‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862 (volume 2)Chapitre 39 sur 206 · CHAPITRE ni — jriLLET · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni — jriLLET

pas eu le temps de faire au pied de la colonne de Juillet les dispositio/iS nécessaires pour les recevoir.

6*. — La. cérémonie funèbre pour les victimes des journées (le -ï'am a eu lieu; on avait élevé une immense estrade avec un autel à l'entrée de l'avenue des Champs-Elysées, sur la place de la Concorde; des banquettes étaient placées pour les autorités au pied de l'obélisque; l'abbé de Fayet, évêque d'Orléans, représentant du peuple, a oflicié. Un char traîné par seize chevaux a emporté cinq des corps des victimes, qui représentaient ceux de tous, jusqu'à l'église de la Madeleine, où on les a déposés, en attendant qu'on les transporte au pied de la colonne de Juillet. Le général Cavaignac, chef du pouvoir exécutif, présidait la cérémonie; il était en habit noir, avec un pantalon gris bleu, un gilet jaune avec un chapeau rond, des gants jaune Suède, une baguette à la main, ce qu'il a apparemment jugé un costume convenable pour un chef de République; cela a choqué.

7. — Le chef d'escadron d'état-major Constantin, républicain de la veille, avait été imposé au général Subervie, ministre de la guerre, et il le tenait sous sa dépendance; depuis, il est resté sous tous les ministres qui se sont succédé, et il a fait toute sorte de mal au ministère de la guerre. Il n'a pas été étranger au renvoi des officiers généraux. Il vient d'être arrêté. Voici comment on raconte le fait : Ce citoyen Constantin avait trouvé moyen de se faire adjoindre à l'instruction de l'affaire des insurgés de Juin, pour décider ceux qui devaient être déportés et ceux qui seraient mis en jugement. Plusieurs de ceux qui sont chargés de l'instruction étaient réunis; il y eut un mouvement parmi les insurgés appelés à comparaître, lorsqu'ils virent le citoyen Constantin parmi les juges. Un d'eux prit la parole et dit : « Mais M. Constantin que voilà est notre chef; c'est lui qui nous a donné le plan des barricades, c'est lui qui les a fait construire, etc. »

Le citoyen Constantin a été immédiatement arrêté; il atout avoué, puis il a ajouté que si on voulait lui assurer la vie sauve, il ferait dos révélations plus importantes.

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