Je me suis présenté au ministère de la guerre pour
voir le citoyen Arago et lui demander des explications sur sa singulière lettre. J'ai trouvé dans son salon le comte Daru. qui ma dit : « Eh bien, mon général, j'ai vu votre nom dans le Moniteur. — Pourquoi ? > lui ai-je dit. Un je ne sais qui a repris : « Vous êtes en retraite. » J'ai été stupéfait, ne sachant pas du tout ce qui dominait en moi, de l'étonnement ou de l'indignation. J'ai répondu : < Il est alors inutile que je voie le citoyen Arago; je vais aller lire le Moniteur. »
Je me suis fait donner le journal, j'ai même eu assez de peine pour l'avoir au cabinet du ministre, où on était honteux de me le montrer. J'ai trouvé que mon nom figurait avec trente-sept autres généraux de division, parmi lesquels Flahault, Fezensac. Mortemart. Gourgaud, Marbot, Rumignj-, Gazan, etc. Sur les quatre-vingts généraux du cadre d'activité, on en conserve des impotents et on en renvoie de très valides.
J'ai écrit sur-le-champ au citoyen Arago, ministre de la guerre, la lettre suivante, qui sera mise dans les journaux :
c Paris, le 18 avril 1848.
f Citoyen ministre. J'ai appris par le Moniteur mon admission d'office à faire valoir mes droits à la retraite, en violation de la loi sur l'organisation de l'état-major général de l'armée du 4 août 1839, votée comme récompense du sang versé pour la patrie. J'adresserai ma réclamation à l'Assemblée nationale. Dans mon dernier acte militaire, j'ai conservé intact l'honneur du soldat, j'ai maintenu l'ordre à Rouen à la satisfaction de tous.
« Votre prédécesseur, le général Subervie. m'avait écrit que je m'étais conduit en bon soldat et en bon citoyen.
« Salut et fraternité.
• Le général de division,
t Signé : Général Castellank. »
20. — Les troupes et la garde nationale étaient convoquées pour neuf heures du matin. A dix heures et demie, le