‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862Chapitre 3 sur 196 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

contribuer aux enihellissements de la ville de Lyon, qui fut complètement transformée à cette époque.

Au milieu d'une population qui avait été jusqu'alors hostile à larmée, mon père fit aimer et respecter le soldat, et voici ce qu'un officier d'élite et de haute situation, qui servit sous les ordres de mon père à Lyon, m'écrivait à ce sujet :

« L'effet de l'arrivée du général de Castellane à Lyon « fut surtout moral. Avant lui, l'armée était presque jource nellement insultée; c'est à peine si les officiers parais- « saient en uniforme en dehors du service strict. Le « maréchal changea tout cela, en donnant lui-même « l'exemple et en exigeant que tout le monde, généraux a en tète, ne parût qu'en tenue. Il voulut que l'instruc- « tion donnée aux troupes fût une véritable préparation « à la guerre, et il y réussit si bien qu'on reconnaissait « en Crimée et en Italie les divisions formées à Lyon « sous son haut commandement. »

Le témoignage d'un officier distingué de l'armée prussienne confirme ce document, car voici ce qu'il écrivait en 1853 : « Un séjour à Lyon peut servir pour chaque « troupe de bonne école préliminaire pour la guerre, et « cela d'autant plus que le maréchal de Castellane exige « une discipline extérieure plus sévère que dans toute n l'armée française. L'œil militaire découvre de suite M dans les troupes de cette garnison, surtout en les com- <( parant à d'autres, une tenue bien plus sévère, une très « sérieuse activité, beaucoup plus de sûreté et un senti- « ment d'assurance personnelle dans le caractère de « chaque soldat.

« Les officiers auxquels il est défendu <lo porter l'habit « civil se distinguent très avantageusement de ceux des « autres garnisons. Aussi les troupes sont-elles rcspec-

PRKFACE. V

« tées et craintes parles habitants de cette populeuse ville « (le fabriques, de sorte qu'en de pareilles conditions, une « ^^arnison, peu importante même, suffirait à maintenir « l'ordre. »

Les gens dévoués à leur pays, les officiers qui aiment b'ur niétior liront sans doute avec intérêt le récit de cette vie consacrée tout entière à la France et au devoir militaire.

Je dédie spécialement ce travail à mes petits-neveux, qui seront heureux d'y trouver un exemple et un sujet de légitime fierté.

Comtesse de Beaulaincourt Marles, née Castellane.

Le Journal du iiiarérhal de (la^tellano se compose de cinquante-six volumes manuscrits. Pendant la campagne de Russie, il avait emporté deux petits cahiers sur lesquels il consignait ses impressions. Il perdit tous ses bagages au passage de 1.1 liérézina et à Kowno, et ne sauva que ces deux petits cahiers serrés dans la poche de sa capote dont ils conservent encore le pli. Ils forment les numéros 1 et 2 du Journal. Ayant eu la main droite gelée, il continua pendant quoique temps après son retour à écrire de la main gauche, et. depuis, il fut souvent obligé de dicter ses notes à des secrétaires.

Depuis 1831, M. de Castellane avait entrepris de rédiger ses mémoires, en se servant de son Journal^ de notes prises par lui antérieurement à 1812, et de sa correspondance journalière avec son père. Il avait donné à cet essai le titre de Bagatelles sur mon temps, et il y raconte sa vie depuis son engagement au service en 1804. A partir de 1812, les Bagatelles sur mon temps reproduisent })resque lidèlement le Journal.

Dans la présente publication, pour toute la partie antérieure à 1812, on a donné le texte des Bagatelles sur mon temps; elles ont servi, en outre, à combler (juelques lacunes qui se trouvaient dans le Journal, particulièrement de 1816 à 1820: ces passages sont, du reste, indiqués par des notes.

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