‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862 (volume 2)Chapitre 182 sur 206 · CHAPITRE XllI. — NOVEMBRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XllI. — NOVEMBRE

io. — Extrait d'une lettre de Mme la marquise de Contades, de Fontainebleau^ le 14 novembre 1852.

« Vendredi nous sommes partis de Paris dans un convoi spécial où il y avait le prince Napoléon Jérôme, la princesse Mathilde, M. et Mme de Saint-Arnaud, M. et Mme Drouyn de Lhuys, M. de Morny, le général Magnan, sa femme et sa fille, M. de Maupas, Mme et Mlle de Montijo, lord et lady Cowley, M. et Mme de Pierres et moi. M. Fould était déjà auprès du prince, ainsi que M. de Gaumont. Le soir, il y a eu un grand dinar et réception des dames du pays, et ensuite nous avons été prendre du thé chez la princesse Mathilde. Hier matin, après déjeuner, nous sommes partis en poste pour la chasse. Au rendez- vous, nous sommes montés à cheval et nous avons fait une très belle course dans la forêt. A quatre heures, le cerf était hallali à Teau. C'était un. très beau coup d'oeil; la forêt était pleine de monde, ils criaient tous à qui mieux mieux : t Vive l'Empereur! * Il a été admirablement reçu ici. La ville entière estpavoisée, et l'arc de triomphe est charmant; il a été dessiné par des artistes qui habitent Fontainebleau. Hier soir sont arrivés M. et Mme Bineau et Mme Abatucci. M. de Saint-Arnaud est assez souffrant de l'estomac. Sa femme m'a demandé de vos nouvelles, hier au soir, et ma priée de vous remercier mille fois de votre joli petit fichu; elle le trouve charmant. Nous passerons encore ici la journée d'aujourd'hui, et demain après déjeuner nous retournerons à Paris. Ce château est admirablement beau. Nous avons dîné hier dans la galerie de Primatice, qui est restaurée à neuf. Elle était éclairée à giorno; impossible de voir un plus beau coup d'oeil. Le prince se porte à merveille; il est très gai et si bon et si facile à vivre qu'il ne tiendrait qu'à chacun de nous de se croire chez soi. Tout cela sans que jamais personne soit tenté de prendre la moindre familiarité avec lui. Adieu, etc. »

17. — La pubUcation dans le Monite^ur des protestations iontre l'Empire est un acte habile. Celles des démocrates

excitent l'indignation; les rouges sont furieux qu'on les ait insérées au Moniteur; elles sont si violentes que les républicains honnêtes donneront leurs voix au prince Louis-Napoléon.

La protestation de M. le comte de Chambord ne fait aucune sensation; on en parle comme d'un acte au succès duquel l'auteur lui-même ne croit pas. On en a distribué à profusion de tous les côtés.

20. — Le préfet de la Drôme, Ferlay, a déployé une grande activité depuis trois semaines pour éviter les abstentions. L'évêque de Valence n'ayant pas imité l'exemple des évoques de Rennes et de Gap, qui ont fait des lettres pastorales pour engager à voter pour l'Empire, le préfet a adressé à tous les ecclésiastiques du diocèse de Valence un exemplaire du discours de l'évêque au prince, lors de son passage à Valence.

22. — Votes militaires de Lyon : 12,962 votants, 12,463 oui^ 278 non, 125 blancs, 86 douteux.

Lyon (ville) : 58,789 inscrits, 36,388 votants, 27,237 oui, 7,361 non.

25. — La commission chargée de faire confectionner l'épée et la médaille, produits d'une souscription faite à Lyon, est venue m'apporter hier cette épée et cette médaille

Voici ce que dit à ce sujet le journal le Courrier de Lyon :

<t Nous avons annoncé que l'épée d'honneur offerte à M. le général Castellane par la reconnaissance lyonnaise était achevée, ainsi que la médaille commémorative des événements de décembre 1851 , frappée en l'honneur du général en chef de l'armée de Lyon et des troupes placées sous ses ordres.

« En conséquence, la commission chargée de veiller à la réalisation du vœu des souscripteurs s'est présentée hier, vers trois heures de relevée, à l'hôtel de la division, afin de faire hommage à M. le comte de Castellane de ce double témoignage de la gratitude publique. Le général en chef a reçu la commission, entouré de son état-major et de plusieurs officiers généraux et supérieurs de l'armée de Lyon, avec cette courtoisie et cette bienveillance qui le caractérisent.

• En lui remettant l'épée d'honneur et les deux premiers exemplaires de la médaille, M. Barthélémy Goirand, maire du

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