CHAPITRE V. — FEVRIER
Amar, à mon passage, y reste; le bataillon du 12« de ligne voyagera pour son compte. Cent cavaliers accompagneront les voitures et les mulets de bât déchargés. J'ai témoigné ma satisfaction pour l'ordre avec lequel le convoi a marché.
29. — Je suis parti à sept heures du matin du camp de Mjez-Amar, et je suis arrivé au camp de Mechmeya à une heure et demie. Le chef de bataillon Bordot et les capitaines du 23" de ligne qui sont dans ce camp m'ont prié en grâce de dîner avec eux; ce que j'ai fait en leur donnant tout le vin qui me restait.
30. — Nous avons pris, en quittant Mechmeya, à gauche de Dréan en nous rapprochant du lac Fezara. Cette route est plus courte de huit kilomètres. Les chevaux s'enfoncent sans cesse dans cette plaine marécageuse. J'ai trouvé les colonels Roux, Corbin et d'autres officiers venant au-devant de moi. Je suis arrivé à Bône à trois heures de l'après-midi.
31. — Le reste des troupes du convoi est rentré à Bône, heureusement sans pluie.
5 février. — Le bateau à vapeur rElna est arrivé d'Alger m'apportant l'autorisation de rentrer en France, pour y profiter d'un congé que j'ai demandé et dont la durée sera fixée ultérieurement.
4. — J'ai réuni à dîner les officiers supérieurs, les principales autorités civiles et le sous-intendant Dussert, qui est bien. Mon palefrenier Meroux a pris la fièvre. Je l'ai fait sortir de l'hôpital, et j'espère que la traversée le remettra. Je laisse le commandement de la province de Bône au colonel Roux, du 12» de ligne, qui est un fort brave homme.
7. — J'ai quitté Bône sur VEtna, avant-hier, à une heure de l'après-midi, et nous avons mouillé aujourd'hui à Alger, à huit heures du matin. Notre traversée a été de quarante heures, y compris neuf heures de relâche à Bougie.
J'ai dîné chez M. le maréchal Valée; il avait prié, à cause de ma venue, le lieutenant général Rulhières, le contre-amiral Dufresne, commandant de la marine, le général Auvray, son chef d'état-major.