CHAPITRE VFII. - SEPTEMBRE
7. —J'ai quitté Roanne à neuf heures du matin; arrivé à deux heures à Montbrison, je me suis trouvé sur une autre route que celle où s'étaient placées les troupes et les autorités. Il s'est passé trois quarts d'heure avant que je pusse avoir la gendarmerie et un cheval; alors j'ai été les rejoindre. A l'entrée de la ville, le maire, à la tête de la municipalité et des fidèles pompiers, m'a harangué; je lui ai répondu.
Je suis remonté à cheval, je me suis rendu à la préfecture en suivant les boulevards; les troupes bordaient la haie. La population de Montbrison était certainement doublée; il n'y a pas eu un cri de : « Vive la République ! » chacun ôtait son chapeau. J'ai passé la revue des pompiers, des dépôts des 5- léger et 6» de ligne, visité l'hôpital, desservi par des Sœurs de Saint-Augustin, vu les casernes, la manutention; il était six heures lorsque je suis rentré à la préfecture.
8. — Je suis parti à dix heures un quart du matin et je suis arrivé à une heure et demie à Saint-Étienne. J'ai pris le chemin de fer à deux heures; à cinq heures j'étais à mon quartier général de Lyon, charmé de m'y retrouver après cinquante et un jours de voyage. J'y ai trouvé l'avis d'une tentative de révolte dans le canton de Loriol, où on a enlevé des prisonniers à des gendarmes; le général Lapène, au lieu d'agir comme il le devait, m'a consulté bravement sur le parti à prendre; je lui ai répondu qu'au lieu de consulter il fallait agir, et vigoureusement, et désarmer sur-le-champ les communes de ce canton.
ii.— J'ai été au théâtre, La troupe me paraît bonne: il y avait les danseuses viennoises; l'aspect de la salle, depuis que les officiers sont en uniforme, est beaucoup mieux.
21. — Les journaux parlent d'un rapprochement entre le général Ghangarnier et le général Lamoricière. Je n'en crois pa^ un mot; ils sont seulement mécontents tous deux du Président, à des titres différents. On a remarqué qu'au retour de Cherbourg du Président, le général Ghangarnier n'a pas été attendre le Président au débarcadère et y a LMivoyé seulement un aide de camp.