que par ceux qui le considèrent comme synonyme de désordre; la masse des honnêtes gens le regarde comme séditieux.

Je suis descendu à la préfecture, où M. et Mme de Lapeyrouse m'ont reçu avec un grand empressement. J'ai reçu les différentes autorités; j"ai été ensuite passer la revue des troupes; le général Borrelli les a fait défiler devant moi.

03, __ Je suis parti à huit heures et demie de Bourg: le préfet, M. de Lapeyrouse, a voulu que je montasse dans sa calèche, et il m'a accompagné avec le général Borrelli jusqu'à la sortie de la ville; j'étais escorté par un peloton de guides; à hauteur de l'église de Brou, nous avons échangé nos adieux, et je suis monté dans ma voiture.

A Pont d'Ain et à Cerdon, j'ai trouvé les brigades de gendarmerie en avant et à cheval. En sortant de cette dernière localité, on entre dans les montagnes; je n'ai pu arriver à Nantua que vers deux heures. L'officier de gendarmerie était à un kilomètre, avec sa troupe sur les bords du lac; il m'avait amené un cheval. J'ai trouvé à l'entrée de la ville le souspréfet et le maire qui nvont harangué; je leur ai répondu. J. me suis rendu à la sous-préfecture, où le tribunal en robe est venu me faire sa visite. Je leur ai fait un discours dans lequel j'ai insisté sur la nécessité d'agir vigoureusement; à mon grand étonnement, le juge d'instruction m"a demandé alors de faire mettre en liberté trois individus qui, après que lo maire eut fait couper larbre de la liberté, avaient voulu en replanter un autre, et avaient affiché un placard contre le maire. Il m*a raconté qu'ils étaient pères de famille, etc. Je lui ai vertement répliqué; j'ai dit que je n'étais point Prési

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