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salut et puis se promenu dans ses jai^lins. A huit heures k musique cotumeoça chez madame de Mainlenon. — Le prince de Cellamare vint ici au lever du roi, et le poi lui promit de lui donner le premiei logement qui vaqueroit ici. Le roi d'Espagne en Uiie de même pour le duc de Saint-Aignan, notre ambassadeur; car il lui a donné un appartement à Aranjnez, quoique la maison soit fort petite. — La place qu'avoit madame de Coëtanfao cliez madame deBerry a été donnée à madame d'Armentièrea, dont le mari est un des deux premiers gentilshommes de la chambre de M. le duc d'Orléans; et elle est tille de madame de iussac pour qui madame d'Orléans a toujours eu beaucoup de bonté.
Jeudi 27, à Xarly. — Le roi, à dix heures, alla à la paroisse; il suivit la procession jusqu'au reposoir et la reconduisit ù, l'église, où il entendit la grande messe. Il revint à six heures à la paroisse, où il entendit le salut et suivit la procession qui se fit autour de l'église en dedans. — 11 y a des changements dans les fermes du roi; on ôte onze des fermiers généraux, et on remplit les onze places de onze autres, qui donneront chacun .550,000 francs, et les vingt-neuf fermiers généraux qui demeurent en place donneront chacun 100,000 francs; il reviendra au roi de cette affaire près de neuf millions, i^s onze fermiers qu'on lite avoient donné chacun <^&0,U0O francs en entrant dans les fermes; mais on ne les remboursera que quand on aura compté avec eux de leur régie.
Vendredi 28, à lUarly. — Le roi se promena le malin dans ses jardins; il courut le cerf l'après-dinée. Madame la duchesse de Berry étoit à cheval avec mademoiselle de Charolois et beaucoup de dames ; mais madame de Parabère, qui tous les autres voyages étoit de ces chasses, n'eu a point encore été de celui-ci. Le soir on joua chez madame de Maintenon la comédie de la Comtesse d'Escarhagnas. — Ducasse, qui étoit à Bourbon, y est mort; il
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étoit fort vieux et fort cassé. Il étoit lieutenant général de la marine et avoit un cordon rouge ; le roi d^Espa* gne lui aypit donné Tordre de la Toison. G^étoit un homme de beaucoup de mérite; on dit qu'il a laissé beaucoup de bien. Il n'avoit qu'une fille^ qui est la marquise de Roye ; son mari est lieutenant général des galères.
Samedi 29, à Marly. — Le roi se promena le matin dans les jardins et alla tirer l'après-dlnée ; le soir il travailla chez madame de Maintenon avec M. le chancelier. Madame la duchesse deBerry^ qui s'étoit trouvée hier un peu incommodée au retour de la chasse, s'est fait saigner ce matin. Une heure après, elle est allée à la messe; elle s'y est trouvée mal. On Ta remise dans sa chaise ; elle s'y est évanouie ; cela n'a eu aucune suite, et ce soir elle se portoit assez bien. — Le duc de Mazarin n'a voit que deux garçons; le cadet, qu'il faisoit appeler le duc de Mayenne, est mort*. — Par toutes les lettres qu'on reçoit de Londres il paroit que les affaires s'y brouillent fort. On attaque violemment Tancien ministère; le comte d'Oxford et Bolingbroke sont accusés de haute trahison ; il y a même des membres de la chambre basse qui en veulent accuser le duc d'Ormond.
* M. Mazann étoit duc et pair de la MeiUeraye et de Rhetelois , à qui le nom de Mazarin fut donné ; ces deux dignités ne pouvoient regarder que son fils aîné. La grâce chancelante du dédoublement en faveur d'un cadet, contre tout droit et usage , et la teneur expresse de l'érection , n'avoit jamais été accordée qu'à M. de la Rochefoucauld ; ainsi le second fils de M. Mazarin ne pouvoit porter le titre de duc ; aussi étoit-ce un enfant qui ne pouvoit être appelé ainsi que par les valets du logis de son père. Il avoit le duché de Mayenne , mais il n'en avoit pas la dignité , éteinte il y avoit longtemps.
Dimanche 30> à Marly. — Le roi tint le conseil d'État, dîna chez madame de Maintenon, tint encore le conseil d'État après son dîner, et travailla ensuite avec M. Pelletier. Le soir il y eut musique chez madame de Maintenon.
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U y eut un grand orage l'après-dlnée, qui empêcha le roi de se promener. — L'archevéïjue de Narhonne, pré- !<ident de l'assemblée du clergé, vint ici, et !e roi lui douna audience dans son cabinet. — Le roi fait venir ici auprès ses quatre compagnies des gardes du corps. Il commencera samedi à les voir ici ; il les verra encore deu\ fois la semaine d'après, et puis il les renverra dans leurs quartiers. — Il fait venir aussi son régiment, dont le premier bataillon arrivera le 11, et les trois autres arriveront avant le 15. Quand on dit le régiment du roi, c'est toujours du régiment d'infanterie qu'on parle, et c'est Nangis qui en est présentement colonel.
Lundi i" juillet, à Marly. — Le roi travailla le matin avec M. de Pontchartrain et sur les quatre heures il alla courre le cerf; au retour de la chasse il joua chez madame de Maintenon avec les dames. — r Moutargis, garde du trésor royal, apportoit au roi 200,000 francs en quatre bourses de 50,000 francs chacune; la pesanteur de l'argent, quoique ce fût tout en or, fit crever la valise où il avoit mis ces quatre bourses. En arrivant ici, il ne trouva plus rien dans la valise, mais un quart d'heure après on trouva une de ces bourses fort près d'ici, vis-à-vis un endroit qu'on appelle le Cœur volatil. On a envoyé force gens sur le chemin par où il étoit venu, et on espère avoir des indices. — Sainte-Maure, qui étoit premier écuyer de monseignem' le duc de Berry, a permission de garder les livrées de ce prince et d'avoir ses armes h son carrosse*.
' C'étoit encore une nouveauté que ce (juî fut accordé à Sainte- Maure. Il trouva (!ela commode pour entrer en carrosse partout et se distinguer par cette livrée; un autre eu sa place se seroit cru de trop bonne maison pour cela, dès qu'il n'avoit plus la charge, ni par conséquent des commodités. Il persuada aisément que M. d'Hautefort, premier écnyer de la reine , avoit été traité de même après la mort de cette princesse , parce qu'il y avoit très-longtemps qu'il étoit mort lui-même et que persom>e u'étoit intéressé en cet abus. Haulefort fit durer par épai^ne lu vieille livrée de la reine , et comme elle en avoit une iiili-
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nîté, cela dnra toute la vfe'd'Haatefort^ qui avoit trèt-peu de gens de livrées. Uuaade méiw timtee lea fokiires de la leiM poar t^épargMr d*eii &ire £iire ; mais jamais depuia la mort de la niw H n'eul de livrées neuves , ni de voitures neuves aui armes de Sa Miyesté.
Mardi % à Marly. — Le roi tint le conseil de finances, travailla ensuite avec M. Desmaretz, alla tirer Faprèsdlnée, travailla avec M. le chancelier chez madame de Maintenon et joua avec les dames. — On a retrouvé deux des bourses qui étoient perdues et q[ui ont été trouvées sur le. chemin par des paysans. — Le chevalier de Marzieux^ capitaine des grenadiers du régiment de la Couronne, arriva ici de l'Ile de Majorque , et apporta la nouvelle que dès que la tranchée fut ouverte à Alcudia, les bourgeois obligèrent la garnison de se rendre ; il n'y avoit que quatre cents hommes de troupes dans la place. — Le traité est conclu avec le duc de Turci pour les galères de Génes^ et il a été signé aiyourd'hui. Le roi lui donnera 360,000 livres par an pour les entretenir, et [elles] serviront la France comme elles servoient l'Espagne.
Mercredi 3, à Marly. — Le roi tint le conseil d'État, diaa chez madame de Maintenon et puis retourna chez lui, où il tint encore le conseil d'État, n'ayant pu finir le matin toutes les affaires qu'il y avoit; après ce conseil il alla se promener dans ses jardins et vit jouer au petit mail. Le soir il y eut grande musique chez madame de Maintenon. — H. de Monroux est mort à la campagne dans une maison près de Paris. Il avoit un régiment italien qui lui valoit 20^000 livres de rente et avoit le cordon rouge de Saint- Louis; il étoit lieutenant général. On croit que son régiment, qui n'est que d'un bataillon, pourroit bien être réformé ; il y a plusieurs gens qui le demandent. — Tous les fermiers généraux qu'on a ôtés sont remplacés ; il y a un des onze à qui on a rendu la place.
Jeudi ky à Marly. — Le roi se promena le matin dans ses jardins ; il courut le cerf l'après-dlnée ; madame la
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duchesse de Berry étoit h cheval à la chnsse avec beaucoup de dames. I^e soir il y eut petite musique chez madame de Maintenon. — La quatrième bourse de 60,000 francs que Montargis avoit perdue en venant ici a été retrouvée par un paysan qui Favoit portée à son curé; on avoit promis 100 pistoles à celui qui la rapporteroJteton les lui adonnées. — Le roi fera samedi lapremière revue de ses gardes du corps, et la semaine qui vient il les verra encore deux fois, une à pied et l'autre à cheval. — Le mariage du due de laRocheguyon est déclaré avec mademoiselle d'Aubijoux, à qui on donne présenti^ment 500,000 francs; elle en aura encore autant après la mort de sa mère et de ses deux tantes.
Vendredi 5, à Marly. — Le roi travailla le matin avec le P. le Tellier, se promena l'après-dioée, et le soir il y put comédie chez madame de Maintenon. — Depuis quelques mois on a reçu à l'Académie des sciences deux étranirers considérables pour associés, qui sont le duc d'Escalona.quel'on appelle souvent le marquis de Villena, et M. de Harsigli, qui est général des troupes du pape. Depuis que cette académie est établie, il y a toujours eu des étrangers associés, et, quand il y avoit un de ces associés morts, on noramoit au roi deux sujets pour remplir la place, U n'y avoit qu'une place vacante; on proposa cesdeux sujets au roi. Il trouva que leur réputation étoit si grande qu'il voulut qu'on les prit tous deux; ainsi il y a un associé plus qu'à l'ordinaire.
Samedis, àMarty. — Le roi se promena le matin et lit après son dîner la revue de ses quatre compagnies des gardes du corps et des grenadiers à cheval ; le soir il travailla avec M, le chancelier chez madame de Maintenon, et puis il y joua avec les dames. Le roi signa le matin le contrat de mariage du duc de la Rocheguyon avec mademoiselle d'Aubijoux, Le roi a donné le cordon rouge qu'avoit Monroux à l'alné Cbeyladet, lieutenant général. — Madame de Saint-Simon, qui (''toit ici
logée au premier pavillon du c6té des hommes^ en est partie pour aller prendre les eaux de Forges; le roi, qui avoit envie de donner un bon logement au prince de Cellamare^ a pris celui-là, et, ne voulant pas que M. de Saint-Simon, qui demeure ici, fût sans logement, il lui a donné celui qu'avoit M. de Courtenvaux , qui est absent depuis huit jours et qui étoit parti sans congé.
Dimanche 7, à Marly. — Le roi tint le conseil d'État et dina chez madame de Maintenon ; après dîner il travailla chez lui avec M. Desmaretz, et puis avec H. Pelletier. A six heures, il alla faire un tour dans ses jardins, et, au retour de sa promenade, il entra chez madame de Maintenon, où il y eut grande musique. — Il s'étoit établi une coutume dès Tannée passée qu'on alloit se promener au Cours après minuit, et on recommençoit à prendre ce train-là; on a eu des raisons que nous ne savons point qui ont obligé â faire donner Tordre qu'à dix heures du soir les portes du Cours fussent fermées. — M. le premier président marie sa seconde fille quoique Talnée^e le soit pas encore; c'est le marquis de Lautrec, fils aîné de M. d'Ambres, qui Tépouse.
Lundi 8, à Marly. — Le roi se promena le matin et courut le cerf Taprès-dlnée ; il ne revint de la chasse qu'à huit heures et demie, et au retour il y eut petite musique chez madame de Maintenon. — Par les dernières lettres qu'on a reçues de Londres, on apprend que la chambre basse veut accuser le duc d'Ormond de haute trahison. Ce milord étoit à une de ses terres, près de Londres; il s'en est éloigné un peu davantage. On propose aussi dans la chambre basse d'accuser le duc de Shrewsbury, mais ce n'est jusqu'ici qu'une proposition. 11 y a encore quelques autres seigneurs qu'on veut accuser et qui ne laissent pas d'aller tous les jours à la chambre haute. Prior est toujours à la garde d'un sergent d'armes.
Mardi 9, à Marly, — Le roi tint le conseil de finances
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et travailla ensuite avec M. Desmfiretz. Il alla après son dîner faire la revue des gardes du corps, qu'il vit à pied ; il dit qu'il ne les avoit jamais vus si beaux. Le soir il travailla avec M. le chancelier chez madame de Maintenon. — On mande de Lyon que M. Mascei, camérier du pape, y a passé; ainsi on compte qu'il arrivera incessamment à Paris. Il apporte la barrette au cardinal de Bissy, et l'on croyoit qu'on apprendroit par lui les intentions du pape sur les propositions qui lui ont été faites par M. Amelot. Il a dit à tous les gens qui l'ont vu sur sa route qu'il n'étoit chargé de rien que d'apporter la barrette, qui est un bonnet carré rouge et à trois cornes, comme on les porte en Italie. M. Mascei, outre sa charge de camérier, est coppiere du pape, ce qui répond auv foQctioas qu'avoient les échansons en France.
Mercredi 10, à Marly. — Le roi tint le conseil d'État, qui dura jusqu'à une heure et demie; il dîna chez madame de Maintenon, et alla tirer en sortant de table. Le soir il y eut grande musique chez madame de Maintenon. Monseigneur le Dauphin vint ici au lever du roi : ilse porte mieux que Jamais. U croit beaucoup, et parle avec une grâce et une justesse étonnantes ; il sait beaucoup de choses pour son âge, et surtout la géographie, où il s'applique avec grand plaisir. — Le premier président vint ici pour demander au roi son agrément pour le mariage de sa seconde fille avec M. de Lautrec, fils aîné du marquis d'Ambres. — Le cardinal de Rohan, en revenant de Paris, i'ul entraîné par ses chevaux dans la descente du côté de la chapelle. Les sentinelles qui étoient à la grille la fermèrent dihgemment; ceux qui virent le carrosse emporté furent fort effrayés, mais on on fut quitte pour la peur.
Jeudi 11, ô Marly. — Le roi se promena le matin dans les jardins; il courut le cerf l'après-dlnée ; madame la duchesse de Berry étoit à lâchasse avec beaucoup de dames. Aces chasses-là Madame est toujours dans une
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calèche derrière celle du roi. Le soir il y eut petite musique chez madame de liaintenon. — M. Mascei est arrivé à Paris chez H. le cardinal de Bissy. — On mande de Bruxelles que le traité de la Bcurrière n^est pas encore conclu ; Gadogan, qui étoit Fentremetteur pour cet accommodement^là^ a reçu ordre du roi Georges ^e le venir trouver à Londres^ et depuis son départ le comte de Konigsegg, ministre d^ Temporeur j a reçu ordre de son maître d'aller à Londres aussi^ et dans leur absence rien ne se fera pour le traité de la Barrière.
Vendredi là, à Marty. — Le roi travailla le matin avec le P. le Tellier, se promena l'après-dinée et vit aller madame la duchesse de Berry à la roulette. Le soir^ chez madame d^ Maintenon, il y eut la comédie du Mariage par pffce (1). — M. de Cany arriva à une heure après midi ; il apporta la nouvelle que l'Ile de Majorque étoit soumise ; la ville de Palme n'a point attendu que la tranchée fût ouverte. M. de Ruby, qui y commandoit avec coounission de Temperevir, a capitulé et a livré une des portes de la ville ; on a accordé à la garnison tous les honneurs de la guerre. Ils d^mandoient qu'oi^ les transportât à Naples, et on leur ^ accordé d^ètre menés en Sardaigne. t^e chevalier d'AsIeld, qui commandent à ce siège avec les pleins pouvoirs du roi d'Espagne^ avoit offert à M. Huby de lui rendre ses terres qui sont en Catalogne et de se retirer chez lui avec l'amnistie qu'on lui dpnperoit; mais il a mieux aimé abandonner son bien, qui n'est pas considérable, et retourner dans les terres de Vempereur, à gui il a toujours été attaché 4§.pui^ la révalto des Catalans. C'est un gentilhomme qui p'avoit jam^s servi avant qette révolte. Les lies d'Ivice, de Caprara et de Dragonera i^ sont soumises aussi^ quoiqu'il y eût une place à cinq bastions dans l'Ue d'Ivice ; c^s lies étoient sous les ordres de M. de Ruby ,
(I) Le Mariage forcé de Molière.
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comme Majorque, dont elles sont fort voisines. Il y avoit dans Palme un régiment de l'ompereur de douze cents hommes, mais sans drapeau. Un capitaine de vaisseau anglois, qui étoil dans la place, a fait ce qu'il a pu pour engager la garnison et les bourgeois à se défendre, leur promettant un grand et prompt secours d'Angleterre. Samedi 13, à Harty. — Le roi se promena le matin dans les jardins, et travailla le soir avec M. le chancelier chez madame de Maintenon. U alla tirer l'après-dlnée. — ^ Il y avoit deux places d'aumônier du roi vacantes , l'abbé de Brancas étant devenu évéque de Lisieux et l'abM de Sourches étant nommé à l'évêché de Dol; ces deux places ont été données il. l'abbé de Froulay et A l'abbé de Rochebonne. Ils sont tous deux comtes de Lyon, et môme l'abbé de Froulay en est doyen ; c'est lui qui viendra servir ce quartier-ci. — Le roi donnera ici à M. de Cany le logement du compagnon du P. le Tellier; ce père ne vient ici que tous les quinze jours, et n'y couche au plus que deux nuits. U. deBerwiok, durant tout ce voyage, a presque toujours été k Fitz-James; quand il en revient il loge k l'appartement du P. le Tellier.
Dhnancke i\, à Marly. — Le roi tint le conseil d'État, dîna chez madame de Maintenon , joua avec les dames, trfivailla avec M. Pelletier, ne sortit point de tout le jour à, cause du vilain temps, et le .soir il y eut grande musique chez madame de Maintenon. 1-e roi partira d'ici pour retourner à Versailles le 10 flu mois qui vient, ([ui aéra de samedi en trois semaines. — Quelque envie que le roi eût d'dter le dixième et la capitation, comme on l' espérait après la paix, après avoir bien examiné tous les moyens qu'il y auroit de donner ce soulagemenf^là à sas peuples, on n'a point trouvé qu'il fût possible, dans l'état où sont les affaires, que le roi se passât de ces secours-là, et ceux qui avoiept racheté lacapitation pour six ans qui se trouvent écoulés recommenceront tl. la payer. L'édil v;i («iroltre, qui nous en instruira encore mieux.
Lundi 15, à Marly. — Le roi prit médecine comme il la prend tous les mois ; après son dîner il travailla avec M. de Pontchartrain^ et le soir passa chez madame de Maintenons où il y eut petite musique. — Le roi devoit donner demain la barrette au cardinal de Bissy , mais cela est remis à jeudi. — Le roi d'Espagne rétablit tous les conseils comme ils étoient du temps de Charles II, mais il y aura quelque différence sur les honneurs qui étoient attachés à la charge de président de Castille^ qui ne donnoit la porte chez lui à aucun grand et qui même ne la vouloit pas donner aux ambassadeurs des têtes couronnées. Il est réglé présentement qu'il la donnera à tous les grands, à plus forte raison aux ambassadeurs. On mande aussi de Madrid que le roi, la reine et les princes sont toujours à Aranjuez^ et que la grossesse de la reine n'est plus douteuse*.
* Dangeau est aussi trop mal informé des choses d'Espagne. Les conseils ne furent point rétablis comme du temps du roi Charles II ; mais on en prit quelque bagatelle extérieure, qui fut une junte où entrèrent les conseillers d'État, et qui dura peu, où il ne se foisoit rien, et tout se décidoit en particulier entre le roi et un ministre , en présence de la reine , qui ne tarda pas à prendre du crédit et à se modeler sur la feue reine , en dernier lieu sur madame des Ursins. A l'égard du président du conseil de Castille et du gouverneur de ce même conseil. Il n'y eut rien de changé à leur rang. Jamais Philippe Y ne fit aucun président de Castille, mais toujour^des gouverneurs , pour la commodité de les pouvoir changer, et il les changea souvent. Il fit même une chose inouïe, et je pense que ce fut en ce temps-ci, qui fut deux gouverneurs à la fois du conseil de Castille, pour diminuer leur autorité ; ils ne durèrent pas. A leur renvoi , ils ne purent se résoudre à la solitude qui suit ces démissions, et ils demandèrent comme une grâce de n'être pas obligés à conserver leur rang , fondés sur ce qu'ayant été deux ensemble, aucun des deux n'avoit pu être véritablement gouverneur du conseil de Castille. Ils l'obtinrent, et, depuis cet exemple, quelques-uns de ceux qu'on a ôtés de cette grande place ont demandé et obtenu la même chose en la quittant , quoiqu'ils eussent été seuls à la fois. Voilà ce que l'auteur de nos Mémoires aura confondu et ce qu'il falloit expliquer; il auroit pu ajouter les cardinaux aux ambassadeurs et aux grands , qui n'ont pas plus la main chez le gouverneur du conseil de Castille que ces
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, mais qui, comme ou l'a déjà dit, cd sont rerus au lit sous prétexte d'iodisposition, aii^ que les ambassadeurs.
Mardi 16, à Marly. — Le roi tÎBt le conseil de finances, qui fut fort court, mais il travailla ensuite avec M. Desmaretz jusqu'à deux heures ; il courut le cerf après son dîner. Au retour de la chasse il travailla avec M. le chancelier chez madame de Maintenon. — Les quatre bataillons du régiment du roi sont arrivés ici et campent dans leur ancien camp ; le roi en fera la première revue samedi, et le roi les verra encore deux ou trois fois avant de les renvoyer à leur garnison. — Le roi a permis au duc de Turci de venir ici lui faire sa cour quand il voudra ; il est regardé présentement comme un homme attaché à la France. — Par les dernières nouvelles qu'on a reçues d'Angleterre on apprend que le duc d'Ormond étoit venu de sa maison de Richemond à Londres, fort bien accompagné, que beaucoup de seigneurs avoient toujours été avec lui à Londres, mais qu'il y avoit fait fort peu de séjour. Les accusations qu'on a faites contre lui n'ont pas encore été portées à la chambre haute.
Mercredi 17, à Marîy, — Le roi tint le conseil d'Ëtat, dîna chez madame de Maintenon, jouaTaprès-dlnée avec les dames et ne sortit point de tout le jour à cause de la pluie. Le soir il y eut grande musique chez madame de Maintenon. — Le roi de Danemark et le roi de Prusse ont joint leurs troupes ; ils se sont vus, ont été longtemps en conférence, et sont convenus d'attaquer incessamment les retranchements que le roi de Suède a fait faire devant Stralsund. Ils ont près de cinquante raille hommes, en comptant les troupes saxonnesqui leur sont venues. Le roi de Suède n'a que dix-sept mille hommes, mais ses retranchements sont si bons qu'il croit ne pouvoir y être forcé, mais on craint qu'il ne soit obligé d'abandonner llsedom, qu'il auroit bien Voulu pouvoir détendre aussi , et qu'il a pris depuis peu. L'armée navale de Dane-
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mark est en luer pour empêcher les secours qui pourroient venir de Suède.
Jeudi 18, à Marly. — Le roi se promena le matin, joua l'après-dlnée avec les dames chez madame de Maintenon, et le soir il y eut petite musique chez elle. Le matin à la messe le roi donna la barrette au cardinal de Bissy. C'est à la fin de la messe que cette cérémonie se fait; il n'y en avoit point encore eu de faite à Marly. Le camérier du pape, qui Ta apportée au cardinal de Bissy, étoit chez lui à Paris à rabl)aye de Saint-Germain, où le carrosse du roi alla le prendre pour l'amener ici, et M. Desgranges, maître des cérémonies, attendoit M. le cardinal de Bissy à la porte de la chapelle pour l'avertir quand la messe finiroit. Après la barrette reçue, que le camérier avoit .présentée dans un bassin de vermeil, le cardinal entra dans la sacristie, où il prit l'habit rouge, alla remercier le roi dans son cabinet, et le camérier lit aussi un grand compliment au roi.
Vendredi idj à Marly, — Le roi se promena le matin; le P. leTellier, avec qui il travaille les vendredis, ne vient à Marly que tous les quinze jours. Le roi courut le cerf après son diner, et le soir il y eut comédie ehez madame de Maintenon. — M. de Luxembourg gagna son procès contre M. du Mascey, qui lui disputoit les biens de la maison de Luxembourg. — M. le marquis de Traisnel, sous-lieutenant des gendarmes, vend sa charge, qui est taxée à 200,000 francs ; M. le comte de Vertus, premier enseigne de cette compagnie , ne s' étant pas trouvé en état de Tacheter, M. de Valbelle, second enseigne, en a eu l'agrément; il donne 50,000 livres en argent comptant et son enseigne pour 50,000 écus, à quoi elles sont taxées, et comme M. de Traisnel ne vend que pour paye?* ses dettes, et qu'il pourroit mourir avant que cette enseigne fût vendue, le roi a eu la bonté de lui accorder un brevet de retenue de 100,000 francs jusqu'à ce qu'il ait trouvé un marchand agréable au roi.
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Samedi'm, à Marly. — Le roi se promena le matin, allatirei'raprès-dlnéej et travailla le soiravecM. iechancelier chez madame de Mainbeilon. — Le régiment du roi est artivé tout entier. Les quatre balailloils sont venus à quatre jours différents. Le roi les a laissés reposer et prendre leurs habillements neuls avant ijub d'en faire la revue. Il vouloit les voir aujourd'hui; mais la pluie l'en a empêché, parce qu'il y a beaucoup de houe dans leur camp ; il a remis sa revue à lundi . — Madame la princesse des Ursins a reçu l'argent qu'elle avoit demandé pour son voya^. Elle se prépare A partir ; mais elle n'ira pas à Kome d'abord. Elle fera un assez looj,-^ séjour à Avignon, en attendant que la saison soit bonne pour entrer dans Kome, Beaucoup de gens même croient qu'elle demeurera à Avignon, et n'ira point du tout à Rome, où elle cmbarrasseroit le pape.
Dimanche 21, à Marly. — Le roi tint le conseil d'État, dîna chez madame de Haintenon, donna audience chez lui à M, l'archevêque de NarbonuBj président de rassemblée du clergé, qui étoit venu de Paris. Apv^ cette audience le roi travailla avec M. Pelletier, et le soir il y eut grande musique chez madame de Maintenon. — Le cardinal de Sala, qui avoit été évèque de Barcelone et qui avoit été fait cardinal à la nomination de l'empereur, et qui depuis que le roi d'Espagne eut repris Barcelone avoit demeuré à..\vignon, est mort en allant prendre son chapeau à Rome. Il vaque présentement sept chapeaux dans le sacré collège , sans compter les trois que le pape s'est réservés m petto.
Lundi 22, à Marly. — Le roi, après la messe, travailla avec M. Desmaretz jusqu'à midi , et alla après Bon dlnetl'aire la revue de son régiment. Madame la duchesse de Berry y étoit à, cheval avec beaucoup de dames , et il y avoit beaucoup de calèches pour les dames qui ue montent point à cheval. Le i^oi trouva son régiment
eacore plus beau qu'on ne lui avoit dit ; il le verra encoiv mercredi et sam^. — - On apprend par les lettres de Londres que le comte d'Oxford, qui avoit été accusé de haute trahison et de haute malversation par la chambre basse, a été jugé par la chambre haute et condamné. On le vouloit envoyer à la Tour; mais comme il est malade, quoiqu'en cet étalrlà il eût comparu à la chambre haute, on a changé la prison de la Tour et on le retient prisonnier dans sa propre maison, à la garde d'un huissier à la verge noire. Ce milord a parlé dans la chambre avec une fermeté et une éloquence étonnantes, d'autant plus qu'il étoit dans la grande douleur d'une colique néphrétique dont il se meurt.
Mardi 23, à Marly. — Le roi tint le conseil de finances, travailla ensuite avec M. Desmaretz, courut le cerf Vaprès-dlnée, et travailla le soir avec M. le chancelier chez madame de Main tenon. — On apprend encore par les lettres qu'on reçut hier d'Angleterre que le duc de Shrewsbury avoit rendu sa charge de chambellan^ que la duchesse sa femme avoit remis sa place de dame de la princesse de Galles, et que son neveu, qui étoit grand veneur, avoit remis sa charge aussi. On croit que ce duc avec toute sa famille ne songe qu'à se retirer en France ou en Italie. — Madame de Sainte-Hermine, veuve du frère aine de madame de Mailly, est morte à Paris.
Mercredi 24, à Marly. — Le roi tint le conseil d'État, dina chez madame de Maintenon, et l'après-dinée il alla faire la revue de son régiment^ qu'il vit en détail compagnie par compagnie. Il ne voulut point qu'il y eût de dames à cette revue. 11 fut fort content du régiment et donna 100 pistoles par bataillon aux soldats pour boire et 30 pistoles pour tous les tambours du régiment. Le roi, avant que d'aller faire la revue de son régiment, avoit encore tenu le conseil d'État jusqu'à cinq heures, parce qu'il n'avoit pas pu iinir le matin toutes les affaires qu'il