CHAPITRE X. — AOUT
effraye par l'Angleterre, et obligea l'escadre anglaise à se retirer honteusement après avoir vainement essayé de franchir le Bosphore. Il reçut à cette occasion le grand cordon de la Légion d'honneur. Il fut blessé grièvement à la bataille d'Austerlitz, et nommé général de division sur le champ de bataille. Le 21 octobre 1840. il fut nommé maréchal do France.
Le maréchal Sébastiani, lorsque j'étais aide de camp de 31. de Narbonne, dans la retraite de Russie, m'a nourri pendant deux jours après le passage du Niémen. Je lui ai toujours conservé reconnaissance de cette action, qui était, à cette époque, un grand acte de générosité.
27. — Le général de division Guillabert est nommé à la 14" division (Nantes) en remplacement du général Gérard, qui par la loi de la limite d'âge a été forcé de prendre sa retraite. Le général Guillabert commandait la 2' division de l'armée de Paris et était bien établi à l'École militaire; aussi ce changement ne lui convient pas. Mais il a dû faire place au général de division Leroy de Saint-Arnaud, nouvellement promu à la suite de l'expédition de la Kabylie, et que le prince Louis-Napoléon tenait à avoir à Paris. Un des officiers d'ordonnance m'ayant dit, en parlant de M. de Saint-Arnaud, qu'il faudrait bien trouver moyen de faire une place à Paris pour cet olFicier général, je me suis douté que le général Levasseur ou le général Guillabert recevraient une autre destination.
5 août. — Le 2« conseil de guerre, pour le jugement du complot Gent, tient ses séances au Palais de justice, dans la salle des assises. Il est présidé par le colonel Couston, du 13" de ligne. Le capitaine Merle est commissaire du gouvernement.
Le Palais de justice est gardé par un bataillon du 38' de ligne et un escadron de cuirassiers. Trois ou quatre cents ouvriers étaient aux abords du Palais; ils n'ont fait aucune manifestation.
6'. — Chacune des quatre grandes sociétés secrètes , Charhonnlers, Vomcc>^, Hommes libres et Montagnards, a nommé une commission de trois membres pour se mettre en rapport avec la Commission de méfiance de l*aris.
7. — J'ai été fort étonné de lire, dans un récit de la séance d'hier donné par le Sahit public, que j'étais entré à quatre heures vingt dans la salle du second conseil de guerre. Il n'y a pas un mot de vrai. Je fais rectifier cette erreur. Je n'ai point été au second conseil de guerre. Je n'y mettrai pas les pieds; j'y trouverais ma présence peu convenable.
8. — Tous les magistrats sont d'accord pour louer la précision, la netteté, la fermeté, la politesse et l'à-propos avec lesquels le colonel Couston préside en ce moment le second conseil de guerre, dans le complot Gent.
13. — L'abbé Vincent, recteur, et le proviseur du collège, étaient venus m'inviter à la distribution des prix du lycée. Je n'ai pu y aller que vers la fin de la cérémonie, à deux heures de l'après-midi. La distribution avait lieu dans la cour du collège, sous de magnifiques arbres; il y avait une foule de dames. A mon entrée, j'ai été accablé d'applaudissements; toutes les femmes se sont levées. On m'a fait couronner plusieurs élèves. J'ai remarqué que quand un élève interne était proclamé, les internes seuls applaudissaient; à leur tour, les externes applaudissaient les leurs.
26. — M. le procureur Gilardin est très content de la manière dont les débats du procès Gent sont dirigés. Le colonel Couston avait vu autrefois Madier de Montjeau: il lui a donc adressé quelquefois la parole, pendant les suspensions d'audience. M. Madier de Montjeau lui a dit, l'autre jour, en ricanant : « Vous avez bien votre régiment dans la main, colonel, n'est-ce pas? Tenez-le bien, je vous y engage. » Probablement, M. Madier de Montjeau connaît les menées pratiquées dans le dépôt du 13* de ligne, à Valence.
28. — J'ai assisté à la distribution des prix de l'École des Beaux-Arts, qui est très importante pour Lyon, parce que c'est là que se forment tous les dessinateurs pour les dessins d'étoffes et autres. Ces dessinateurs sont en partie la cause de la supériorité de Lyon pour toutes les étoffes de soie historiées. On voulait d'abord me faire mettre sur le fauteuil du président, mais j'ai refusé. M. Réveil, maire de Lyon, a ouvert la séance par un discours dans lequel il a parlé avec amabilité