‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862 (volume 2)Chapitre 67 sur 206 · CIIAPITRK V. — .II ILI.KT · texte numérisé non relu

CIIAPITRK V. — .II ILI.KT

Barrot de sa jolie femme née Nicot, fille d'un avocat à la Cour de cassation; ne la voyant plus depuis longtemps, je craignais qu'elle ne fût morte. Alors je demande à M. de Persigny si Mme Ferdinand Barrot est vivante; il me répond : • Oui. » Moi alors avec un grand empressement de lui demander avec intérêt des nouvelles de sa femme : à quoi il m'a répondu qu'elle était morte. J'ai fait compliment à M. de Persigny de la sottise qu'il venait de me faire faire.

8. — MM. Dufaure, de Lamoricière, Gustave de Beaumont, chefs du tiers parti, ne sont ni républicains de la veille ni républicains du lendemain, mais ils sont, surtout les deux premiers, des ambitieux de premier ordre. Ils ont le jugement faux; ils se sont, en conséquence, persuadés qu'ils pourraient exploiter à leur profit le pouvoir au nom de la République. On fera très bien de changer le nom de tiers parti en celui de parti de l'exploitation du pouvoir républicain.

9. — Il y a eu une étonnante excentricité de M. Victor Hugo. Il a prétendu que l'article 13 de la Constitution n'était point exécuté pour l'assistance publique, soutenant qu'il était au pouvoir du gouvernement de détruire la misère. Il a dit qu'un homme de lettres était mort, après six jours passés sans pain. M. Lebeuf lui a répondu que s'il était à la tête, comme lui, de la littérature française, il n'aurait pas laissé son collègue mourir de faim. Alors M. A'ictor Hugo, un peu interloqué, a répondu qu'il n'avait eu connaissance du fait qu'après qu'il eut été consommé. On s'est écrié : « Nous le savions beau* coup moins que vous avant. »

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