CHAPITRE IV
Arrivée à Perpignan. — Je rétablis l'ordre dans la ville et la discipline dans la garnison. — Le colonel Combes. — Ordre du jour du général Lejeune. — Je donne des bals. — Le carnaval à Perpignan. — Passage du marquis de Saintc-Aulaire. — Les ambassadeurs quittent Madrid. — Le comte de Brunetti, ministre d'Autriche, M. de Lieberman, ministre de Prusse, le cardinal Tiberi, nonce du Pape, me donnent des détails sur la reine Christine et le favori Munoz. — Je réprime une émeute à Perpignan. — Passage de la comtesse de Téba quittant l'Espagne. — Mort du comte de Contades et de la princesse de Poix. — Animation de Perpignan en 1833. — Horribles émeutes à Barcelone. — Départs de plusieurs régiments de ma division pour l'Afrique. — Mort de l'amiral de Rigny. — Les réfugiés espagnols à Perpignan. — Je vais à Paris en janvier 1836. — Audiences du Roi. — Je cause de l'armée avec le duc d'Orléans. — Dîner chez le duc de Plaisance et chez le comte de Sales. — — Retour à Perpignan le 23 février 1836. — Je suis nommé grand officier de la Légion d'honneur. — Nouveau départ de régiments pour l'Afrique. — Mort de mon père, le 21 février 1837.
18 octobre. — Aujourd'hui, à six heures du malin, je me suis installé à l'hôtel de l'Europe, à Perpignan.
Aucun des officiers de mon état-major n'est arrivé. Mon premier soin a été d'établir des correspondances de cavalerie sur les quarante lieues qui séparent Perpignan de Montpellier, le télégraphe n'allant pas plus loin.
21. — Le général Mylius, commandant une brigade, M. Dagnan, sous-intendant militaire, M. Ségrestan, adjoint, sont arrivés. Mon chef d'état-major, le lieutenant-colonel Mayr de Baldegg, m'a rejoint. J'en avais besoin, étant forcé de passer une grande partie des nuits à travailler. Mes instructions aux maréchaux de camp, extraites de celles du ministre de la guerre, leur prescrivent d'observer soigneusement les passages des Pyrénées, de ne laisser pénétrer en France ni munitions, ni détachements armés; les chefs de poste éviteront de