CHAPITRE XI. - FIOVRIER 18:i
dément. Il ne faut pas s'endormir et croire que tout est fini -il. - Par décret du Président de la République du 31 janvier, la forme des décorations des membres de la Léition d'honneur est rétablie telle qu'elle avait été adoptée par l'Kmpereur J a. écrit au ministre de la guerre la lettre suivante ■ « J'ai communiqué à la commission militaire de Lyon la circulaire du 29 janvier. Elle va agir en conséquence. Les
commissions militaires se sont conformées à la lettreaux instructions du gouvernement. Klles n'ont pas craint, pour remplir un devoir pénible, de s'exposer à des haines. Elles auraient aussi bien mis en liberté que M.M. les préfets, conformément aux dernières instructions; ainsi toutes les mesures de rigueur n auraient pas été rejetées sur le militaire, et celles qu'on crmt devoir donner de la popularité n'auraient pas été remises a 1 admm.stration civile. Le militaire sent la situation qui lui est faite. Vieux soldat, je m'adresse au chef de l'armée- je viens demander la suppression des commissions militaire. Il n est pas dans lintérèt du gouvernement de les laisser subsister dans une position qui les met en quelque sorte sous l'inspection des préfets. Le gouvernement sait trop bien que l'armée es son véritable point d'appui et celui du pays, pour que cette extension de pouvoirs accordée aux préfets dans les départements en état de siège ait eu pour but d'amoindrir le militaire Mais honoré de la confiance du prince Président et du ministre de la guerre, je manquerais à mon devoir, si je ne faisais oas connaître l'effet que cela produit. . e iai=ai» pas
1" février. - J'ai appris par le Momtei^r ma nomination de sénateur; ma nomination officielle ne m'est pas encore par-
Lne souscription faite pour m'offrir une épéa a produit en peu de jours dix mille francs.
J'avais demandé au général Saint-.Xriiaud laulorisation d aller huit jours à Paris, en février ou mars. Il a, avec beaucoup d obligeance, insisté pour que j'assistasse à son bal du M lévrier.
■J. - Je suis parti de Lyon à cinq heures du matin et suis ai rive a Pans à onze heures du soir.
S^ . J'ai été voir le Président de la République. Nous avons causé de Lyon. Je lui ai dit qu'une des grandes difficultés, au début des gouvernements, était de se prémunir contre les gens qui couvraient leur incapacité, et souvent pire que cela, par des paroles de dévouement exagéré. Je l'ai remercié de ce qu'il m'a mis à portée, par les commandements qu'il m'a confiés, de servir mon pays. J'ai parlé aussi avec lui des préfectures et de la nécessité d'avoir pour préfets des hommes ayant de l'influence sur leurs administrés. J'ai ajouté qu'il faudrait, comme sous l'Empire, que les sous-préfets fussent pris parmi les gens considérés dans leurs arrondissements, et qu'ils devinssent rarement préfets. Cela devient alors des positions de localité, comme pour les juges, et le pays en est mieux administré. Je lui ai encore dit qu'actuellement les sous-préfets qui le sont depuis deux jours ne pensent qu'à devenir préfets. Le Président m'a beaucoup félicité de ma conduite à Lyon; notre conversation a été longue.
9. — J'ai été chez M. de Persigny, ministre de l'intérieur, qui m'avait donné un rendez-vous. Nous avons causé assez longuement, quoiqu'il fût fort pressé; il est très occupé des élections. Il m'a paru avoir une idée fausse, en croyant qu*aujourd'hai il y avait de l'hostilité contre les grands noms, et qu'il fallait bien se garder, en ce temps-ci, de les mettre en avant. Je lui ai parlé aussi de la composition du personnel des préfets et sous-préfets.
J'ai dîné chez le prince Président, où nous étions douze; il a été fort gracieux pour moi. Il y a eu, le soir, un charmant bal de six cents personnes, dans une nouvelle salle que je ne connaissais pas. J'ai rencontré beaucoup de femmes de ma
connaissance.
Au ministère de la guerre, j'ai eu avec le colonel Blondel une longue conversation ; il m'a dit que mes divisions étaient à peu près les seules qui fussent commandées.
Au Luxembourg, j'ai vu le grand référendaire d'HautpouL déjà installé dans son cabinet. J'ai été dans la salle marquer ma place de sénateur; j'ai choisi la môme que j'avais étant pair.
il. —J'ai été voir le Président; j'ai voulu lui remettre les