‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862 (volume 2)Chapitre 156 sur 206 · CHAPITRE XI. — MARS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — MARS

pr mars. — J'ai nommé le colonel Monet, du 5« de ligne, président du premier conseil de ^erre, en remplacement de M. le lieutenant-colonel Cler, qui passe aux zouaves.

J'ai écrit au ministre de la guerre pour lui signaler le lieutenant-colonel Cler comme un président de conseil de guerre remarquable. Il s'était mis en très peu de jours au fait de ces fonctions. Le départ de cet officier supérieur est une véritable perte pour le 21» de ligne. Ce n'est pas d'aujourd'hui que je connais M. Cler; il a été nommé lieutenant et capitaine au bout de deux ans de grade sur ma proposition; c'est un officier de haute distinction et d'avenir.

3. —D'après les résultats connus jusqu'ici pour les élections du Rhône, M. Réveil a 11,837 voix contre 8^546 pour M. Jules Favre. M. Réveil est donc définitivement élu.

1:1. — Lorsque j'ai été envoyé à Lyon en 1850, il y avait tant de choses à faire que j'ai jugé que le moment n'était pas opportun pour faire remettre les barbes à l'ordonnance. Le 27 février dernier, me sentant assez maître de mon armée, j'ai donné l'ordre d'exécuter les règlements à ce sujet. Cela a été exécuté dans les vingt-quatre heures, non sans quelques cris, en particulier dans le 2« de dragons, où le colonel Ambcrt avait une ridicule barbe de sapeur. Ce colonel Ambert a fait son avancement par l'opposition, en écrivant dans les journaux. Avec tout son esprit, il est susceptible de commettre toutes les sottises, parce qu'il a le jugement parfaitement faux. Lui et d'autres ont écrit à Paris que cela avait produit une émotion sérieuse; ils ont peint la situation presque comme dangereuse, ce qui n'a pas le sens commun. L'ordre est exécuté depuis plusieurs jours, et déjà l'on n'y pense plus.

Voici une lettre particulière que j'ai reçue, à mon grand étonnement, de la main de M. de Saint-Arnaud, ministre de la guerre :

« Le G mars i8o2.

« Mon cher General,

« Dans une de vos précédentes lettres vous m'avez rendu compte sommairement et en peu de lignes que vous aviez

ordonné, dans l'armée de Lyon, de couper la moustache et la mouche à l'ordonnance rigoureuse. Je regrette qu'avant de prendre cette mesure, qui a causé dans les troupes sous votre commandement une émotion sérieuse, vous ne m'ayez pas consulté.

« Vous connaissez trop bien les hommes, et surtout les soldats, pour ne pas savoir aussi bien que moi que ces dévouements, si entiers dans l'occasion, s'obtiennent et grandissent par de petites choses, comme ils se refroidissent et disparaissent par de petites causes. La discipline et la force d'une armée ne sont pas dans la manière de porter la moustache et la mouche.

« Je ne vois pas d'ailleurs pourquoi l'armée de Lyon se distinguerait de l'armée de Paris, de l'armée d'Afrique, de l'armée d'Italie et de toutes les troupes répandues sur le territoire.

« Pour éviter un pareil inconvénient, j'ai ordonné par une circulaire générale une manière uniforme dans toute l'armée, en France comme en Afrique et en Italie, de porter la moustache et la mouche.

« Recevez, mon cher Général, l'assurance de ma haute considération et de mes sentiments affectueux.

c Le ministre de la guerre,

c Signé ; A. de Saint- Arnaud. • J'ai répondu en ces termes à M. le ministre de la guerre

t Lyon, le 7 mars 1852.

« MoNSiEU» LE Ministre,

« J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 6 mars. Je n'ai pas cru devoir vous consulter avant de donner l'ordre de se conformer, pour les moustaches et les mouches, à l'ordonnance, pas plus que pour un autre article du règlement. 11 ne s'agissait que de leur exécution, dont je suis responsable. Il est très fâcheux, suivant moi, de

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