‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862Chapitre 24 sur 196 · CHAPITRE If · texte numérisé non relu

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autres et fie jouer. Il avait une bour«c do cuir, du fond de laciuelle il tirait ses napoléons, quand il perdait, avec un chagrin parfait.

Des promotions eurent lieu à la suite de la bataille de Wagrnm: j'attrapai onfin, par décret du iH juillet, ce précieux ruban rou-n o|,jot de tous mes vœux. M. Maret, alors ministre secrétaire d'Ktat. m'annon^-a rolte bonne nouvelle en m'embrassant, dans le salon do service. La première proposition faite en ma faveur après le combat do Burgos, renouvelée à celui de San-Vicente, était un pou vieille; ma joie en fut d'autant plus grande. Je commençais à souffrir de ne pas être membre de la Légion d'honneur, surtout à cause de Paris, car à l'armée mes camarades savaient ma manière de me cotiduire au feu. J'avais compté sur cette décoration après Essling. J'ai toujours eu do la répugnance et de la timidité à parler de mes droits à l'avancement. Si vous n'êtes pas récompensé, le premier jour on vous plaint; le second jour, on se creuse la tète pour vous trouver un tort; le troisième, on en découvre un, parce cpi'il y a avantage à donner raison au pouvoir. Mon général était blessé, nous avions au fait été battus, l'Emporciir n'aimait pas beaucoup à donner des faveurs après les déroutes. Enfin Wagram me la procura.

L'avancement le plus remarquable do la campagne fut celui do M. de Sainte-Croix, major, premier aide de camp du maréchal xMasséna. Il fut successivement nommé officier de la Légion d'honneur, colonel, général de brigade, reçut de plus le titre de comte et deux croix étrangères. Atteint d'un boulet au coude-pied à AVagram, et toujours heureux, il en guérit promptemont. J'étais fort lié avec lui. M. de Sainte-Croix était aimable, spirituel, audacioiix; TEmporvur l'avait pris on affection, il lo nomma plus tard général do division. Il avait toujours servi dans l'infanterie; Sa Majesté voulut qu'il commandât dos dragons. \t\ boulot [»ordu lo tua en Portugal; s'il oiU vécu, il fiU dovoun nraréchal dr France; je le regrettai beaucoup. II était fils de M. riescorches de Sainte-Croix, préfet do la Drome, n.^ve.r du vieux Sainte-Foix, épicurien aimable, passant sa vie <*hoz .M. (!.• Tallovrand.

Le 21 juillet, le général Reille, aide de camp de service, me dit d'entrer chez l'Empereur; j'étais le dernier à marcher, je lui en fis l'observation. « L'Empereur vous demande nominativement, entrez. » Sa Majesté était assise à une table, M. de Menneval, son secrétaire, à une autre, près de la fenêtre, t Sire, je suis profondément reconnaissant de la bonté de Votre Majesté de m'avoir donné la croix. » L'Empereur me répondit par cette exclamation : « Brave jeune homme, attendez. » Un moment après, se levant, il vint à moi, me remit Tordre suivant. Mon nom était écrit de sa main, avec l'orthographe telle que je la transcris. Il me recommanda de plus, de vive voix, de lui faire un rapport sur les troupes et les hôpitaux.

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