CHAPITRE X — JUILLET
étaient en opposition avec le gouvernement, et qu'il y aurait lâcheté pour moi à ne plus les voir. J'ai ajouté que je ne parlais pas pour le général Changarnier, qu'il avait été mon subordonné, que je ne serais pas embarrassé de le lui rappeler, le cas échéant.
J'ai terminé en disant que je n'avais plus que vingt mois à faire pour arriver à la retraite, et que je verrais tous les jours ma puissance décroître, tandis qu'à Lyon elle était bien établie. Le Président m'a dit qu'en me donnant le titre de général en chef il avait, lui comme le conseil, cru que cela me mettait à jamais sur le cadre. Je lui ai répondu qu'il était dans l'erreur; que, dans mon opinion, le commandant de l'armée de Paris devait être le ministre de la guerre, et que je le priais de m'autoriser à retourner à Lyon. Le Président m'a parlé de la difficulté d'un choix, puis il m'a dit : « Quand voulez-vous partir? — Demain au soir ». ai-je répliqué. — « Je désire vous voir encore demain matin. — Je viendrai, monseigneur, prendre vos ordres. » Il m"a donné la main, et nous nous sommes quittés fort bons amis.