‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862 (volume 3)Chapitre 82 sur 231 · Je suis parti de Bône avec un peloton de chasseurs · texte numérisé non relu

Je suis parti de Bône avec un peloton de chasseurs

à cheval; et j'ai été en quatre heures au camp de Dréan, que j'ai visité. Les soldats sont dans des baraques et sous latente.

J'ai été rejoint à Dréan par deux cents chasseurs du 3° régiment et cent vingt spahis. Je me rends de Dréan au camp de Mechmaya, en trois heures et demie, suivi des seuls spahis, pour leur prouver ma confiance.

Le pays de Bône à Mechmaya ressemble beaucoup à celui de Puerto Santa-Maria à Algésiras, en Andalousie; des plaines entourées de montagnes peu élevées, des bois d'oliviers, chênes verts, etc. La route tracée jusqu'à Mechmaya n'est ferrée nulle part. Le camp de Mechmaya est dominé de partout; la rivière en est à quarante mètres. Il y avait beaucoup de bois; ils diminuent à cause des fréquents passages de troupes. Officiers et soldats sont mal établis dans de doubles tentes; on ne saitpasen France ce qu'officiers et soldats souffrent, surtout de l'ennui de ces tristes demeures où ils passent des mois et des années, si on oublie de les relever, ce qui arrive fréquemment.

Les tribus arabes depuis Bône sont amies; aussi ai-je vu beaucoup de morceaux de terre labourée et des troupeaux de moutons et de bœufs qui paissaient. Le convoi arrivé le 18 à Dréan a souffert de la f)luie toute la nuit, au bivouac; une partie du sel porté par les mulets s'est fondue. Si la pluie continue, ou si elle revient, la garnison de Constantine n'en aura guère.

21. — Je suis parti à sept heures du matin; j'étais à huit heures à Amman-Berda, poste sur la hauteur qui est fortifié de murailles en pierres sèches, avec deux tours carrées, sans fossé. J'y ai trouvé cinquante hommes sous de doubles tentes; il y a, au bas de la colline, des eaux tièdes avec un reste de piscine romaine. Le chef de bataillon du Frenay, du 12« de ligne, commandant le convoi depuis Bône, s'est laissé voler quatre chevaux du génie et d'artillerie au camp devant Amman-Berda.

J'ai été visiter Guelma, et pour y arriver, j'ai passé la Seybouze à un gué qui est impraticable par les grosses eaux. Le colonel Duvivier y commande. Il a fait beaucoup travailler

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