CHAPITRE X. — DÉCEMBRE
nation; il maintient la République, et remet loyalement au pays le droit de décider de son sort. La population de Paris a accueilli avec enthousiasme cet événement devenu indispensable. Le gouvernement vous donne tous les pouvoirs nécessaires pour assurer la tranquillité.
« Signé : De ThoriGiNt. *
HAFHTANTS DE LYON.
« M. le président Louis-Napoléon fait un appel au pays; il sera entendu par tous les honnêtes gens, par tous les cœurs français. Pleins de confiance dans le patriotisme de Louis- Napoléon, dans son dévouement sans bornes au bonheur de notre chère patrie, nous attendrons avec confiance les mesures qu'il va prendre pour que le pays exprime librement sa volonté. Paris a accueilli avec enthousiasme la décision prise par Napoléon; le plus grand calme règne dans la capitale. Imitons Paris. Que tous les bons citoyens se rallient autour de moi. Armé des pleins pouvoirs qui me sont confiés, je prendrai, s'il le faut, toutes les dispositions pour assurer le repos et la tranquillité publique. »
La fin de cette proclamation, dans laquelle M. de Vincent oublie qu'il y a un pouvoir ici, fort au-dessus du sien, celui de l'état de siège, est la première faute quil fait depuis qu'il est en fonction, mais elle est grave. Je suis convaincu que cela n'est qu'une légèreté, car il a toujours été jusqu'ici très empressé à reconnaître le pouvoir dont je suis revêtu.
Le général Mellinct voulait que je fisse sur-le-champ une autre proclamation pour contrecarrer celle du préfet. Je lui ai répondu : « Je vais monter à cheval, me montrer à la population; on verra bien que je commande toujours. 11 ne faut pas qu'on croie à une désunion entre le préfet et moi en ce moment. »