CHAPITRE VU — MARS 18i:i
commandant do la ^Mrdo natiuiiah! de Paris. Elle a pris en entier la cocarde tricolore, et continiK; auprès de l'empereur Napoléon le service qu'elle faisait auprès de Louis XVIII. L'Empereur a aboli la noblesse, à rexce[)tion de la sienne; il ordonne aux émigrés revenus avec le Koi, n'ayant été ni rayés ni amnistiés, de sortir de France sous quinze jours. Il dissout la Chambre des pairs et celle des députés. Il déclare nulles les nominations faite<> par le Roi dans la Légion d'honneur, s'en réservant d'en confirmer une pailic 11 abolit l'ordre de Saint-Louis et la décoration du Lys. Les biens d'émigrés rendus depuis la rentrée du Uui sontôtés aux propriétaires et retournent au Trésor.
Ces décrets sont datés de Lyon, du i'A mars 1815, contresignés par le grand maréchal comte Bertrand, faisant fonction de major général de la Grande Armée.
22. — L'Empereur a donné le portefeuille de la justice au prince archichancelier de l'Empire. Sa Majesté a nommé le duc de Bassano ministre secrétaire d'État, le duc de Gaëte ministre des finances, le duc Decrès ministre de ia marine, le duc d'Otrante ministre de la police générale, le comte Mollien ministre du Trésor impérial, le maréchal prince d'Eckmûlil ministre de la guerre, le duc de Vicence ministre des affaires étrangères, le lieutenant général comte Carnot ministre de l'intérieur, le duc de llovigo premier inspecteur général de la gendarmerie, le comte de Bondy préfet de la Seine, le conseiller d'État lléal préfet de "police, le comte Mole directeur des ponts et chaussées.
Le prince de Condé s'est embarcpié à Dieppe.
24. — Le Roi se rend de Lille à Mcnin; il a été escorté jusqu'à la frontière par le 12* de cuirassiers. Les troupes ont pris la cocarde tricolore à Lille, après le départ du Roi.
Le duc d'Orléans a quitté cette ville pour aller s'embarquer à Ostende. Son discours aux troupes leur a plu : « Le prince d'Orange, a-t-il ilit. olfre d'entrer comme auxiliaire du roi Louis XVIII; mais je suis Français avant tout. J'ordonne de fortifier les places et de faire feu sur les troupes étrangères. » Athalin et Raoul de Montmorency, ses aides de canq), sont rêve-
nus à Paris. La maison militaire du Roi a été licenciée à Béthunepar son ordre. M. le duc de Berry a laissé à ses troupes une faible idée de sa détermination, mais une grande de sa grossièreté.
Le maréchal Mortier a annoncé à Lille, par un ordre du jour, que le Roi remettait aux troupes leur serment de fidélité.
L'Empereur conserve les dénominations de lieutenant général et de maréchal de camp, substituées, à la Restauration, à celles de général de division et de général de brigade.
26. — Le Moniteur contient une plate adresse du Conseil d'État à l'Empereur, expliquant que S. 3L Napoléon est le souverain le plus légitime.
Les chambellans recommencent aujourd'hui leur service auprès de l'Empereur. MM. de Beauvau et de Praslin ont repris leur titre de comte en échange de ceux de prince et de duc, portés par eux depuis la Restauration. Ils sont de service ordinaire.
Les membres du gouvernement provisoire, les ministres. M. Sosthène de la Rochefoucauld, sont exilés à quarante lieues de Paris, leurs biens séquestrés; le nom de ce dernier se trouve sur cette liste de dix-sept personnes, parce que, lors de l'entrée des alliés en 1814. il a le premier attaché une corde au cou de la statue de Napoléon sur la place Vendôme pour la jeter à terre. On cite d'autres personnes exilées par la toute-puissance de l'Empereur. Le baron de Pradt. archevêque de Malines, est du nombre.
29. — Il y a eu une affaire prè.s de Montélimart, entre les gardes nationales du département de la Drôme et celles de Marseille. Les o8' et 83» régiments, venant de cette ville, ont abandonné M. le duc d'Angoulème à ce combat: il ne lui est resté, avec les gardes nationaux du Midi, que le 10* de ligne. Le lieutenant général Grouchy a fait partir de Lyon le général Pire, avec le & d'infanterie légère.
2 avril. — Le lieutenant général ('.lauzol s'est emparé de Bordeaux. La cocarde tricolore y a été arborée. Malgré tous ses efforts, Mme la duchesse d'Angoulème n'a pu parvenir à faire battre les troupes; elle montait à cheval, courait de rang