‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862 (volume 3)Chapitre 89 sur 231 · On a accordé à Alger les effets d'hôpitaux aux malades · texte numérisé non relu

On a accordé à Alger les effets d'hôpitaux aux malades

Le maréchal Valée a prescrit de suivre l'exemple que j'ai donné à Bône. La raison du défaut de local pour les mettre a été également donnée; la vérité est que les directeurs d'hôpitaux mettaient dans leurs poches l'indemnité accordée pour leur entretien.

Les articles des journaux en France, œuvres des aventuriers peuplant l'Afrique, sont fâcheux pour la colonie. La vérité ne leur est de rien. Pour certaines gens, c'est un moyen d'avancement; ils dépensent beaucoup d'argent dans ce but. Cela leur a réussi; on cite le brouillon colonel Duvivier qui veut se faire croire nécessaire en Afrique. On jugera plus tard, lorsqu'il sera employé en France, de la valeur de cet officier. Doué d'une ambition démesurée, il n'a, comme le colonel Lamoricière, qui vaut mieux que lui, aucune idée de la subordination et de la discipline.

Le chef d'escadron dont j'étais affublé comme chef d'étatmajor à Bône écrivait aussi dans les journaux. Cette presse d'Afrique est d'autant plus dangereuse qu'elle publie en France des choses qui se passent trop loin pour que l'opinion puisse faire justice des mensonges en rétablissant les faits. Le gouvernement se laisse parfois influencer par cette presse d'Afrique transplantée en France; c'est encore un obstacle pour faire le bien dans cette colonie. Le correspondant du Toulonnais à Bône était un boulanger; la nature des articles de ce journal dépendait donc, pour moi, de ce que mon cuisinier lui avait ou non accordé ma pratique.

J'ai eu une longue conversation avec le maréchal Valée. Nos opinions sont assez d'accord sur les hommes et les choses de la colonie. Il m'a témoigné des regrets de ce que je partais, et m'a assuré du plaisir qu'il aurait à me revoir en Afrique. Le gouverneur ne s'aveugle pas sur les difficultés de sa mission; il a raison. Le maréchal Valée m'a paru fâché de ce qu'on savait, à Paris, qu'il n'avait pas été enchanté de ma venue. Cela n'en est pas moins vrai; je lui ai donné ma parole d'honneur que je n'ai pas écrit directement un seul mot au ministre de la guerre, quoique j'en aie reçu deux lettres; cela est positif et d'ailleurs conforme à mes prin-

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