CHAPITRE X. — SEPTEMBRE dSol
des sommités militaires; enfin, une phrase à mon adresse. J'ai parlé à peu près en ces termes : « Monsieur le maire», je vous remercie des paroles que iMM. les ofliciers généraux de l'armée de Lyon et moi pouvons nous appliquer. Elles me sont précieuses. Vous avez, dans un excellent discours, fait ressortir les avantages d'une école qui a rendu de si grands services à Lyon et qui est appelée à lui en rendre de plus grands encore; vos paroles seront un grand encouragement pour les élèves. Je prendrai toujours un vif intérêt à tout ce qui touche à la prospérité lyonnaise; on me montre à Lyon une bienveillance dont je conserverai une reconnaissance qui ne finira qu'avec moi. » La salle du Musée est grande; elle était comble, il y avait beaucoup de femmes. Ces paroles prononcées avec force ont fait un grand effet; dès qu'elles ont été terminées, j'ai été couvert d'applaudissements. J'ai couronné plusieurs premiers prix. Le maire, qui était venu me prendre à mon arrivée au haut de l'escalier, m'a reconduit avec M. Bonnefond, directeur de l'école, jusqu'à ma voiture, et j'ai ramené M. le commissaire extraordinaire de Lacoste.
0 septembre. — Tout étant calme à Lyon, je suis parti le 6 septembre par le bateau à vapeur à six heures du matin, pour faire une tournée dans le département du Rhône, de la Drôme et de l'Isère.
Nous sommes arrivés à deux heures et demie au Teil (Ardèche), débarcadère pour Montélimar; des chevaux de poste m'y attendaient.
L'Ardèche est pour les révolutionnaires du Midi le département modèle; ils attendent de lui le signal de l'insurrection, à la première occasion, et ils sont persuadés qu'elle s'étendra dans le reste du Midi. Je suis bien aise de voir par moimême, à Montélimar et à Valence, les troupes qui ont été travaillées.
Je suis arrivé à trois heures et demie de l'après-midi à Montélimar, où j'ai été bien accueilli. J'ai passé immédiatement la revue des dépôts des 13« et 63* de ligne. J'ai dit aux officiers que le bon esprit d'un corps ne consistait pas à cacher les fautes, mais à les signaler. J'ai parlé très ferme aux sous-
officiers des dépôts des 13« et 63% leur exposant que les fautes étaient personnelles, mais que s'ils conservaient sciemment des coupables dans leurs rangs, ils le deviendraient eux-mêmes : que les grades escamotés ne profitaient à personne: que s'ils y parvenaient, ce qui n'est pas possible, ceux qui seraient derrière eux les chasseraient à leur tour; que les démocrates qui leur racontaient qu'ils seraient tous officiers s'ils triomphaient se jouaient de leur crédulité, et que ces mêmes démocrates disaient aux soldats qu'il n'y aurait plus d'armée et qu'ils auraient tous leur congé, etc. Mon discours a paru leur faire un grand effet.
Je serai à Valence demain 7, à deux heures de l'après-midi.
7. — J'ai trouvé à deux kilomètres de Valence la gendarmerie et un escadron de canonniers du S' d'artillerie; à la porte de cette ville, le général Laperre, à la tête des troupes, M. Tampier avec les membres du conseil municipal et ses pompiers.
On m'assure que ma tournée donne du cœur aux modérés et fait le meilleur effet. Les parquets, dans la Drôme, sont généralement mous; ils ont besoin d'un procureur général qui leur donne une énergique impulsion. M. Massot, au lieu de cela, les entrave, à ce qu'on m'assure.
8. — Le clergé est bon dans la Drùme; sur cinq cents desservants ou curés, il n'y a que trois socialistes; sur trente-cinq pasteurs protestants, il y a trente-deux socialistes. Sauf à Crest, où ils sont conservateurs, presque tous les protestants de la Drôme sont démocrates.
Les meneurs anarchistes de Valence ont quitté cette ville le 7 au matin, dans la crainte d'être forcés par la queue du parti à faire des manifestations à mon arrivée. Il n'v en a eu aucune, pas le moindre cri.
J'ai passé aujourd'hui la revue des troupes. J'ai visité ledeux casernes pour onze cents hommes, occupées par K- 3* d'artillerie : elles sont bien. A la citadelle, où sont les maître> ouvriers, j'ai vu la chambre où est mort Pie VI: c'est là que . travaillent les cordonniers. On m*a montré, dans une rue de Valence, la maison où a logé, à deux reprises différentes,