‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862 (volume 2)Chapitre 28 sur 206 · CHAPITRE II — AVRIL 1848. ii · texte numérisé non relu

CHAPITRE II — AVRIL 1848. ii

Je suis rentré à Rouen à minuit.

12. — L'arbre de la liberté planté au Chanip de Mars a été coupé dans la nuit. La nouvelle s'en est répandue dans la ville avec rapidité et y a causé une certaine émotion. A deux^heures, un cortège plus nombreux qu'on n'aurait pu le prévoir (les deux tiers étaient composés de femmes) s'est rendu avec drapeaux et tambours au Champ de Mars. Le commissaire du département et quelques fonctionnaires avec leurs écharpes fermaient la marche. Au lieu d'un, on a planté trois arbres de la liberté, et un quatrième a été planté sur la place de l'Hôtel de ville.

13. — Ma révocation du commandement de la 14* division a été une injustice et, qui plus est, une faute politique; cela a produit du mécontentement à Rouen. On s'en prend à moi de la position qu'on m'a faite, et on en arrive à la persécution à mon égard.

Voici la lettre que j'ai reçue du ministre de la guerre Arago :

« Général,

« Les préventions dont je vous ai déjà entretenu, qu'elles soient fondées ou non à votre égard, se sontencore augmentées, et les autorités civiles de Rouen s'inquiètent de votre candidature au grade de colonel de la garde nationale de cette ville, candidature qui est d'ailleurs inconciliable avec votre position dans le cadre d'activité de l'armée.

<» Dans l'intérêt de l'ordre public, je vous invite donc à changer le lieu de votre résidence, afin de tranquilliser les esprits.

« Le ministre de la guerre,

« Signé : Arago. »

J'ai répondu au ministre que je me rendrais à Paris le 17, et que je lui demanderais une audience.

17 . — Je suis arrivé à Paris à quatre heures de l'aprèsmidi.

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