‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862 (volume 2)Chapitre 169 sur 206 · CHAPITRE XII. — SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. — SEPTEMBRE

j'ai fait aux préfets, sous-préfets, conseillers de préfecture de l'Allier et de la Loire qui se trouvaient là, la théorie à cet égard.

Il y avait dans tous les villages des arcs de triomphe: le prince a été accueilli par les cris de : « Vive l'Empereur! » par toutes les populations. La gendarmerie l'a escorté sur toute la route; à deux kilomètres de Roanne, un escadron du A" de dragons l'attendait et l'a reçu aux cris de : « Vive l'Empereur! » Un arc de triomphe était dressé à l'entrée de Roanne, où se trouvait la municipalité; une foule de peuple l'a accueilli aux cris de : < Vive l'Empereur! » de même que le bataillon du 4« léger. La foule était immense à Roanne; les acclamations et les cris de : « Vive l'Empereur! » étaient unanimes. Toutes les femmes étaient aux fenêtres, jetant des bouquets dans sa calèche. Vingt-cinq jeunes filles, à la tête desquelles était celle du maire, M. Andra, se sont trouvées à sa descente de voiture et lui ont fait un discours. Le prince a donné à la fille du maire de fort jolies boucles d'oreilles de diamants. A cinq heures et demie, le prince a reçu les autorités.

Le prince a réuni quarante personnes à sa table; j'étais à sa droite, ayant M. de Persigny à la mienne. Le Président a beaucoup causé avec moi. Je lui ai dit qu'il avait bien mené sa barque, ne disant rien, seulement marchant toujours, ne reculant jamais. Mon discours a paru lui plaire. Il m'a dit que je lui avais donné le duc de Mortemart, qu'il en était fort content, et d'autres choses agréables pour moi. Le ministre de la guerre Saint-Arnaud m'a aussi dit qu'il était très satisfait.

Le prince a été au bal de la sous-préfecture, qui était superbe. Il y avait au moins quatre cents personnes, beaucoup de femmes. J'ai demandé au ministre de la guerre de prier le prince de me donner le mot d'ordre, ce qui a été fait; jusque là, c'était le général Roguet. commandant la maison, contrairement au décret. Ce dernier a fait une observation au ministre de la guerre; cela s'est arrangé, j'ai montré le décret.

18. — Le prince est parti à neuf heures du matin en calèche ; il a d'abord distribué aux troupes deux croix et six médailles.

Il a été visiter un orphelinat; il a fait d'abondantes aumônes;

dans la matinée, l'aide de camp a donné dix-huit cents francs de sa part.

Le prince est parti à dix heures de Roanne. Les populations se portent en foule sur son passage; près de Saint- Étienne. six mille mineurs étaient réunis avec leurs drapeaux: ils l'ont accompagné jusqu'à Saint-Étienne, où il y avait foule dans toutes les rues; on pouvait à peine marcher. Toutes les fenêtres des maisons étaient garnies de monde et de drapeaux; partout le prince a été accueilli aux cris de : t Vive l'Empereur 1 > L'entrée à Saint-Étienne a été admirable. Le prince a reçu les autorités, les députations des communes, les anciens militaires; il a donné, comme la veille, un dîner de cinquante personnes, et, comme la veille, j'étais à sa droite. Il a été ensuite au bal offert par la ville, qui était magnifique. Il a d'abord ouvert le bal avec Mme Quentin, femme du maire; il a ensuite dansé avec Mme Balay, belle-fille du député, qui était incontestablement la plus jolie du bal.

i9. — Le prince a visité la manufacture d'armes; il a remis la croix d'officier au directeur, le chef d'escadron Mordet; celle de chevalier de la Légion d'honneur à un garde que j'ai reçu au milieu des ouvriers, à leur grande satisfaction. Le prince leur a donné mille francs, puis mille autres francs à un ouvrier qui avait fait une invention utile; il a ensuite été sur la place de l'Hôtel de ville passer la revue de deux bataillons des 21* et 70" de ligne et de trois escadrons du 4* de dragons. Le prince a distribué des croix et médailles. J'ai fait les réceptions, puis j'ai commandé le défilé; il a été ensuite à l'église entendre la messe. A onze heures nous étions au débarcadère du chemin de fer. La foule était grande sur son passage; on criait : « Vive l'Empereur! » Il m'a fait monter dans son wagon avec le ministre de la guerre Saint-.\rnaud , le ministre de l'intérieur Persigny, puis M. Gervais, le directeur des chemins de fer. Toutes les populations s'étaient portées le long de la ligne en criant : « Vive l'Empereur! » Le prince a fait ralentir le train dans chaque localité. .\ Saint-Chamond, il s'est arrêté quelques instants; M. Méroud, maire, et la municipalité l'ont reçu sous un arc de triomphe. Le prince a passé en revue les

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