‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862 (volume 2)Chapitre 32 sur 206 · CHAPITRE IL — MAI · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL — MAI

nationale de Rouen donne lieu à des attaques et à des calomnies contre ma personne, comme si j'avais sollicité cette nomination. Pour mettre tout le monde à son aise et faire cesser la division qui se manifeste dans la garde nationale, j'ai écrit hier au rédacteur de ï Impartial de Rouen la lettre suivante :

« Paris, le 23 mai 1848.

« Monsieur le rédacteur,

^ t Je n'ai point sollicité l'honneur d'être colonel de la garde natinonale de Rouen; on m'a fait des offres de candidature. Ayant passé des jours difficiles avec la garde nationale à notre satisfaction réciproque, j'ai cru répondre à sa confiance en acceptant, si j'étais élu, le commandement de la légion.

f On a imprimé dernièrement que mon élection serait considérée comme une nomination réactionnaire; on ne m'a pas ménagé les calomnies. Je vous remercie, Monsieur le rédacteur, du talent et de la vigueur avec lesquels vous avez bien voulu me défendre. Je ne me propose pas d'engager ici une polémique avec ceux qui m'ont attaqué. Je rétablirai un seul fait. On a avancé que j'avais fait mitrailler à Perpignan. Il y a eu deux émeutes dans cette ville. Tune en 1834, l'autre en 1846, après les élections. Elles ont été dissipées, grâce à mes dispositions énergiques, sans un coup de fusil tiré.

f Homme d'ordre, habitué au commandement, je n'avais accepté la candidature de colonel que par le désir d'être utile à la ville de Rouen. On me mande que depuis la remise des élections, la veille du vote, ma candidature est un motif de division dans la garde nationale. Ceux de MM. les gardes nationaux qui avaient l'intention de me porter jugeront s'ils convient maintenant de persister dans une candidature que je n'ai point sollicitée.

€ Recevez, Monsieur le directeur, avec la nouvelle expression de ma reconnaissance, celle de ma considération très distinguée.

« Signé : Général Castellaxe. »

Le département de la Seine-Inférieure a deux représentants à nommer, par suite de Toption de M. de Lamartine pour Paris et de la démission de M. Martinez. J'ai résolu de me présenter aux suffrages des électeurs de la Seine-Inférieure, et je leur ai adressé la circulaire suivante :

c Paris, le 24 mai 1848.

t A MM. les électeurs du département de la Se'me-Inférieure.

« Citoyens,

« Le département de la Seine-Inférieure va avoir à élire deux nouveaux représentants à TAssemblée nationale. Si j'étais assez heureux pour obtenir les suffrages des électeurs, j'en serais fier. Je veux de l'ordre, de la liberté et de la fraternité dans la République, mais non du despotisme sous le masque de la liberté. Je veux le maintien de la propriété, le respect des personnes. Je ne veux pas que Paris impose sa volonté aux départements. Le courage et l'énergie ne me manqueraient pas pour faire triompher ces principes. Je ne veux ni anarchie, ni une république de terreur et de spoliation. Si cela s'appelle de la réaction, je suis réactionnaire.

a Signé : Général Gastell.\:je. »

Je n'espère pas de succès pour ma candidature à l'Assemblée nationale, mais après toutes les calomnies débitées contre moi à l'occasion de mon élection comme colonel de la garde nationale de Rouen, j'ai été bien aise, sous ce prétexte, de faire cette profession de foi.

25. — Les princes d'Orléans ont eu tort de protester contre le projet de bannissement ; ils devaient être les derniers à reconnaître ce qui s'est fait et en rester, eux, à reconnaître la régence.

On m'a raconté que le roi Louis-Philippe est assez mal avec son gendre le roi des Belges, qui lui prête de mauvaise grâce son chiUeau de Claremont, en Angleterre.

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