CHAPITRE XIII. — JANVIER
serve bon souvenir de l'Empereur et sont peu partisans du gouvernement parlementaire.
29. — Je suis parti de Paris hier par le convoi de huit heures du soir.
A midi et demi nous étions au débarcadère de Lyon; j'y ai trouvé les généraux Deshorties et Richepanse. La brigade Mellinet défilait; on a été satisfait à Lyon de mon retour.
30. — M. Gilardin, procureur général impérial, a reçu sa nomination de premier président de la cour impériale de Lyon par le télégraphe; il est venu tout de suite me l'annoncer, en reportant avec beaucoup d'obligeance sa nomination au bien que j'ai dit de lui; je l'ai embrassé de grand cœur. L'Empereur ne pouvait pas faire un meilleur choix.
3 janvier. — Le lundi 3 janvier, j'ai reçu pour la première fois.
On dansera chez moi tous les lundis de huit heures à minuit; cela a été fort animé. Je n'ai point fait d'invitations par écrit; j'invite les personnes que je rencontre. Tous les officiers généraux, supérieurs, et leurs femmes, le sont de droit. Trois officiers, deux femmes d'officiers des grades inférieurs et trois danseurs sont priés dans chaque régiment. Les principaux fonctionnaires y viennent en uniforme. Chacun s'en est allé à minuit, exécutant la consigne. Il y aura lundi prochain abondance de femmes de la ville, on s'est fort amusé.
L'Empereur a rendu le 31 décembre le décret suivant :
« Napoléon,
« Par la grâce de Dieu et la volonté nationale Empereur des Français,
« A tous présents et à venir salut :
« Sur le rapport de notre ministre secrétaire d'État au département de la guerre;
« Vu la décision présidentielle du 12 février 1850, qui a institué plusieurs commandements supérieurs de divisions militaires à l'intérieur, et les décrets des 9 janvier et 7 décembre 1851, qui ont créé les armées de Paris et de Lyon:
« Considérant que les circonstances tout exceptionnelles qui avaient motivé la création des commandements supérieurs ont cessé d'exister, mais que les motifs qui ont déterminé l'organisation à Paris et à Lyon des armées actives subsistent encore;
« Considérant en outre que l'expérience a démontré qu'il y a intérêt pour la bonne exécution du service à ce qu'à Paris comme à Lyon le commandement territorial ne soitpas séparé du commandement des troupes actives,
« Avons décrété et décrétons ce qui suit :
« Article premier. — Les commandements supérieurs des divisions militaires à l'intérieur sont et demeurent supprimés.
« Art. 2. — Le commandant en chef de l'armée de Lyon continuera d'exercer ce commandement, concurremment avec celui de la 8* division militaire territoriale.
« Art. 3. — Le commandant en chef de l'armée de Paris réunira à ce commandement celui de la !'• division militaire territoriale.
t Fait à Paris, le 31 décembre 1852.
« Si[/né : Napoléon. »
8. — J'ai été au théâtre des Célestins. Mmes de Saint-Didier et de Cerjat étaient dans ma loge; je m'y suis fort amusé : Vert-Vert, joué par Mlle Scrivaneck, fort bonne et fort jolie actrice du théâtre Saint-Martin, m'a fort diverti.
J'ai été à un bal de Mme C..., où il y avait deux à trois cents personnes. Ce sont des négociants des Terreaux qui, ayant fait fortune, sont venus s'établir à Bellecour, dans un bel appartement. C'est ainsi que se forme la noblesse de ce quartier. Ceux-ci sont à leur première année, de sorte qu'il n'y avait encore chez eux que de la société des Terreaux, des avoués, des avocats, des notaires; plus tard, ce sera la fine fleur de la société de Bellecour qu'ils recevront. Leur fille