MAI 171S
chancelier chez madame de Maintenon. Madame la duchesse de Berry alla à Versailles voir madame laduchesse d'Orléans, qui se porte un peu mieux depuis sa saignée. — Les affairesde la Constitution vontplus mal que jamais, si on en croit les bruits publics. — Madame la princesse des Ursins avoit résolu de se retirer à Utrecht, mais elle a changé de résolution et a pris un parti que sa famille et ses amis trouvent plus noble et plus raisonnable. Elle va à Rome, où elle a un beau palais , mais elle attendra pour partir qu'elle ait eu un passe-port de l'empereur, parce qu'il faut qu'elle passe par le Milanois. Elle n'auroit pas besoin de passe-port comme Françoise, car nous sommes en paix avec l'empereur, mais elle craint que l'on ne lui cherche noise en la traitant d'Espagnole parce qu'elle vient de ce pays-là.
Mercredi 8, à Marly. — Le roi tint le conseil d'État, qui dura jusqu'à une heure, et dîna chez madanu de Haintenon avec les dames ; il en sortit à trois heures et demie pour aller se promener en calèche dans le grand parc où madame la duchesse de Berry et presque toutes les dames qui sont ici l'ont suivi. Au retour de la promenade il y eut grande musique chez madame de Maintenon. — On continue à croire que l'affaire de Majorque s'accommodera au contentement du roi d'Espagne et qu'il ne sera pas obligé d'en faire le siège. Le P. Daubenton , jésuite , est parti de Rome pour aller à Madrid , le roi d'Espagne l'ayant choisi pour son confesseur ; il l'a déjà été, et depuis être sorti d'Espagne il s'étoit retiré ù Rome où il étoit assistant du général. — Prior a été maltraité en Angleterre par un particulier qui prétendoit avoir sujet de se plaindre de lui , et les ministres de l'ancien gouvernement qui prétendent que Prior les a trahis se sont réjouis de sa triste aventure.
Jeudi 9, àilarly. — Le roi, après la messe, se promena dans les jardins ; l'après-dlnée il alla tirer , et le soir il y eut petite musique chez madame de Maintenon. Madame
1^ 4uc)ie^^ fï^ Pernr 4evqH aljpr ^ \^ pouIqH^, et les Pidim
ôtpi^pt flQPPés ponr «élu, iniiîfi^f4lfi » mi^^x lûnié &«» pc^-
m^ner daus lfi$ J4r4i««i oi^ »|1^ » été ^ivie de iM^immiip dp d4Wf^. El|e 4 eu depuiii quçdqpoii^ jeun une ^iisez kiQgue conyer^ft^Qp avec mi|c)mne de VaiQtmoiij et Toq e^ peci^adé qu'qllesi fmt été contepte» Ffme d§ V^ptiw^ etg\^ madi^R^e 4e Hainteiion a troijvé l)eaucQup ^'««prtt à pefte pripcessiE}, -r^-llkHiléléQD^ ^mbassadeiff d'fiq[>agDe en ^i^gletçirre , m^d» q^e ]»» ^f&ire^ de ce p«^ys-là se brpuUlent fort ; lea tqries et len wîgba aont plus animés que jam^^. Révoque de S^isb^ry;, que pou^ ayoi^9 counq ici pendant qu'il u'étoit que Ip dpcteur Buriipt fi| q^\ étoit un des wigbs le plus ^^é pour son pe^rti, est ffiQTt*
Vmdrfdi IQ, à JU^rly. -r— |L.e rc4 irç^vcHllft ^y^ le P, le Tellier ; après son dîner il alla vpipfQf^tt^tedanss^l^acsiiis dp nouvelles parpes qij'on a appor^pif, l\ rentra eu^uite chezlu^ et n'eu çorti^gu'à sii^ h^ureç pqup ypi^ jq^er s^u petit mail> et pu^sps^s^ c^ç^^ madame 4e H^iutenQu, qù j| y eut gyaude n]^usig\i^- — l-'ah^^ d'Estr^tdes est mp^t ^ Cbaillot, pù U é^Pi^ x^tieé ; il avpi^ é^é ^o^l^assadem:* à Yf^ nisç et ^ Turin. Le^ dépeQsc;^ qi^'^l ayoi^ faites ^ans s^ aml>^sf(de3 Vfi^vpient fort pn^i^tté ; c'e$t ce qui lui &Voit f^Ût p^epdre le partie U y a d^j^ quelque^ années, de demeurer à, la çïux^pagne. Sps 4?^t^9 étoiei^t presque toutes payées, et présaqteiueut il au^oit joui d'u^ asspz grps reyenu; il ftypi^ lC|,OQft fr^ftcs 4§ E^P^pi^ SUf les abbjs^yp^ d^ l'abbé de Lypnne et avo^t V^'^^^y^ ^^ M^issaC| qui pst 4'uu reveuu cousidèrable.
Samedi il, à Marly. — Le roi sp promeua \p mc^tîn d^^ns ses jardins, et Taprès-dlnée il alla vp^r jpuer au grand mail ; il y ^vpit douze calèche^ pl^ii^^ de damps à lasuitç. Monseigneur le Dauphin, qui ^toit yeuu Ip m^tin de Versailles, suivit ^e roi à. sa pron^pnade , mais il n'attendit poiut Ift cpUation, qui fut magu^fique pt qui fut servie auprès du (Uail. Le roi rpyint à sept heures, passa chez n^adame 4l^ Haintenou, où il travailla avec M. le
MA» \1IS. 4IÛ
chancelier. — M. le ditcde RjchelipH mourut la nuit passée à Pai'is ; il avoit quatre-vingt-six ans et avoil déjà eu quelques attaques d'apoplexie. Il avoit gagné un combat sur mer auprès de Castellamare en 164-7. Il avoit été chevalier d'honneur d^ madame la OaipbÎQe-Bavièrp, et c'est de lui que j'avois acheté cette charge-là. 11 vaque par sa mort un cordon bleu, et il y en avoit déjà plus de cinquante vacants.
Dimanche 12 , à Sfarly. — Le ro( tint le conseil d'État le niatin et l'après-dinée , et pe sortit point de tout le .jour, et à six heures enti'a chez madame de Uaintenon où il y eut grande musique. Madame la duchesse de Berry alla à Versailles voir madame la duchesse d'Orléans, qui est toujoursfopt incommodée. — M. le baiUi de Hesmès, ai^bassadeur d^ Malte , alla rendre visite en cérc^ïmoqie à M. le prince de Dombes, qui le reçut à l'Arsenal ; c'est la première fois que les enfants des enfants naturels aient reçu pareil honneur, mais aussi n'ont-ils jamais eu un si grand rang que celui qu'ils ont aujourd'hui*. — On niande de Madrid que la reine d'Espagne a été un peu indisposée et que l'on doute môme de sa grossesse. Le roi a donné la Toison au prinoe de Nassau, frère de celui dontla femme est à la Bastille. Le roi a donné la grandesse à don Alonzo Manriquez **, son premier écuyer.
* Pieq Q'avoit été plus di^cile ui plus long que de spmnettre les a[nbassa4eurs à traiter MIV|. du Maine et fk Toulouse eomnie les princes du sang. A peiue cela coDimennoit-il it^'étu|)lir, gua les enfants de M. du Maine obtinrent le niËme avantage. Qa se sorvit habilement, pour faire la planche de celte nouveatilé, de In conjoncture i|e l'ambassadeur de Maltf , dont l'ordre étoit trop sous la coupe du roi pour oser |)ran1er, et d'un ainbassadeur, frère du premier président de ïlesmes, c's^t-à-dire vendu h ly^ du Maine. En Espagne, les umbassadeurs ie Malte, malgré ce cafiictère, jie se couvrent [loiut, yuoitjue les grands assisleiit couverts à leurs audiences de cérémonie. Ils dirent que c'est parce que l'ile de Malte a èlé donnée par l'Espugoe ù l'ordre, au sortir de Aliodes.
'* Alojiio Manriquiv. avoit été majordonie, puis fait [iremiei' écuyer ;