‹ Journal du maréchal de Castellane, 1804-1862Chapitre 90 sur 196 · Le général de division Grouchy vient dîner chez · texte numérisé non relu

Le général de division Grouchy vient dîner chez

nous, à Paris; c'est ou plutôt c'était le seul officier général de cavalerie distingué que nous ayons maintenant; il n'est point employé.

i2. — Je vais à Versailles prendre congé du général Pully et faire mes préparatifs de départ. Nous partons demain pour Reuil.

iO. — Singulière visite de Beauvau à onze heures du soir; ils sont venus jour et nuit de Nancy. M. de Beauvau est sur le siège, où il ne peut dormir; je ne le plains pas, puisqu'il le* veut, mais je plains sa femme et ses deux filles. Charles de Beauvau, quoiqu'il soit boiteux de la blessure qu'il a reçue à la campagne de 1812, est aide de camp du ministre de la guerre. Son frère cadet, Edmond de Beauvau, sous-lieutenant au 6' hussards, a été fait prisonnier, et renvoyé sur parole par le prince Bernadotte: il leur a écrit de Hambourg qu'il revient.

Dans la société de Mme de Beauvau et dans celle de Mme de Gramont, avant la Révolution, on établissait le mérite de chacun souvent fort à tort; mais une fois la réputation établie, elle restait. Mme de Gramont s'étant brouillée avec M. de Lauzun qui avait beaucoup d'esprit, donnait juste dans les mêmes termes les mêmes éloges qu'elle prodiguait auparavant à M. de Lauzun, à M. de Liancourt, nouvellement pris par elle en affection. M. de Gréqui rencontre Lauzun et lui dit : « Tu sais bien, mon cher Lauzun. que Mme de Gramont a donné ton esprit à Liancourt; mais comme il ne s'en sert pas, je lui dirai qu'il te le rende. »

17, — Arrivée à Reuil de M. de Maulde. maréchal des logis au régiment. C'est un homme de qualité des Flandres; il a trente ans, et il a été désigné pour la garde d'honneur. C'est un très honnête garçon que je suis bien aise d'obliger.

i8» — Arrivée du 7* escadron à la Fcrté : je suis content du paquetage, et très satisfait du sous-adjudant-major Pigault- Lebrun. Nous donnons à dîner aux officiers, à plusieurs sousofficiers et à un garde. Toujours point de nouvelles de l'armée; cela est fort extraordinaire.

24. — Je reçois l'ordre du ministre de la guerre de ne me mettre en route que dans un mois.

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