‹ Journal du marquis de DageneauChapitre 17 sur 21 · II.U\ I7lli · texte numérisé non relu

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aperi;ul, et aWe k surprit Ibit quand ello lui l'ii avoua In tMiuse) ii le pli étoit pris, et ilu'y avoit plus moyeD d'y reDiédûr. Il rq)reiiDi(.B UD jour un de ses curés de s'être trouvé à une ao(x. Le curé se fendit par Texemple de N.-S- qui se trouva k celles de Caoa. • Voyee^ ^ vous , monsieur le curé , lui répliqua-t-il , avec un air chagrin , ce n'est pas ce qu'U a fait de ntieux. » Quel blagpttème dans une autre bouche ! Ce iKHibomaie croyoit fort bien répliquer et d'une manière édifiante , et il est vrai aussi que de lui oa le prenoit de même. C'étoit un vrai pasteur, tout occupé du soin de son diocèse , et avec plus d'esprit et de sens que Dieu ne lui eu avoit donné pour tout le reste. Il étoit ricllé de patrimoine , son évéché l'étoit aussi ; il eut l'induslrie de le doubler sans grever personne. Tout alloit aux pauvres, tl vivoit bonn^tement , mais fort ^iscopalemeut ; au bout de l'an , il n'avoit pas un éeu , et tout alloit en bomies œuvres. Tant que le roi Jacques a vécu , il lui donnoit tous les ans 10,000 écus.etjamais on ne l'a su qu'après la mort de l'évêque , non plus que quantilé d'autres œuvres nobles et grandes qui faisoient subsister et marier la pauvre us blesse de son diocèse. C'étoit do plus le meilleur et le pluH doux des hommes , avec un air quelquefois grondeur, mais jamais de voies défait ai d'autorité. Le roi le traitoit avec une sorte de bonté et même de distinction , dans le peu qu'il paroissoit devant lui, et le bon évêque étoit libre et familier avec lui comme s'il l'eût vu tous les jours. Nul bruit jamais dans son diocèse, qu'il laissa dans la paix et ses af&lres en f^rand ordre. Sa mort ttl le désfflpoir des pauvres et l'affliction amère de tout son diocèse. Avev cela, il étoit quelquefois dangereux par des vesperies qu'il lui arrivoit de faire, mais à des gens qu'il ne savoil plus par où prendre , et ce trait en montrera le zèle. Il avoit un procès à Rouen et il le aollicitoit- Un des prineipau^t présidents à mortier, et qui menoit le plus le parlement, avoit chez lui une femme mariée qu'il entretenait publiquement, et avoit foreé la sienne, par ses mauvais traitements, à se mettre dans un couvent. Il alla donc pour voir ce président qui étoit de ses juges ; le portier lui dit qu'il u'y étoit pas , M. de Bayeux insista ; le portier l'assura qu'il étoit sorti , taais , que s'il vouloit entrer, que madame y étoit. ' Comment madame ! s'écria l'évêque ravi de joie, eh ! de bon cceur ; et depuis quand est-elle revenue chez M. le président ? — Mais ce n'est pas de madame sa femme que je parle, répondit le portier, c'est de madame une telle. — Ah! li! f\ I répliqua l'évêque , je ne veux point entrer ; c'est une vilaine , une vilaine que je ne veux pas voff; dites-le bien à M. le président de ma part , et que cela est honteux à un magistrat comme lui de maltraiter comme il fait mndame sa femme, une honnête femme et vertueuse comme elle et donner ce scandale , et vivre avec une gueuse , et encore à son âge 1 fi , fi ! cela est infâme ; dites-lui bien de ma part, encore une fois, et que je ne re-

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viendrai pas ici. » Voilà la belle sollicitation que fit ce bonhomme, et la rareté est qu'il gagna son procès et que ce président Vy servit à merveille. Il ne se raccommoda pourtant pas avec lui; mais ce conte fit rire toute la ville et vint jusqu'à Paris après.

Jeudi ^Oy jour de la fête de Dieu, àMarly, — Le roi^ à dix heures^ monta en carrosse avec madame la duchesse de Berry, Madame^ M. le duc d'Orléans et mademoiselle de Charolois^ et alla à la paroisse et suivit le saint-sacrement jusqu'au reposoir^ toujours à pied, malgré le grand soleil; il resuivit la procession à l'église où il entendit la grande messe, et Faprès-dinée il retourna à la paroisse où il entendit vêpres et le salut. Le soir.^ chez madame de Maintenons il y eut petite musique. — Le grand maître de Malte renvoie tous les chevaliers qu'il avoit cités ; il y a même déjà quelques-uns des François arrivés à Paris. — Madame la duchesse d'Orléans a commencé ce soir à occuper le bas du pavillon qu'elle avoit demandé au roi avant que l'on partit de Versailles.

Vendredi 21, àMarly. — Le roi travailla le matin avec le P. le Tellier; il dina de meilleure heure qu'à l'oMinaire, alla courre le cerf dont il étoit de retour avant cinq heures^ et à six heures alla à la paroisse entendre le salut. Le soir, chez madame de Maintenon y on joua la comédie de V École des Maris. — Quand le cardinal de Rohan demanda au roi Tabbaye de Saint-Waast d'Arras, il le pria d'y mettre 10,000 francs de pension; ces pensions ont été mises aujourd'hui. Il y a 4,000 francs pour l'abbé de Ravannes , ami particulier et toujours fort attaché à ce cardinal ; il y a 3,000 francs pour le P. de Mornay, coadjuteur de Québec, et 3,000 francs pour le P. Timothée, qu'on envoya à Rome il y a quelques mois et que le pape a fait coadjuteur de BaÎ3ylone. M. le cardinal de Polignac a souhaité aussi qull y eût quelques pensions sur Ànchin, et le roi y en a mis pour 4,800 livres ; ce sont quatre hommes attachés à ce cardinal qui auront chacun 1,200 francs.

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Samedi -l-l, à Marty. — Le roi se leva un; peu plus tard qu'à l'ordinaire, parce qu'il ne tient point ici de conseil les samedis ; il travailla l'après-dlnée avec M. le chancelier, alla au salut à la paroisse , se promena ensuite dans ses jardins, el joua le soir chez madame de Maintenon avec les dames. — Le prince de Cellamare vint ici au lever du roi, qui lui donna audience dans son cabinetj et puis cet ambassadeur alla voir M. le duc d'Orléans, à qui il porta une lettre du roi d'Espagne très-obligeante et très-bien écrite. — G'étoit hier le jour de la naissance du roi d'Angleterre, qui est à Bar-le-Duc; il a vingtrsept ans accomplis. Comme il y a quelques villes en Angleterre qui l'oot déjà proclamé roi , on espère qu'il se sera iait quelques mouvements populaires le jour de sa naissance.

IHmancbe 23, àMarly. — Le roi tint le conseil d'État, dîna chez madame de Maintenon , travailla chez lui l'après-dlnée avec M. Pelletier, alla au salut à la paroisse, et le soir il y eut grande musique chez madame de Maintenon. — Le roi, qui avoit été assez resserré quelques jours, ce qui l'incommodoit un peu, se trouva fort soulagé le soir, et son ventre s'ouvrit abondamment sans avoir pris aucunremède, — ...., colonel etbrigadier de cavalerie, arriva le matin et M. le chancelier le mena au roi ; il est parti de Majorque le 16 au matin. 11 apporte la nouvelle que le débarquement se fit le 15 à Porto-Pedro, qu'on n'y trouva aucune résistance. Nous y avons douze bataillons françois et douze espagnols et huit cents chevaux. On prépare à Barcelone un autre embarquement de pareil nombre de troupes ; le chevalier d'Asfeld, qui commaudi!, devoit marcher le 17 pour aller faire le siège d'Alcudia. Iln'y a dans cette lie que cette place-là et Majorque, qu'on appelle aussi Palma, qui est la capitale.

Luiidi^h, à Marly. — Le roi tint le conseil de dépêches, et> l'après-dinée , il travailla avec M. de Pontchartrain ; à six heures il alla au salutàlaparoisse,etau retour entra

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chez madame de Maintenons où il joua avec lesdaoïes. — H. le prince de Conty, étant àlssy^ monta dans une petite calèche avec mademoiselle de la Roch^-«ur-Yon^ iasœur ; H. de Bauffremont menoit la calèche, et demèjre étott M. du Chaylar. Les chevaux emportèrent la calèche dans les allées du parc, et ils étoient près de tomber d*une terrasse en bas, quand H. de la Noue^ premier écuyer de ce prince, qui se promenoit à pied au bout de cette allée , voyant le danger où étoit son maître^ se jeta aux chevaux qu'il ne put pas arrêter, car ils lui forcèrent la main ; mais cela les fit détourner et heureusement ils furent arrêtés entre deux caisses d'orangers. M. du Chaylar, qui étoit derrière la calèche, voulut se jeter ; son épée se prit dans la roue, et ou dit qu'il est très-dangereusement blessé. La Noue est blessé aussi ^ mais moins considérablement.

Mardi 2S, à Marly. — Le roi tint le conseil de finances, travailla ensuite avec M, Desmaretz; Taprès-dinée il courut le cerf ^ revint de la chasse à cinq heures, alla au salut à la paroisse et au retour travailla avec H. le chancelier chez madame de Maintenon. — Madame de Coëtanfao mourut le soir à Paris; il y avoit déjà quelques jours qu'elle étoit sans espérance. Son mari, qui étoit allé aux eaux , ayant appris le triste état où elle étoit, revint des eaux quelques jours avant qu'elle mourût, et il ne se porte pas bien. M. de Coôtanfao est chevalier d'honneur de madame la duchesse de Berry, et elle étoit une des quatre dames qui sont auprès d'elle depuis peu. — On mande de plusieurs endroits d'Allemagne que le roi de Suède n'a pas quinze mille hommes dans son armée, et que cependant il ne parolt pas qu'il ait intention de faire la paix.

Mercredi 26, à Marly, — Le roi tint le conseil d*État, dina chez madame de Maintenon, tint encore le conseil d'État l'après-dlnée, parce qu'on n'avoit pas pu finir toutes les affaires qu'il y avoit ; il alla ensuite au

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