CHAPITRE XIII. — NOVEMBRE
!•' arrondissement et président de la commission, lui a adressé l'allocution suivante :
« Général,
« Cette épée et cette médaille que nous avons l'honneur de « vous offrir, c'est l'hommage de toute la population lyon- « naise. Dans cette ville, qui depuis vingt ans a si souvent « vu la guerre civile ensanglanter ses rues, il a fallu toute « votre activité, tout votre courage, toute l'énergie de votre « volonté, toute la puissance de votre direction pour vaincre « sans combattre. Vous avez en quelque sorte renoncé à « une victoire assurée, en paralysant l'action des sociétés « secrètes.
« Voilà ce que vous avez fait non seulement pendant les ( journées qui suivirent le 2 décembre, mais depuis que vous « commandez à Lyon; vous, le chef de cette armée si noble et « si brave, qui, pénétrée de ce sentiment profond de la disci- « pline qui est toute sa force, a fait, comme son général , de « l'héroïsme pacifique.
« Plus heureux que les généraux de l'armée de Paris et *< d'un grand nombre de provinces, vous avez eu la gloire de « faire accepter sans collision la volonté du prince Louis-Napo- ^ léon; pendant que ce chef de l'État sauvait la France, vous. <( aussi. Général, sauviez notre belle cité et les départements « placés sous votre commandement.
t La France se mourait alors faute d'un gouvernement. « Honneur et reconnaissance à Son Altesse Impériale qui a « rétabli l'autorité et l'unité dans le pouvoir.
« Cette épée et cette médaille d'honneur seront vos trophées « de Lyon; elles ont été, suivant vos désirs et les soins de la « commission, dont j'exprime les sentiments, exécutées sur « notre sol , au milieu de ceux qui ont conçu la pensée de
< vous en faire hommage.
« Soyez remercié. Général, soj*ez remercié avec l'armée « dont vous êtes la tète, des hauts services que vous avez
< rendus à la seconde ville de France, à son commerce, à son
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« industrie, qui se sont développés, libres de toute pression, t sous votre commandement militaire. :
( Cette épée et cette médaille d'honneur que nous sommes 1 heureux de déposer en vos mains, c'est la reconnaissance « publique qui vous prie de les accepter et qui s'honore de t vous les offrir. »
« M. le général de Castellane a répondu à peu près dans les ■ termes suivants :
c Messieurs,
« Le prince aujourd'hui acclamé Empereur à la ratification • « générale, en me confiant l'important commandement dont « je suis revêtu, en me mettant en position de le seconder « dans la seconde ville de France dans l'œuvre de salut qu'il « s'était imposée, m'a fait la plus grande faveur qu'on puisse « accorder à un homme.
« J'ai été assez heureux pour bien exécuter les ordres du « prince et d'une manière à satisfaire son cœur en parvenant « à vaincre sans combattre, grâce aux braves officiers géné- « raux, officiers et soldats que j'avais l'honneur de commander; « comme leur chef, ils n'ont pas oublié qu'abnégation et hon- « neur étaient la devise du soldat. Mes antécédents sont assez « connus pour qu'on sache que je ne crains pas les coups de « fusil; mais chacun de nous a senti que, dans une semblable « circonstance, s'il était moins avantageux pour les militaires « de ne pas se battre, il était plus utile au pays et plus glo- « rieux pour eux d'obtenir les mêmes résultats sans collision. « Ces résultats n'en ont été que plus considérables, car un « soulèvement à Lyon aurait entraîné d'autres insurrections.
a Je suis touché de la bonté du prince, qui m'a permis d'ac- « cepter et de porter l'épée que les Lyonnais ont bien voulu « m'offrir; je leur suis profondément attaché, je me glorifierai f toujours de ce témoignage de la bienveillance de cette grande « et laborieuse cité. Ce dépôt sacré sera conservé religieuse- « ment non seulement par moi, mais après moi, par ma famille.