CHAPITRE V. — JANVIER
cent cinquante, cent francs; et il envoie en prison les récalcitrants.
Après la prise de Gonstantine, ce caïd a vendu cent cinquante francs les femmes sorties du sérail du Bey, après les avoir dépouillées de le.urs effets et de leurs bijoux, quoique le a fils du Roi ï (expression de la lettre) leur ait accordé la liberté.
L'interprète donné au général Négrier est un coquin acheté par le caïd; il cache à cet officier général la vérité.
Les interprètes sont aussi mal organisés, en Afrique, que le reste de l'administration. J'en ai un bon à Bône, nommé Paolo dit Palma, Italien; il a été neuf ans à Gonstantine auprès du bey Achmet. et faisait sa correspondance.
16. — On m'a amené le caïd des seize tribus des environs de Mjez-Amar; il vient se soumettre et réclame le burnous de caïd. Je lui ai proposé de lui remettre la moitié de la dîme en argent pour ses dépenses et le quart de la dîme en céréales ; le reste appartiendra au Roi, qui y gagnera toujours, puisque les Arabes ne lui payaient rien. Les caïds ne payeront plus de frais d'investiture, n'en feront plus payer aux cheiks; c'étaient; en définitive, les tribus qui supportaient ces frais. Mon plan met celles-ci à l'abri des exigences des caïds et autres chefs arabes qui les abîment.
Ce caïd a accepté, enchanté de ne plus rien payer pour son investiture.
Pour que le traité soit définitif, il faut l'approbation du ma réchal Valée, et c'est très difficile à faire comprendre aux Arabes. Le bateau ne venant que tous les quinze jours, il faut un mois pour avoir une réponse d'Alger.
J'ai inséré dans ce traité l'article qui retire aux caïds et aux chefs la punition des crimes et le droit d'imposer des amendes arbitraires, sans le consentement du commandant supérieur; c'est un moyen d'amener peu à peu les Arabes à se soumettre à la justice française.
18. — Je mets en route un convoi pour ravitailler Gonstantine. Ma foulure au pied va mieux.