‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862Chapitre 89 sur 196 · Je forme la 16* compagnie · texte numérisé non relu

Je forme la 16* compagnie

9 septembre. — Je m'occupe de l'instruction du régiment; cela commence à aller. J'ai amené les sous-officiers au point que, la veille de l'examen que je fais de la théorie, plusieurs passent la nuit au corps de garde de la caserne pour y étu-

(1) Je sollicitai et j'obtins au moins du ministre de la guerre l'autorisation de garder au dépôt quelques gardes d'un détachement pour être sous-officiers dans le dctacliement qui devait partir un mois après. Avant, ou était forcé de choisir les sous-oifîciers à tort et à travers, parmi ceux nommés par les préfets. Des détachements arrivant do Rome, d'Amsterdam, du Piémout, du centre de la France étaient formés en quarante-huit heures en compagnie et escadrons, et dirigés sur Mayence. Cent chevaux étaient conduits quelquefois par un officier étranger à la cavalerie, avec des sous-officiers auxquels on disait : «Toi, tu es maréchal des logis chef; toi, maréchal des logis ; toi, hrigadier. » Ces braves gens n'avaient pas la moindre idée des devoirs de ces grades. {Note du maréchal.)

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(lier, parce que, conformément au rèf,'lement, il est défendu (1 avoir de la lumière ailleurs. J'ai, pour chaque grade, fixé un degré d'instruction, le sine qud non de l'avancement.

i5. — Gabriel de Bérenger; officier d'ordonnance, a été blessé à mort par un boulet de canon, à la bataille de Dresde. Très brave garçon, de peu d'esprit, il avait fait la campagne lie Russie avec distinction auprès du roi de Naples. Il laisse un enfant; sa femme, née Boisgelin, près d'accoucher, est inconsolable. Gabriel de Bérenger avait été pris dans la levée des sous-lieutenants qu'a faite l'Empereur.

Je reçois l'ordre de faire partir le 6* escadron, et tout ce qui est disponible; on veut établir une seconde ligne entre Francfort et Ilanau. Les escadrons du numéro 6 au numéro 10 forment les douze cents chevaux sous mes ordres. J'espérais avoir deux mois pour me former un bon régiment. Ma troupe eût été excellente; au lieu de cela, partie trop tôt, elle se fondra.

i6. — Baptême in fiocchi, à Neuilly, de Louis de Gontaut, fils de M. Charles de Gontaut et d'Adélaïde de Rohan-Chabot, ma cousine. J'étais invité à la fête, mais mes occupations de Versailles m'ont privé d'y aller. M. Charles de Gontaut père, comme jadis pour Henri IV, aussitôt après la naissance de l'enfant, lui a fait avaler une gousse d'ail et un peu de vin. Mme la princesse de Montmorency, qui a quatre-vingts et quelques années, bisaïeule de l'enfant, était marraine. Elle habite Saint-Germain, ne veut point venir à Paris depuis la Révolution, et c'est pour cela que le baptême s'est fait à Neuilly.

20. — Je fais la théorie aux sous-officiers, qui commencent à bien aller. Je fais manœuvrer un escadron du régiment qui commence à avoir quelque instruction.

5 octobre. — Je suis prévenu que je vais recevoir l'ordre de partir en poste pour Francfort.

0. — Le général PuUy me mande que mon ordre ne sera pas aussi prompt, que j'aurai quelques jours de répit; je vais à Acosta.

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