‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862 (volume 2)Chapitre 85 sur 206 · Je suis parti à huit heures du matin par le bateau · texte numérisé non relu

Je suis parti à huit heures du matin par le bateau

à dix heures et demie, je suis arrivé au débarcadère de Blaye. J'y ai trouvé le sous-préfet, M. de Pourville, plus zélé que capable, que le Président de la République a fait replacer parce qu'il était sous-préfet de Doullens lorsqu'il y était prisonnier.

J'ai reçu les autorités, et ensuite j'ai passé la revue des deux compagnies du 54' qui forment la garnison de la citadelle ; elles sont bien tenues. J'ai été parfaitement reçu. Je suis parti à midi et demi de Blaye et je suis arrivé à Saintes à sept heures du soir.

Le maire, M. Vacherie, accompagné du conseil municipal et de toutes les autorités de la ville, était venu à ma rencontre. Tous les officiers en retraite et presque tous les légionnaires étaient venus aussi.

La garde nationale, de sept cents hommes, était sous les armes. Une portion de cette garde nationale est rouge, on ne peut guère compter sur elle; la masse de la population est néanmoins bonne, et si, dans les campagnes, on est moins napoléonien, c'est qu'ils ont élu le prince Louis dans des idée> monarchiques et qu'on trouve qu'il ne les débarrasse pas assez vite des rouges. Lors de la visite de corps, j'ai parlé ferme aux officiers de la garde nationale; j'ai traité les fauteurs d'anarchie et de désordre comme ils le méritent; mes harangues ont été bien accueillies. Je n'ai eu fini mes réceptionofficielles et particulières qu'à onze heures du soir.

29. — J'ai quitté Saintes ce matin. En avant de Tonnay- Charente, j'ai trouvé un détachement de la garde nationale à cheval, puis, sur le pont de cette ville, le maire et les adjoints venus au-devant de moi. J'ai traversé à pied avec eux une grande partie de la ville, jusqu'à la mairie.

Les lanciers de la garde nationale de Rochefort ont remplacé ceux de Tonnay-Gharente. A trois heures trois quarts j'étais en dehors de la porte de Rochefort, où j'ai trouvé un gros détachement de la garde nationale, le maire et les adjoints.

Je suis descendu chez le contre-amiral Laplace, que je connais depuis longtemps, ayant navigué avec lui en 1825, pendant dix-sept jours, sur la frégate l'Amphitrilej dont il était

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