CHAPITRE III
Audience du général Cavaignac, ministre de la guerre. — Dîner chez le baron de Fagel. — Élection de Louis -Napoléon. — M. Caussidière et M. Guizot. — On crie : « Vive Napoléon! » — L'Assemblée nationale pas.se à l'ordre du jour sur la pétition des officiers généraux mis illégalement à la retraite. — Journées de Juin. — Les officiers d'Afrique sont inhabiles dans la guerre de barricades. — Horreurs commises par les insurgés. — Le général Cavaignac est nommé chef du Pouvoir exécutif.
— Désarmement d'une partie de la garde nationale. — Détails sur la famille Cavaignac. — Cérémonie funèbre célébrée pour les victimes des journées de Juin. — Tout le monde se bat pour l'ordre, non pour la République. — Réceptions du général Cavaignac. — Le général Changarnier fait supprimer le mot citoyen dans les lettres qui sortent de l'état-major. — Les théories de M. Proudhon. — Le général Le Flo est envoyé en Russie comme ministre plénipotentiaire. — Les allusions contre la République sont bien accueillies dans les théâtres. — Je dîne chez la princesse Demidofî. — Modifications à la décoration de la Légion d'honneur. — Hostilité du général Cavaignac contre Louis- Napoléon. — Le mécontentement augmente en France. — Entrée de Louis-Napoléon à la Chambre. — Je le vois pour la première fois, le 1" octobre 4848, chez la princesse DemidofT. — Couplet sur la Chambre.
— On décide que le Président de la République sera élu par le suffrage universel. — Pierre Bonaparte. — M. Dufaure est nommé ministre de l'intérieur. — Le nègre Mazuline. — Toutes les chances pour la présidence sont en faveur de Louis-Napoléon.
29 niai. — Le général Cavaignac m'a donné une audience à sept heures du matin. Je l'ai vu en réforme à Perpignan, pendant six mois, comme chef de bataillon, et il avait souvent dîné chez moi; je m'attendais donc à un accueil aimable de lui. Je lui ai exposé l'iniquité de l'acte qui m'a frappé; il a fait le ministre, m'a dit que c'était un fait accompli, que le gouvernement ne reviendrait pas, que l'Assemblée approuverait, que le comité de l'Assemblée était déjà de cet avis, qu'il était fâché, à cause de nos anciens rapports, de me le dire. Je lui