CHAPITRE PhlOMIKR
étaient chargés de capotes, de chemises, d'effets militaires destinés aux insurgés.
Le 25 novembre, le général Mouton m'envoya vers Persuoz visiter les cantonnements de la brigade Ueynaud, établie dans de bons villages. Le 26, dans une promenade de ce côté avec le maréchal Soult, nous vîmes encore allumer des feux sur les hauteurs à notre approche.
Un de nos divertissements était de pocher des huftres en bateau: on en trouvait beaucoup près du pont. Nous avions des matelas, nous les méprisions, nous préférions le foin, à cause des puces.
Il n'y avait pas de postes à ce corps d'armée; chose fort incommode, le seul moyen de faire parvenir les lettres était de les remettre aux officiers d'état-major, lorsqu'ils venaient du grand quartier général. Un officier du quartier impérial nous apporta des ordres, et nous quittâmes San-Vicente de la Barquera le 29 novembre. Nous parvînmes à Ceris par quatre lieues de montagne affreuse, et à Castro par des sentiers horribles et une descente à pic. Les paysans se sauvaient à notre approche; ils revenaient quand le gros de la troupe était passé pour faire feu sur les traînards. Au milieu même de la colonne, placé derrière des broussailles, un paysan a tiré dans un chemin creux sur l'officier de l'escorte du général Mouton; la balle a coupé l'oreille de son cheval. On ne put atteindre le coupable; il s'échappa dans les rochers.
Décembre. — Le 1" décembre, le général Mouton reçut à Potès, à sa grande satisfaction, l'ordre de retourner auprès de l'Empereur ; il fut remplacé à sa division par le général Merle. Le colonel Castella, du 2* suisse, commandait à Potès; il y était resté quelques habitants. Nous partîmes de Potès le 2 décembre, avec des Polonais de la garde impériale détachés auprès du maréchal Soult et rappelés à leur régiment. La division Merle se mit en mouvement en même temps.
Je restais un peu en arrière des colonnes d'infanterie pour faire marcher mes chevaux de main ; un de mes gens fut enlevé avec un mulet, à cinquante pas de moi et à quarante de la queue de la troupe. Cet enfant s'échappa et descendit
en criant. Le capitaine Perrin le suivait, il monta la côte au galop. Les paysans armés lâchèrent la mule au pied d'un rocher; il la ramena sans le portemanteau. Je franchissais la montagne à bride abattue pour escalader ce rocher avec un chasseur; mon camarade m'engagea à ne pas risquer de me faire tuer ou prendre pour un portemanteau, je revins alors; beaucoup de traînards furent blessés par les paysans. Six lieues de chemin de montagnes effroyables nous conduisirent à Bagnes. Nous découvrîmes le nom de ce village le lendemain, en mettant au portail de l'église une embuscade; elle prit deux paysans qui revenaient, croyant le bourg évacué. Les Polonais de la garde se gardèrent militairement. Nous établîmes, de plus, un poste composé de traînards d'infanterie. Une forge nous donna, à Gerbera, le 3 décembre, le moyen de faire ferrer nos chevaux, qui en avaient grand besoin. Nous trouvâmes, le 4 décembre, Alquilar del Campo occupé par un détachement de troupes du grand-duché de Francfort. Le commandant était un ivrogne. Nous eûmes de la peine à faire faire du pain; nous nous séparâmes, ce jour-là, du corps d'armée du maréchal Soult.
Nous fûmes, le 5 décembre, à la Piedra de Huermesès, le 6 à Burgos. Parti en avant avec deux lanciers, je ne fus pas inquiété. Le capitaine d'Estourmel apporta la nouvelle de l'entrée des Français à Madrid. Un petit tambour de miquelets déserta avec une partie de mes effets.
Nous fûmes, le 8, à Lerma, le 9 à Aranda, le 40 à Rogesillas, très mauvais gîte. Nous joignîmes nos provisions à celles d'un colonel d'artillerie directeur de parc; il avait ses fourgons, et nous fîmes bombance.
Nous trouvâmes, le 8 décembre, à Buytrago. attendant une escorte, le général Lebrun, aide de camp de l'Empereur, et son frère Alexandre, aide de camp du maréchal Bernadotte, qui venait de Danemark. Nous eûmes beaucoup de peine, le 12, à Saint-Augustin, à défendre notre écurie et notre maison contre linfanterie.qui voulait les découvrir pour se chauffer au bivouac. Nous rojoiiinîmes. le 13. rFmpcreur. Sa Majesté occupait le château de San-Martin. Nous fûmes nous établir